Le ciel nous tombe sur la tete ! -Creation du monde- 26 Aout 2013

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : Chaque domaine de la pensée humaine a son langage. La Torah aussi, et les mots y ont une signification qui les dépassent largement. Par exemple, partout où il est parlé du ciel et de la terre, il est fait allusion à bien plus que cela. Pour nos Maîtres, \ »le ciel\ » fait allusion à la dimension cachée, au sein de l´existence, aux forces qui animent le monde, physiquement, mais plus encore spirituellement, et que nous ne pouvons percevoir. Quand il est parlé de \ »terre\ », cela évoque les forces, la dimension concrète et matérielle, que nous pouvons comprendre.

Dire que \ »D. a créé les cieux et la terre\ » signifie donc que le monde est créé sur le principe de deux dimensions, l´une visible s´appelant terre, et l´autre invisible, appelée ciel. Dans le 1er verset de la Torah, il est dit que \ »D créa le ciel et la terre\ » L´une des clés de lecture reçue de nos Maîtres est que ce qui est cité en 1er est le plus important : la dimension cachée, qui agit dans le monde et dans nos vies, serait donc la plus importante. Lorsque je guéris, c´est donc d´abord grâce à ma tsedaka et mitsvot, et seulement ensuite grâce aux médecins. Au contraire, dans le dernier verset qui résume tout le récit de la création, l´ordre est inversé : \ »et voilà ce que D. fit, le jour où Il créa la terre et le ciel\ » ; la perception que nous avons du monde serait donc primordiale !

Shammai et Hillel, deux géants de la Torah, d´où sont sortis les deux courants de la pensée juive jusqu´à aujourd´hui, eurent à ce sujet une discussion fondamentale. Shammai disant que le ciel est avant la terre, ce qui est le fondement de son école ; Hillel, s´appuyant sur le dernier verset, soutenait l´ordre et l´importance inverses. Bien sûr, si la Torah dit les deux, c´est qu´ils sont tous deux nécessaires et se complètent. Mais comment peut-elle dire deux choses aussi contradictoires ?

La thèse de Shammai, de la prédominance de la connexion à l´invisible, au Divin, nous semble plus spirituelle et donc plus toraïque. Hillel, quant à lui, semble cautionner notre faiblesse, en disant de ne donner du crédit qu´à la terre. Mais, en réalité, la Torah contient les deux parce qu´il y a une différence entre ce monde et le monde à venir, entre l´histoire et son devenir. Dans toutes les discussions entre eux, la hala´ha est comme Hillel, puisqu´elle concerne notre histoire mais, plus nous nous rapprochons de la Délivrance, et plus l´humanité s´élève vers la réalisation du Projet, et plus la loi deviendra comme Shammai.

Shammai voulut voir l´existence selon l´idéal du Projet réalisé. Il s´agit de vivre, au présent, selon le futur et l´avenir du monde. Certes, il est impossible de faire déjà passer le ciel avant, c´est pourquoi la Torah termine le récit de la création en citant la terre la première. Puis, il est dit immédiatement \ »et voici l´histoire de l´homme\ ». Notre histoire s´inscrit donc sous le signe de la soumission à la terre, plus qu´au ciel. Néanmoins, selon Shammai, nous aspirons à ce qui sera un jour : le ciel avant la terre. C´est le message de cette espérance.

Mais il faut bien comprendre que Hillel, qui nous semble plus conciliant et moins exigeant, est en fait beaucoup plus profond car vivre au niveau du monde ne signifie pas vivre soumis, mais se construire grâce aux épreuves, aux obstacles, et même par les fautes que nous avons commises. Nous savons que, selon nos Maîtres, le plus grand n´est pas celui qui n´a jamais fauté, mais celui qui est tombé, s´est relevé et a poursuivi sa route. Il faut beaucoup de force pour s´être vu comme un nul, mais continuer à y croire. C´est la grandeur suprême. Le Mashiah sort des nuls qui ne se sont jamais découragés, qui ne perdent pas confiance dans le géant que D. a mis en eux. Le monde ne supporte pas les idéalistes, et multiplie les obstacles devant eux, mais celui qui le veut, finira toujours par gagner, quelles que soient les épreuves.

La théorie de Hillel est donc un idéal encore plus grand, car il est plus difficile de vivre dans ce monde, d´avoir l´expérience des chutes, se relever et continuer malgré tout. D. a mis dans l´homme la force nécessaire, tellement puissante que rien ne pourra l´abattre. Les épreuves qui surviennent contre nous permettent en nous des dévoilements qui n´auraient pu exister, sans elles.

Cela est vrai aussi au niveau d´Israël. Nous étions comme les morts de la vision de Ye´hezkel, et D. nous a redonné des nerfs, de la chair… et Il nous a ramenés. Il fallait pour cela un miracle, comme une résurrection. C´est parce que nous avons vécu la mort, qu´a pu être dévoilé l´espoir extraordinaire dans l´accomplissement de la promesse divine.

Mais, si l´école de Hillel est plus spirituelle, comment dans le monde à venir la loi sera-t-elle comme Shammai ? Une discussion entre rabbi Akiva et son Maître Ish Gam Zou nous donne la réponse : le Maître disait toujours \ »tout est pour le bien\ ». Et, par la force de sa emouna, tout SE TRANSFORMAIT très rapidement en bien. Rabbi Akiva, lui, n´était pas à ce niveau et toutes choses, pour lui, ABOUTISSAIENT finalement à un bien. La différence entre Hillel et Shammai est la même. Hillel dit que l´on se trouve dans le mal pour que nous sortions vainqueurs de ce combat, et grandis spirituellement. La victoire finale peut même ressortir de nos chutes ! Mais Shamai parle du monde à venir, où l´homme atteindra le niveau d´Ish Gam Zou : dès qu´il y aura un mal, tout de suite, par la puissance de la emouna, il sera transformé en un bien.

Pour l´instant, il nous faut parfois tomber, pour ensuite nous nettoyer et être propres. Mais, ensuite, nous ne verrons même plus les épreuves et, dès que nous aurons un obstacle, nous le pulvériserons par la puissance de notre foi. Car les obstacles sont seulement dans notre tête et, en nous battant contre eux, nous leur donnant existence. Mais, dans le monde à venir, nous n´aurons plus besoin de nous battre contre le mal car, de lui-même, il disparaîtra.

(1748)

Category: Fêtes juives
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