Réveiller au plus profond de notre Cœur une Raison qui a Raison -Maamar du Rabbi- Roch ha Chana- 4 Septembre 2011

Télécharger Vidéo Télécharger Audio Les maitres de la Talmud dévoilent le corps de la Torah alors que les maitres de la Torah cachée révèlent l’âme de la Torah. Dans son Maamar, le rabbi explique que l’intériorité du cœur est au dessus du cerveau et que le choffar réveille l’intériorité du cœur.
Tiens, depuis quand le cœur serait au dessus du cerveau ? De plus, le cœur aurait il une intériorité et une extériorité ?
Une fois de plus, nous découvrons qu’un Maamar du rabbi est avant tout un concentré de sagesse et de révélation. Nous vous assurons que cette introduction n’est en rien partisane.
Découvrez comment le rav Dynovisz va lire quelques lignes à l’allure plutôt obscure et regardez le tisser à partir de quelques mots du rabbi un magnifique canevas haut en couleur et en sagesse.
Toutes les forces et structures d’en haut sont symétriques aux forces et structures d’en bas.
Chaque chose qui existe a une source, une graine ou une matrice. Il y a une force fondamentale qui engendre toutes les autres, c’est la 11ème force (l’unique qui est avant les 10), C’est la Sfira Kéter !
Ensuite, la 1ère Sfira est Hokhma qui est suivi par Bina et Daat, ce sont les attributs du cerveau.
Mais suivent 7 forces (sfirot) (hessed, guévoura, tiféreth, nétsah, hod, yéssod et malkhout) qui correspondent aux attributs du cœur !
Et le rabbi de dire que le choffar a la force de nous connecter au Keter !
Vous trouvez que c’est profond, Eh bien, vous avez raison…mais vous n’avez encore rien vu. Eh oui, le Choffar n’est pas qu’une corne de bélier que l’on sonne lors de nos fêtes solennelles. Il y a plus et le rabbi nous en livre un des secrets.
1er verset de la Torah : ‘Bérechit Bara Elokim ète HaChamayim Véète Haarets’
Le cerveau étant au dessus du cœur, il doit donc le diriger le canaliser ! Le travail de l’homme est d’imposer la raison au cœur et le Ciel (cerveau) précède la Terre (cœur) dans le verset!
Mais on ne peut pas seulement vivre de raison, l’homme a besoin de croire, d’être exalté, d’aimer et être aimé, il a besoin de ce moteur qu’est le cœur mais attention, d’un autre coté, le cœur livré à lui-même part dans le décor. Verset qui suit : Véaarets Hayta Tohou Vavohou’ ‘Et la terre n’était que dévastation et désolation’, les maitres du Zohar remarquent que le verset est au passé pour nous faire comprendre qu’avant cette Création, il y avait confusion car la terre (cœur) refusait de se soumettre au Ciel (cerveau). Que c’est joli, qu’est ce que c’est puissant ! Tant de message dans un même verset ! C’est ca la Torah, il n’y a jamais de fin et tout est cohérent, tout se rejoint ! Magnifique ! Le monde était en état de Tohou et Bohou car toutes les forces du cœur refusaient de se soumettre aux forces du cerveau ! Et les mondes se détruisaient. Dans notre monde, les forces du Tikoun ont été introduites permettant d’arriver à une réparation.
MAIS ici, le son du Choffar vient révéler une chose incroyable : Tout ce que nous venons de dire est uniquement au niveau de l’extériorité du cœur et non au niveau de l’intériorité.
Le monde a été créé sur le principe de l’extériorité et l’intériorité ! La hiérarchie cerveau cœur n’est valable qu’au niveau de l’extériorité et non au niveau du monde de l’intériorité !
Un grand maitre du Talmud qui a fait l’expérience d’une mort rapprochée est revenue très troublé de ce qu’il a vu. Il va raconter à son père qu’il a vu que ce qui est en bas est en haut et ce qui est en haut est en bas. Ce récit va être énormément commenté. Voici une merveilleuse explication liée à Chmouel.
