Milliardaire et Rien pour Soi – maamar du Rabbi Roch ha Chana – 19 Septembre 2011

Télécharger Vidéo Télécharger Audio Il faut semer dans les larmes pour récolter dans la joie, nous dit David !
C’est un fait connu et reconnu mais ce n’est pourtant pas spécifiquement juif !
C’est en substance ce qui a semblé ressortir du cours d’hier.
Nous savons qu’il y a plus et nous allons, avec l’aide de D., le découvrir.
Revenons au début des propos du rabbi :
Le maamar avait commencé par le verset : ‘En ce jour, retentira le grand Chofar et reviendront ceux qui étaient perdus dans le pays d’Achour et ceux qui étaient repoussés dans le Pays de ‘Mitsraim’, ils se prosterneront devant D., devant la montagne sainte, à Jérusalem.’
A chaque fois qu’il est marqué en ce temps, nous parlons de la délivrance finale. Or, nous sommes frappés par le fait que le verset se limite aux exilés d’’Achour’ et de ‘Mitsraim’, nous savons pourtant que les juifs ont été exilés aux 4 coins du monde ?
En réalité, l’exil est appelé de 2 noms, soit d’Achour soit de ‘Mitsraim’, ce sont 2 types d’exils, 2 identités de ‘Galout’ !
Ces 2 noms font allusion au sens même de l’exil. Achour signifie bonheur, réussite alors que ‘Mitsraim’ fait allusion à la détresse et à la souffrance.
Les juifs en exil se trouvent soit à la tête des plus grandes réussites soit en totale oppression.
Quand, dans un verset, il y a une énumération, celui qui est cité en premier est toujours le plus important, nous disent nos sages. Autrement dit, réussir en exil est toujours plus dangereux que souffrir (et même les mots du verset assimilent les gens d’Achour à des gens perdus et les gens de ‘Mitsraim’ sont repoussés, ils savent donc ou ils sont).
Le choffar vient des 2 cornes du bélier, la gauche (modèle de la sortie d’Egypte qui a abouti à Anokhi H. Elokékha Acher Hotstikha méérets Mitsraim, le don de la Torah, D. se présente à nous comme étant celui qui nous sort de l’oppression (Pourim, Hannouka,…Choa)) pour toutes les délivrances et la droite (choffar gadol qui va ramener ceux qui sont perdus dans une trop grande réussite) pour la délivrance finale et définitive.
Question : on se serait attendu à ce que toutes les délivrances de l’histoire soit de type Mitsraim et que la dernière soit de type Achour. Comment comprendre la fin du verset qui fait référence encore à Mitsraim (Véhanidahim Béérets Mtsraim)?
La Torah est trop précise pour laisser s’introduire cette notion sans y introduire un message obligatoire !
Tous les maitres expliquent que la délivrance finale se fera suivant le modèle de la sortie d’Egypte. Pourtant, ce Maamar semble le contredire. Ca renforce la question.
Fondamentalement, la majorité de la sortie d’Egypte s’est faite suivant la corne gauche mais il y a aussi une allusion à la corne droite car le libérateur appartient à la corne droite (il est un prince Égyptien, il se laisse même nommer comme cela, il a grandi comme un juif qui aurait pu s’assimiler). Moshé va se réveiller quand il va voir un juif se faire frapper (Léavdil mais référence à Hertzl et Dreyfus) !
La référence à cette étroitesse se trouve dans des versets qui nous parlent du flux extraordinaire qui se déverse sur nous si nous le méritons.
Préparez vous, nous allons décoller un petit peu.
Au début de la création, nos maitres nous expliquent qu’il y a eu la Chvirat Hakélim (Tossefot a expliqué que le Kéli pour recevoir la hakhamim est un cœur brisé).
Le Ari Hakadoch révèle que la brisure n’est pas dans le réceptacle mais c’est une séparation entre le contenant(Ohr) et le contenu (Kéli). A l’origine, tout est Un, il y a eu brisure, la lumière est restée en haut et le réceptacle est tombé en bas !
La brisure a eu lieu dans le Kéli Hessed, ensuite les 6 autres ont suivi !
La séparation entre le Ohr et le Kéli s’est faite à l’endroit du Hessed (bonheur, réussite, santé,…). Tossefot fait justement allusion à Libam Nichbar (et non Lev nichbar comme dit David) 72(libam) valeur numérique de hessed, la brisure de la sfira de hessed. Splendide !
Le Ari dévoile encore : au début de la création, quand le Ohr et le Kéli étaient créés, ils étaient dos à dos (comme Adam et Hava, nous sommes dans l’image bien sur) et plus tard, il y a eu retournement du face à face.
C’est durant la période du dos à dos qu’à eu lieu la brisure !
Le rav explique qu’il va dévoiler à notre niveau mais en réalité, les véritables explications dépassent l’entendement et sont bien au dessus de l’intelligence humaine.
Naama DéKéssoufa : Principe du pain de la honte ; le receveur tournait le dos à sa lumière, il ne connaissait pas sa source. D. avait créé un monde ou on recevait sans savoir de qui on recevait.
Tout cela pour éviter la honte de la prise en charge !
Comment puis-je recevoir de D ? Il est l’infini et je ne suis rien ! Quelle honte !
Le Maitre du monde, conscient que son bien va nous tuer, créé le monde collés dos à dos, on sait que D. est derrière sans savoir à 100%.
A force d’être dos à dos, on a fini par oublier la source !
A force d’être dos à dos, on a fini par oublier qu’il y a un donneur et un receveur !
D. avait bien sur prévu ce processus, est ce besoin de le préciser !
Sa nature était de recevoir de cette lumière. Mais un jour, ce bonheur qu’on s’est construit finit par nous lasser voire nous étouffer ! L’homme veut retrouver alors sa nature !
Tous les bonheurs terrestres qui ne tiennent compte que du bonheur terrestre sont une oppression terrible pour l’âme.
Par rapport à son essence véritable, donner à un juif la réussite pour la réussite avec une vie consacrée à cela est une oppression suprême, c’est l’infini que tu enfermes dans l’étroitesse de l’illusion éphémère.
Quand le corps est oppressé, la corne de gauche suffit.
Quand l’âme est oppressée, il faut la corne de droite !
La nouveauté du grand choffar est de faire sentir à ceux qui ont extrèmement bien réussi qu’ils sont dans la même situation qu’un juif qui vivrait dans l’oppression et pire encore !
Personne n’y est arrivé ! Tous les libérateurs d’Israël n’ont pu libérer que des libérateurs physiques et non spirituels !
L’étroitesse du simple choffar est celle que l’on connaît (oppression du peuple qui a conduit à sa libération et sa réussite).
L’étroitesse du grand choffar parle de ceux qui sont dans une oppression de l’âme et c’est un tout autre choffar !
L’oppression créée par le bonheur exclusivement matériel est la pire oppression !
Le Judaïsme ne condamne pas la réussite matérielle mais invite l’homme à ne pas considérer la réussite pour elle-même. Elle est noble voire indispensable si elle permet à l’homme de se construire ! Les 2 sont vrais, il y a une nuance et elle est de taille ! Tout est clair ! Il faut savoir trier c’est tout le travail de l’homme !
Savoir recevoir sans perdre la tête !
Être un multi milliardaire sans rien avoir pour soi, voila l’homme de la délivrance !

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