Le grand mystere de la Techouva- 1 cours- 13 Aout 2013

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : Nous commençons un nouveau texte du Talmud, dans le Traité Yoma, dont le sujet essentiel est le problème de la faute, de sa réparation, et de la téshuva. Ce Traité parle de Kippour sous ses aspects hala\’hiques (des lois), et de ce qui se passait au Temple durant cette fête. Il aborde aussi l\’aspect plus ésotérique, profond, moral et spirituel qui se cache derrière la loi.

Nous lirons d\’abord la Mishna, qui parle essentiellement de la teshuva humaine, de la manière de revenir vers Hachem et de réparer les fautes, dépendant uniquement de l\’homme, et non d\’étapes liées au Temple. Les deux premiers mots nous rappellent, néanmoins qu\’à l\’époque du Temple, on y apportait des offrandes pour le pardon. Il est parlé aussi de fautes commises consciemment et volontairement, alors que, dans le Temple, on ne pouvait réparer que des fautes non volontaires. \ »Il y a deux types d\’OFFRANDES que l\’on apportait AU TEMPLE, \’hatat et asham, qui procuraient au fauteur la kapara, la réparation.

\ »Il y a d\’autres choses qui apportent la kapara : LA MORT (quand un homme meurt, la mort agit sur lui comme une sorte de réparation) et YOM KIPPOUR. Mais la condition est que ces 3 processus de réparation (offrandes dans le Temple, mort ou Kippour) soient ACCOMPAGNES DE LA TESHUVA\ ».

Ce texte suscite de nombreuses questions : d\’abord, si nous revenons vers D. et faisons tout ce qu\’il faut pour être pardonnés, pourquoi cette téshuva ne suffit-elle pas et faut-il autre chose ? A quoi sert Yom Kippour ? En outre, pourquoi la mort, s\’il y a la téshuva, apporte-t-elle la kapara ? En quoi une mort naturelle, en particulier, répare-t-elle ? Et pourquoi évoquer les offrandes, alors que l\’on parle de chaque Juif, dans chaque génération ? Enfin, le texte dit que CE QUI PROCURE LA KAPARA, la réparation, ce n\’est pas la téshuva comme nous l\’aurions pensé, mais CE SONT L\’OFFRANDE, LA MORT OU YOM KIPPOUR, s\’il y a aussi LA TESHUVA.

Nous pouvons illustrer cela par un exemple : si nous devons rencontrer un roi et exposer notre requête, la chose essentielle qui permettra une réponse favorable, ce sont bien sûr les arguments et la façon de prouver notre cas. Mais nous devons aussi être habillés de façon présentable pour que le roi accepte de nous recevoir ! L\’essentiel est ce que nous allons dire mais, pour être reçus devant le roi, il faut aussi une tenue vestimentaire de circonstances.

De même, ici, CE QUI AMENE LA KAPARA, C\’EST LE JOUR DE KIPPOUR LUI-MEME. Mais, pour que Yom Kippour nous procure cette kapara, il faut être EN ETAT DE TESHUVA, c’est-à-dire avoir fait le travail intérieur nécessaire.

De même pour la mort : nous nous serions attendus à ce que, si un homme fait téshuva avant de mourir, cela lui donne la kapara. Mais le texte dit que C\’EST LA MORT EN TANT QUE TELLE QUI AMENE LA KAPARA, s\’il y a AUSSI LA TESHUVA. Pourtant, la mort et le jour de Kippour ne dépendent pas de nous, ni de nos mérites !

\ »La téshuva permet la kapara sur des fautes KALOT, légères : par exemple, quelqu\’un s\’est retenu de faire une mitsva positive (l\’une des 248 mitsvot positives : tsitsit, tefilin, nerot…) ou a transgressé une mitsva lo taassé, interdiction de faire (voler, tuer, manger du porc…)\ » On les appelle \ »Kalot\ » car, dans toutes ces fautes, la punition n\’est jamais la peine de mort, ni terrestre, ni céleste. LA TESHUVA REPARE CES FAUTES.

\ »Mais, en cas de faute GRAVE (faute passible de mort terrestre ou céleste : transgression du Shabbat, frapper ses parents, débauche, idolâtrie…) la téshuva \ »tolé\ », suspend, jusqu\’à ce que vienne Yom Kippour.\ » La téshuva ne suffit pas à la kapara immédiate ; IL FAUT AUSSI KIPPOUR, pour que la personne reçoive la réparation.

Ce texte met en évidence qu\’il se passe à Kippour quelque chose qui ne dépend pas de nous : il y a, dans ce jour, une force, une capacité réparatrice qui n\’a rien à voir avec nous. Certes, nous avons fait le maximum par nous-mêmes mais il nous est aussi donné, ce jour-là, quelque chose qui ne peut être accompli qu\’à Kippour.

On voit ici l\’une des merveilles du Judaïsme : l\’association entre Hachem et l\’homme. Car il y a des circonstances où l\’homme, aussi sincère soit-il, ne peut réparer seul le mal qu\’il a fait, car il est trop grand. On comprend que, si nous frappons quelqu\’un et le rendons infirme, notre demande de pardon, même la plus sincère, et le pardon authentique accordé par le blessé, n\’ôteront pas son infirmité. Il en est de même dans le domaine moral et spirituel : même si nous ne pouvons voir les conséquences spirituelles de nos fautes, les séquelles demeurent.

Il faut une intervention qui nous dépasse, pour achever le travail de réparation que nous avons commencé. Au niveau de l\’infirmité causée, c\’est même cette intervention qui va accomplir tout le travail de réparation : ce sont l\’offrande, la mort et Kippour qui accomplissent ce travail. Le jour de Kippour déverse des énergies qui agissent indépendamment de nos capacités ou de notre volonté. Il en est de même pour le jour de la mort où se dévoilent, pour le mort, des lumières et énergies extraordinaires qui se déversent chaque année pour lui, lui permettant de monter encore plus haut. C\’est pourquoi nous marquons la hazkara de nos morts, et fêtons la hiloula des tsadikim, car des lumières inimaginables sont dévoilées, chaque année davantage, dans ce monde malade qui a besoin de dévoilements de plus en plus grands.

Nous voyons donc que le Maître du monde parachève la kapara que nous ne pouvons accomplir nous-mêmes. Ce texte nous révèle que D. s\’associe à l\’homme pour la réparation de la faute qui a été faite contre Lui-même, car Il sait que l\’homme ne pourrait l\’accomplir, tout seul. Et il est dit que c\’est Kippour qui réalise la kapara car, ce jour-là, c\’est D. qui apporte la plus grande part. C\’est pourquoi, comme le dit un proverbe \’hassidique, ce qui est grave n\’est pas tant la faute, que de ne pas accepter la réparation apportée par Hachem.

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