Chmouel (un des plus grands maitres du Talmud) enseignait sur une estrade et ses élèves dont rav Yéhouda se tenaient autour de lui mais en contre bas. Chmouel était si grand que personne ne pouvait même lui donner le titre du rav qui l’aurait limité. Et pourtant, une des explications de ce récit serait que Chmouel était au pied de son élève Rabbi Yéhouda. Incroyable, comment est ce possible ? C’est la question que se pose Tossefot à propos de cette tradition des Guéonim. Avant de répondre, nous allons raconter encore une histoire à propos de Chmouel.
Un jour, alors que Chmouel donnait un de ses cours, va apparaitre avec fracas dans la salle une femme qui va se jeter au pied de Chmouel pour qu’il la sauve car elle était fortement endettée. C’était justement l’heure de l’ouverture du tribunal et un de ses élèves, mar oukva le présidait. Chmouel va lui faire de suite une lettre de recommandation (une sorte de passe droit pour qu’elle passe en priorité, tiens comme c’est bizarre, depuis quand ce genre de manœuvre est elle le lot de nos grands maitres ? Il faudrait approfondir mais ce n’est pas le sujet). Elle refuse, elle ne veut que lui. Chmouel lui explique qu’il ne peut pas étant en plein cours. Mais comme elle insiste encore, on la reconduit gentiment dehors. Il continue son cours et les élèves se dispersent sauf un…rav Yéhouda. Celui-ci va s’approcher avec révérence du grand maitre pour lui dire qu’il est écrit que celui qui se ferme à la détresse de l’autre…sa Torah est une abomination. Il fallait oser !!! Malgré cela, rav Yéhouda continuera à apprendre du grand maitre mais il lui a fallu du courage pour parler ainsi au grand Chmouel.
Les maitres diront que parce que rabbi Yéhouda a montré un instant qu’il avait une sensibilité à peine plus grande que son maitre, il a mérité d’être au dessus. L’intelligence n’est pas une fin en soi nous disent les maitres de la vérité.
Chmouel est allé suivant les lois de la raison et il a eu raison MAIS rabbi Yéhouda lui dit qu’il y a des choses qu’on ne peut expliquer, il y a des choses qui demandent une certaine sensibilité. Même un maitre authentique comme Chmouel qui placerait la raison au dessus de tout aurait un manque. Il faudrait évidemment passer encore quelques milliers d’heures sur ce passage mais il nous juste servi d’illustration…oui mais quelle illustration ! Tout cela est tellement subtil.
A titre informatif, nous sommes toujours dans le début du maamar du rabbi.
Autrement dit, tout celui qui étudierait un maamar de Hassidout sur une chaise longue avec une glace, tout celui qui n’approcherait pas ce genre de texte avec tout le sérieux nécessaire, toute la connaissance obligatoire, tout le respect…ne ferait que passer un bon moment mais n’aura évidement pas saisi la quintessence de ce soleil !
D. ne laissera jamais aux grands le monopole de la grandeur. Chaque humain a une mission qui ne peut passer que par lui et heureusement sinon les grands écraseraient complètement les plus petits !
Il y a effectivement une hiérarchie dans ce monde mais le monde est un véritable cercle qui fait qu’un point peut être soit en haut soit en bas. Les mêmes attributs n’ont pas la même hiérarchie suivant qu’on se place au niveau de l’intériorité ou au niveau de l’extériorité ! Seules les forces de l’extériorité doivent se soumettre au Cerveau ! Il y a néanmoins une force intérieure coté cœur qui doit passer avant le cerveau et elle réclame sa libération (Chkhinta Bégalouta)!
La corne est la pour réveiller au plus profond de notre cœur une raison qui a raison et qui passe bien au dessus du cerveau. Et c’est à niveau que va se jouer la destinée d’Israël ! L’épisode de la ‘Akéda’ va sceller définitivement cela car Avraham va trouver l’essence de la liaison authentique entre D. et Israël car quand il n’y a plus de raison de croire, quand tout se contredit, le juif reste juif ! Dans son extériorité, le cœur est dangereux mais pas dans son intériorité ! Le choffar connecte Israël à D. au delà de la raison ! On doit notre survie au son du Choffar ! Le Choffar est le salut du monde ! Et nous n´en sommes qu´au début, la suite demain si D. veut. Après des cours pareils, le Choffar devrait avoir encore plus d´intensité!!

