13 Septembre 2012 -Roch ha Chana- Au dela des mots il y a toujours l´espoir

Télécharger Vidéo Télécharger Audio Nos Maîtres disent que le travail spirituel de Rosh HaShana repose sur 3 notions : Mal’houiot (royauté), Zi’hronot (souvenir) et Shofarot (le son du shofar). Ainsi, la prière de Moussaf spécifique à cette fête comprend 3 parties : MAL\’HOUIOT, où on lit de nombreux versets de la Torah de Moshé et des prophètes proclamant Hachem Roi du monde. Puis ZI\’HRONOT, nom le plus important de Rosh Hashana, appelé yom yazicarone, le jour du souvenir : on reprend l’histoire depuis Adam et on dit : Hachem n’a rien oublié ; du début à la fin, tout a un sens et converge vers le but, la Délivrance du monde. Enfin, SHOFAROT, versets rappelant l’importance du son du shofar, lié à la Akedat Itz\’hak, au don de la Torah, et à la Délivrance où retentira le son du grand shofar, pour que nous puissions être délivrés.

Qu\’est-ce que cela signifie pour nous, dans notre vécu ? D\’abord, être Juif, c’est proclamer Hachem comme Roi, plus que comme créateur ou père, car un roi s’implique dans toute l’histoire de Son peuple. C’est pourquoi le 1er commandement est \ »Je suis Celui qui t’ai sorti d’Egypte\ », Celui qui S’implique dans la pourriture de ce monde pour en sortir les étincelles de bien, comme le dit David \ »Tu entres dans les poubelles du monde pour en sortir ceux qui Te servent.\ »

Par ailleurs, dire qu\’Hachem est ROI exclut toute relation individuelle avec Lui. Mon service divin doit impliquer tout un peuple et une terre. Il faut donc le Retour, car c’est seulement sur notre terre et dans notre nation, que la notion de Roi a un sens, et que l\’on peut vraiment fêter Rosh HaShana. Et, si je Le proclame Roi, avec un peuple et une nation, je dois me demander : qu’est-ce que j\’apporte à mon peuple et à ma nation ? Le reste est un judaïsme d’exil : moi, ma famille, mon travail et mes mitsvot.

Ensuite, ZI\’HRONOT, c\’est la prise de conscience du PROJET. Je dois me demander quel est le Projet qui me concerne et qui me relie à la nation d\’Israël. Et, au début de cette année, prendre sur moi quelque chose de très concret, au-delà de la vie standard de tout Juif : quelle pierre vais-je apporter à l\’édifice de ce monde ?

Enfin, SHOFAROT. Dès que retentit le son du shofar en Israël, les réservoirs énergétiques d’en-haut s’ouvrent et le flux commence à se déverser dans ce monde, en particulier pour nous qui vivons en Eretz.

Il est dit que le monde a été créé avec la Parole. Cela signifie que tout, dans ce monde, m\’adresse un message. Mais, à Rosh HaShana, nous produisons par le shofar un son sans paroles, un souffle qui est l\’intériorité du langage ; 100 sons, pendant toute la fête. Car, même s\’il prend conscience qu’il y a une Présence qui dirige tout, et que l\’histoire a une direction, l\’homme doit aussi savoir qu\’il y a énormément de trous noirs où l’on ne comprend plus, et il ne faut pas chercher à le faire. Comme l\’avait exprimé un rabbi à l\’un de ses \’hassidim, lorsqu\’ils se retrouvèrent après la Shoah : \ »pour celui qui a la emouna, il n’y a pas de question ; pour celui qui n’a pas la emouna, il n’y a pas de réponse\ ». La foi est au-dessus de la question, car elle est au niveau du shofar : il y a un message, je ne le comprends pas, mais je m’y accroche de toutes mes forces, car pour l’instant il ne peut passer par une bouche, et c’est pourquoi le son est sans parole. Hachem, parfois, Se tait, car Il sait qu’aucune oreille sur terre ne pourrait comprendre. Mais il envoie à notre âme le son du shofar qui signifie ce message venu d’en-haut : je ne peux vous expliquer, mais sachez que cela a un sens. Le son du shofar retentit au plus profond de l\’âme juive, et c’est ce qui nous permet de traverser sains et saufs tous les moments de l’existence.

Le son du shofar, coupé très rapidement, signifie qu\’il y a parfois tellement de difficultés que je n\’ai même pas le temps de me relever entre les coups. Mais cela se termine toujours par le long son, pour me souvenir que tout a un sens et se terminera bien (et, même, que tout est déjà bien !) même si je ne peux encore le comprendre.

A la fin de ce cours, les versets de la paracha Nitsavim, dans la 4ème montée, nous invitent à comprendre que l’existence n’a de sens que pour mériter de voir le Retour d’Israël sur sa Terre. Après des millénaires où cela semblait irréalisable pour nos pères, aujourd’hui des millions de Juifs lisent ces versets et disent : nous le vivons, et nous devons remercier Hachem d’avoir fait de nous ce que nous sommes !

Très bon Rosh HaShana à tous. Nous nous retrouverons l’année prochaine avec des forces nouvelles.
Amen ve\’hen yehi ratson.

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Category: Fêtes juives
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