Exil et Delivrance Premiere partie -9 Juillet 2013

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : Nos Maîtres disent que l\’exil d\’Edom est LE véritable exil d\’Israël, au point que les autres étaient seulement une préparation à celui-ci. C\’est aussi le plus important, puisque nous en sortirons pour entrer dans le dévoilement du Mashia\’h et dans notre Délivrance finale. Nous allons, aujourd\’hui, remonter dans l\’histoire pour en chercher les vraies causes.

D\’abord, sur la scène de l\’histoire, la raison immédiatement visible fut la haine gratuite, sin\’at \’hinam. A l\’époque du 2ème Temple, notre peuple était divisé en de nombreuses factions qui se faisaient la guerre. Il faut souligner que tout a commencé à l\’époque d\’Hérode, édomite faussement converti qui, pour asseoir son autorité, fit venir du royaume de Edom toute une population qu’il convertit et plaça au pouvoir en Israël. Ce fut l\’une des causes principales des querelles à l\’intérieur de notre peuple. Hérode voulait détruire Israël de l\’intérieur, et il y parvint.

Mais il existe différents niveaux d’autres causes, plus cachées et profondes. Nos Maitres font remonter cet exil, tout d\’abord, à la faute des Explorateurs, environ 2000 ans auparavant. On doit donc retrouver dans cette faute l’élément de la haine. Or, la parachat Devarim reprend ce récit, en ajoutant une information clé, par rapport à la parachat Chla\’h. Moshé dit au peuple : \ »vous vous êtes mis à comploter dans vos tentes et vous avez dit : c\’est parce qu\’Hachem nous hait qu\’Il nous a sortis d\’Egypte, pour nous donner entre les mains des Cananéens….\ » Mais comment ont-ils pu croire que D les haissait ? Rashi explique qu\’ils haissaient Hachem et n’ont fait que projeter leurs propres sentiments. Ce que l\’on reproche à l\’autre, c\’est ce que l\’on est soi-même.

Mais nos Maîtres remontent plus haut encore, dévoilant que la raison ayant amené la faute des Explorateurs est la vente de Yossef par ses frères. Quand Yossef retrouve Benyamin, il est dit qu\’il pleura sur SES COUS (alors que, pour les autres frères cela est dit au singulier). Dans la Torah, le cou symbolise le Temple, qui unit le bas et le haut, la tête et le corps ; Hachem à Son monde. Yossef avait vu les 2 Temples qui seraient détruits, sur le territoire de Benyamin. La destruction des Temples est liée à Yossef car la Torah dit que ses frères avaient vu qu\’il était aimé et \ »l\’ont haï\ ». C\’est à cause de leur haine qu\’ils l\’ont vendu. Quand Yossef retrouva ses frères, il vit que la faute n\’avait pas été entièrement réparée et que les Temples seraient détruits.

Nos Maîtres cherchent encore plus haut, car la vente de Yossef fait partie du processus qui a amené l\’exil d\’Egypte. Or, il avait été annoncé à Avram, avant même la naissance d\’Itz\’hak. Où trouve-t-on, ici, la notion de faute ? \ »Yodéa téda, sache\ »… yodéa est de la même étymologie que daat, ce qui évoque qu\’il y a un lien avec la faute de Adam et le ets hadaat, l\’arbre de la connaissance. Le na\’hash dit à \’Hava \ »D. sait (yodéa) que, si vous en mangez, vous serez comme Lui.\ » Le na\’hash a mis dans leur tête qu\’ils étaient haïs par D. Mais, explique Rashi, la raison en est que eux-mêmes haïssaient Hachem, et c\’est pourquoi ils se sont cru haïs.

Quand on remonte toutes les causes, on se rend compte que, le phénomène de la haine, il y a une alternance : relation horizontale, des hommes entre eux (sin\’at \’hinam), puis relation verticale entre les hommes et D. (les Explorateurs), puis à nouveau horizontale (Yossef et ses frères), et verticale (Adam et \’Hava vis-à-vis de D.) Cela nous montre que notre relation à autrui est lié à celle que nous avons avec Hachem : ce que je crois qu\’Il pense a forcément une influence sur ce que je projette sur les autres.

Le dernier exil est l\’avalanche d\’une boule de neige qui a commencé à se former autour du concept de la haine. Nous avons retrouvé, ici, toute l\’histoire du monde. Car le sentiment de haine est le sentiment fondamental autour duquel tourne toute l\’histoire de l\’humanité. D\’ailleurs, le mot lui-même nous révèle son sens : sin\’a a la même racine que shéni (un deuxième, un autre) et que shoné (différent) : nous haïssons ce qui n\’est pas nous, ce qui est différent. La Torah met en évidence le problème de la haine, car rien ne détruit davantage le monde que la haine et les fantasmes qui en découlent. L\’exemple de Kamtsa et Bar Kamtsa montre que ce qui détruit vraiment, ce n\’est pas le défaut, mais le fantasme qui en découle.

En réalité, dès que nous nous trouvons en présence de l\’autre (shéni), il y a déjà en nous la haine (sin\’a), parce qu\’il est différent de nous (shoné). Mais il faut aussi une base de ressemblance : on est sur un même terrain de compétence (sinon, s\’il était sur un autre terrain, il ne me dérangerait pas, il serait complètement extérieur à ma vie). Je ne peux haïr que celui qui, dans la ressemblance, est différent de moi.

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Category: Fêtes juives
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  • che

    Tout fantasme est une image mental fruit du passé (rancune) et du futur (appréhension, peur). Il ne peut donc pas exister de fantasmes, et donc l\’alimentation de la haine, lorsque l\’on demeure dans la présence, dans l\’observance. Le futur n\’est que l\’expression de notre potentiel déterminé par notre libre arbitre. Le passé nous permet d\’analyser nos actes par la \ »réparation\ » (et non pas la punition) de notre trajectoire individuelle. Le temps est donc un outil individuel , donc relatif, afin que chacun oeuvre pour la délivrance finale en dévoilant son potentiel.

  • masson

    Excusez-moi Rav, mais vous faites une erreur d\’orthographe lorsque vous conjuguez le verbe haïr. En effet, il se prononce différemment selon le sujet du verbe. Par exemple, on dit \ »il hait\ » et \ »nous haïssons\ ». Donc, dans certains cas, on prononce le \ »i\ » après le \ »a\ » et dans d\’autres cas, on prononce \ »è\ ». Merci Rav pour tous vos cours et pour tout le travail que vous faites. Qu\’Hachem vous bénisse , ainsi que tous vos proches !