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  • bluxor

    Bonjour
    Je souhaite revenir sur la proposition « Science sans conscience… » et dire, que je ne suis pas certain qu\’elle permette d\’entendre ce qu\’il y a de délicat et spécifique au coeur du coeur. D\’une part, il n\’est pas nécessaire de trop forcer l\’écoute pour entendre qu\’en « conscience » il y a science, d\’autre part l\’on ne saurait penser qu\’en sa place éminente, Shmouhel s\’y tienne assis de science sans conscience.
    Je propose donc de suivre une autre piste qui s\’indique en français par le mot « émotion ».
    Ce serait là le domaine risqué du coeur et du coeur du coeur.
    Est ce à dire que Shmouel de science et de conscience hautes, aurait cependant manqué d\’émotion ?
    Certainement pas. Shmouel est ému, Shoumel entend, Shmouel répond, et sa réponse est juste. Alors ?
    Au moment où la femme intervient, Shmouel est, en acte, à la tête d\’une institution et il répond de là. Sa réponse je l\’ai dit est juste, elle est même parfaite, impeccable, orientation vers une institution plus compétente et engagement de son nom propre comme gage là bas d\’ouverture.
    Or cela ne suffit pas. Il s\’agit d\’une mise en garde. Le Jour n\’est pas simplement le réglage impeccable de jeux institutionnels, y compris si ceux ci acceptent de s\’ouvrir à un dérangement et un mouvement induit par une émotion, ni même s\’ils laissent place à la possibilité d\’y faire jouer tout le poids d\’un nom propre. Au Jour, le coeur du coeur exige plus encore. Alors ?
    L\’élève, s\’adresse au Maître au moment ou le nombre est parti, sa parole est différée, retenue, son émotion n\’est pas impulsion, ni spontanéité immédiate.Le cadre institutionnel s\’ouvre à la dimension d\’une relation singulière d\’Un Elève face à Un Maître. L\’élève dit ce qu\’il dit en conséquence de quoi demain… tout sera comme avant. Et pourtant quelque chose à changé, plus loin que demain, mais pas après demain ; Ce Jour. Ce qui a changé nous est dit par le rêve et de là nous comprenons ce qui peut manquer à l\’institution malgré ses ouvertures à la science, la conscience et l\’émotion, les plus hautes.
    Dans le rêve, Shmouel est à la place de l\’élève, autrement dit il est descendu.
    De là peut être s\’indique ce qui a manqué en présence de la plaignante : une descente . Pas la hauteur, la descente. Or, sans descente pas de Thora, d\’où le dit de l\’élève. Dit, cependant dont il convient de bien entendre qu\’il est dit de Thora, autrement dit, de ce que l\’élève à reçu de son Maître ; sa source en limite le fond.La descente n\’est pas l\’abîme et elle n\’abime rien.
    Si sur le fond le dit de l\’élève parait condamner la Thora du Maître, il ne s\’y autorise qu\’en s\’appuyant sur elle et donc en fait il l\’accompli, de là que rien le lendemain ne semble avoir bougé et rien ne doit bouger.
    Qu\’il ne soit pas question simplement de conscience, je pense que l\’on peut aussi le tenir du rêve, auquel le rêveur accède précisément en perte de conscience et l\’on aurait trop vite fait si l\’on considérait qu\’il accède là bas à une prise de « conscience supérieure ». Là bas, il éprouve et au retour de cette épreuve, il est ému et troublé, profondément. Là bas est un autre nom de l\’épreuve. La parole du père qui vient apaiser le trouble et l\’émotion, ni dit pas que là bas il y aurait une vision plus juste, une preuve ; le plus auquel le fils accède et d\’avoir vu là bas et d\’être revenu ici, avoir la vision de là bas et d\’ici ; ce qui veut dire qu\’il voit désormais d\’ailleurs.
