Une pensee nouvelle pour un monde nouveau – 10 Sept 2013

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : Notre conception de Kippour se limite souvent à la téshuva du corps, certes indispensable, mais qui n’en est qu’un aspect très restreint, qui n\’est que le commencement. La téshuva va beaucoup plus loin : c\’est la téshuva de l\’âme, des midot, qui permet de ressentir à l\’intérieur de soi la joie, le courage, la confiance… Nous mettons l\’accent sur faire et ne pas faire, qui est certes l’un des piliers soutenant tout l\’édifice, mais il y en a aussi d\’autres. Nous vivons avec de nombreux problèmes intérieurs parce que, au-delà de notre pratique, souvent, à l\’intérieur de nous-mêmes, nous ne sommes pas du tout construits. Tout en accomplissant les mitsvot, nous pouvons rester très craintifs, ou pessimistes… car nous avons arrêté notre téshuva à ce qui n\’en était que le commencement. Nous avons oublié l\’essentiel. C\’est ce que le Rav Kook nous dit, dans l\’une des œuvres magistrales du Judaïsme de ces dernières générations, \ »Les Lumières de la Téshuva\ ». Il y dévoile une conception unique, dans un esprit tout à fait nouveau, qui dépasse de loin toutes les normes connues.

\ »L\’un des critères fondamentaux, pour savoir si l\’on est vraiment en état de téshuva, est si l\’on s’est élevé, par rapport à toutes les bassesses et les petites choses de ce monde, qui n\’ont pas d\’importance. Mais, en même temps, il ne faut pas être indifférent à ce qui se passe dans le monde.\ » Il résume ici pratiquement tout le Judaïsme. Beaucoup de choses nous tirent constamment vers le bas. La téshuva, c\’est savoir prendre en permanence de la hauteur ; ETRE DANS CE MONDE, TOUT EN ETANT AU-DESSUS DE CE MONDE, voilà la phrase-clé qui est la définition même de la téshuva.

Il n’est plus question, ici, de faire ou ne pas faire, mais de la téshuva éternelle qui accompagne toute notre vie. Téshuva signifie \ »retour vers D.\ » Seul celui qui est connecté en permanence à Hachem, peut rester au-dessus, car toute l\’existence n\’est qu\’un appel vers le bas. C\’est pourquoi l\’homme est appelé \ »adam\ », de \ »adama\ », la terre ; car il est constamment attiré par la pesanteur, la force de la gravité : tout devient si grave qu\’il sombre. \ »IL FAUT ETRE IMPLIQUE, SANS ETRE TOUCHE\ » ; c\’est la définition de la téshuva, et c\’est le travail de toute une vie. Ce style de téshuva s\’adresse même aux justes authentiques. En réalité, ils sont même les seuls Baalei téshuva, \ »maîtres de la téshuva\ », car eux seuls parviennent à rester connectés à Hachem, au-dessus des problèmes, et pleinement impliqués dans le monde.

Pour y arriver, \ »la seule possibilité est d\’élever les problèmes avec nous.\ » Il faut descendre dans la difficulté et monter avec elle ; non pas être au-dessus d\’elle, mais ELLE ET MOI sommes désormais au-dessus de la perception standard qu\’en aurait tout homme. Pour cela, je dois déjà reconnaître que je n\’ai pas la bra\’ha, pas de solution. On soulignera que le problème réside, non dans l\’épreuve ou la difficulté qui m\’arrive, mais dans la façon dont je réagis. Par exemple, un juste qui n\’a pas de quoi manger ne le voit pas comme un manque, ni comme une malédiction ! C\’est la façon négative dont je ressens le problème qui est un manque de braha, et me ronge.

Pour élever la difficulté, il faut remonter à sa racine ; trouver la raison pour laquelle elle survient dans ma vie. Je dois me demander : qu\’est-ce qui apporte la bra\’ha ? Ainsi, je déplace le problème ; je ne vois plus mon manque matériel, mais mon manque spirituel : j\’ai fait un travail de EMOUNA ; j\’accepte (ce qui est le plus difficile) que mon problème matériel est seulement l\’extérieur d\’un problème spirituel. Je cherche où est mon problème, en haut. Je connecte ce qui m\’arrive en-bas à un manque en-haut ; puis je fais un travail de REFLEXION : quelles sont les sources de bénédiction, dans la Torah ? Le respect du Shabbat, la tsédaka et l\’étude de la Torah. Si j\’ai un manque dans l\’un de ces 3 domaines, j\’ai déjà trouvé une cause, et quelque chose que je peux réparer.

Pour ce qui est du SHABBAT il ne s\’agit pas seulement de \ »faire shabbat\ », mais \ »d’être dans Shabbat\ », ce qui nous fait ressentir un bonheur, une joie intérieure. Quant à l\’ETUDE DE LA TORAH, peut-être que je ne fais pas assez, et que mon âme a besoin de plus ? Enfin, pour ce qui est de la TSEDAKA, on notera qu\’en s\’occupant du problème, non plus pour soi-même, mais en aidant les autres, on construit la connexion la plus courte pour arriver à Hachem, et c\’est la meilleure façon de s\’en sortir.

Il y a donc deux étapes : LA EMOUNA, pour accepter que mon problème est lié à une défaillance spirituelle, et LA BINA, la réflexion, pour chercher ce que je dois corriger. Cela ne signifie pas que le problème extérieur disparaîtra automatiquement. Par contre, ce qui disparaît, c\’est la façon négative et destructrice dont je le vivais. Quand je comprends le pourquoi de mes manques, cela devient une réparation intérieure. C\’est \ »prendre le problème tel qu\’il est en bas, le hisser et le faire monter dans les hauteurs de la vie.\ »

Le Rav Kook parle ensuite de la faute elle-même : \ »Sache que, même les forces qui t\’ont amené à fauter, tu peux les purifier et les élever. Car une faute est une force qui te pousse à pulvériser les limites. Sache que cette force elle-même, tu peux l\’utiliser comme une force vivante, active, prodigieuse, pour faire le bien et attirer sur toi la bénédiction.\ » On faute parce que l’on ne veut pas se limiter. Mais, en récupérant cette force dans le bien, on peut devenir quelqu’un d’extraordinaire. Un homme véritablement bien, c’est quelqu’un qui a la force de faire sauter toutes les limites.

Cette force est en nous, mais nous l\’utilisons en général dans le mal ; or, on ne peut l\’utiliser que dans un sens ; si nous l\’investissons dans le dépassement des limites du bien (faire au-delà du strict bien qui nous est demandé), nous ne l’utiliserons plus dans le mal, et nous pulvérisons toutes les limites, dans le bien ! C’est élever la faute, ou plutôt, la force qui nous avait amenés à la faute.

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Category: Fêtes juives
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  • marcy

    Orot hateshouva! oui c\’est à pleurer! comment s\’élever au-delà de la banalité et surtout de la médiocrité tout en restant connecter au monde! peut-être que la véritale téchouva est de résister à la facilité, avoir cette force intérieure qui permet de résister aux atteintes médiocres de ceux qui veulent vous tirer vers le bas et ne jamais renoncer à cette pulsion de vie qui nous pousse à aller vers le haut! Le combat est constant pour se maintenir au-dessus et en même temps dedans! Merci Rav pour toute cette magnifique sagesse! Que D-ieu fasse que cette téchouva devienne une réalité de chaque instant pour tout Israël!