    Sur un plateau de la balance le Maître au dessus, sur l\’autre le Maître au dessous, la vision juste équilibre l\’un et l\’autre.
    Au coeur du coeur l\’émotion se fait compassion, pâtir avec et non seulement traiter, même si au mieux du traitement. Certes il est épineux de parler ici de passion, à moins que cela pour partie n\’éclaire ce que rapporte le Zohar en son ouverture, la Rose s\’y trouve.
    Enfin et pour clore, si au moment « science sans conscience… » il a été rendu hommage à la langue française, peut être faut il lui rendre aussi hommage en émotion, puisque l\’oreille y entend immédiatement « émét » à un son prés.
    Il y a de l\’émotion dans l\’air, c\’est un acquis aux champs des chants patriotiques.
    La corne vient du Bélier, le coeur de la Brebis.
    Corne, coeur, nu.

  • bluxor

    Bonjour
    Shimon je ne comprends pas du tout votre très elliptique message. Nous ne sommes pas vraiment sur un forum je serai donc le plus bref possible puis à mon tour n\’en dirai pas plus.
    Si vous voulez dire que ce qui arrive à Shmouel est une punition alors nous sommes absolument en désaccord. Je ne vois aucune raison de punir Shmouel en quoi que se soit, bien au contraire je considère que ce qui lui arrive est un cadeau, une réparation et que pour mériter un tel cadeau il fallait qu\’il soit, comme il est dit, d\’un niveau vraiment exceptionnel.
    Shmouel est un Maître tellement Maître que ce mot même ne saurait lui être attribué sans réduire sa dimension. Mais puisqu\’il fait preuve en l\’histoire qui nous est rapportée d\’une telle Maîtrise, qu\’est ce qui lui a manqué ? Quand à la forme je dis une descente, je le tiens de ce qui nous est dit, car je tiens que sa descente future est la réparation de ce qui n\’a pas eu lieu en présence de la plaignante.
    Mais sur le fond ce qu\’est ou aurait du être cette descente, je n\’en sais rien et je pense que nul autre que lui ou la plaignante ne le savent, pas même son élève et peut être pas Hashem lui même.
    Je rapproche cependant un texte qui me semble indiquer une piste.
    « La caresse du consolateur qui effleure dans la douleur ne promet pas la fin de la souffrance, n\’annonce pas de compensation, ne concerne pas, dans son contact, l\’après du temps économique : elle a trait à l\’instant même de la douleur qui alors n\’est plus condamné à lui même, qui entrainé « ailleurs » par le mouvement de la caresse, se libère de l\’étau du « soi même », se trouve de « l\’air frais », une dimension et un avenir » E.Levinas « de l\’Existance à l\’existant, p156 cité dans « Etre Juif » de Benny Levi p78. Belle page que cette page 78.
    Shmouel promet, Shmouel annonce… Mais sur le moment même,dans l\’instant, il ne parvient pas à arracher la plaignante à sa souffrance. S\’il l\’avait pu alors il aurait mérité le nom de consolateur, le nom de libérateur, le nom de…. Il y aurait manqué la « caresse » ou peut être aussi , est ce n\’est pas contradictoire, y est elle ; dans une très haute tension. De là, la profondeur du trouble du rêveur.
    C\’est de et à « Toi » que la plaignante demande une réponse ; d\’où que la question serait, pourquoi « Toi » ne lui semble pas répondre. Soit, où était « Toi » , où était « tu » et au présent, où « est/es » Tu ? Synthèse rapide ; seraient ici en question : un lieu, une présence, un consolateur.
    S\’il en est selon ce que je pense alors il ne saurait être question de punition.
    Je pourrais être plus explicite mais cela demanderait des pages sans que je sois de plus certain que l\’écrit se prête vraiment à l\’exercice, je crois la voie trop délicate pour être entièrement confiée à la rigidité de l\’écrit. Il est question de « chaises », d\’assises ce qui invite à la prudence ainsi que le nombre d\’élèves. Je pense qu\’il convient de suivre ces pistes (chaise, présence, consolation, nombre d\’élèves etc) ainsi que, comme il est dit autrement dans le cours de demain, celle de la retenue du aleph.