17 Avril 2013 -Talmud Sanhedrin- Violer c´est tuer!

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : \ »Ce qui vient de se passer, c\’est comme une personne qui assassine une autre\ ». Il est question ici d\’une jeune mariée, qui n\’habite pas encore avec son mari. En effet, à l\’époque, le mariage se faisait en 2 temps : on laissait à la jeune femme une période (au maximum un an), pour se préparer, avant d\’aller habiter chez son mari.

Si elle se fait violer pendant cette période, le violeur est passible de mort, car il a été avec une femme mariée, et la Torah dit que c\’est comme s\’il avait tué quelqu\’un. \ »Que pouvons-nous apprendre, concrètement, du fait que la Torah compare le viol à un meurtre ? On a le principe que, si l\’on voit quelqu\’un courir après une femme qui lui est interdite (femme mariée, ou sa mère, sœur, fille, belle-fille….), pour la violer, on a l\’obligation d\’intervenir, et même de tuer pour empêcher de la violer. Le verset dit qu\’on le sauve, lui, en l\’empêchant de faire quelque chose qui serait plus grave pour lui que d\’être tué.

Et si ce n\’est pas une femme interdite ? On a l\’obligation de réagir, de se battre, mais on n\’a pas le droit de mettre sa vie en danger. Et, cette fois-ci, on n\’a pas le droit de tuer l\’agresseur. Pourquoi cette différence ? C\’est ce, si la femme est mariée ou lui est interdite, il encourt la peine de mort. La différence n\’est donc pas par rapport à la femme, mais par rapport à la condamnation encourue par celui qui veut la violer : puisque, dans le 1er cas, le violeur encourt la peine de mort, si c\’est moi qui le tue, j\’agis au nom du tribunal. Dans le 2nd cas, il n\’est pas passible de mort, je ne peux donc pas le tuer.

De la comparaison avec le meurtre, on apprend aussi, cette fois-ci du point de vue de la femme que, si le viol est par menace, elle doit se laisser tuer plutôt que de se débaucher, de la même manière qu\’on doit se laisser tuer plutôt que de tuer. Donc, à la fois du point de vue du violeur que de la femme, on comprend la comparaison entre meurtre et viol.

La Guemara demande : \ »Mais d\’où sait-on qu\’on n\’a pas le droit de tuer pour sauver sa vie ?\ » La réponse est que \ »c\’est évident\ ». \ »Quelqu\’un est venu un jour devant Raba, et lui raconté : le seigneur de la région m\’a dit : \ »va tuer quelqu\’un, ou je te tue.\ » \ »Raba lui répondit : va te faire tuer et ne tue pas. Qui te dit que ton sang est plus rouge que le sien ? Peut-être que c\’est le sang de l\’autre qui est plus rouge ?\ »

Mais pourquoi ne lui dit-il pas, d\’une façon affirmative : ta vie n\’est pas plus grande que la sienne. Pourquoi poser la question \ »qui te dit ?…\ » Ce texte, par sa question, nous montre que je ne peux savoir si mon sang est plus rouge ou non. La hala\’ha n\’obligera jamais personne à se sacrifier pour sauver les autres. On est toujours dans un dilma, dans la question : qui te dit que… ? La loi ne peut jamais nous obliger à choisir entre son sang et le nôtre.

Par exemple, si on nous demande de livrer des vieillards pour sauver des femmes et des enfants, on ne discute pas avec un tel pouvoir, car il emploie des moyens illégaux.

Aucune loi ne peut trancher sur le sang de l\’un ou de l\’autre, car personne n\’a un sang plus rouge que l\’autre. Mais, en terme de ratson, de volonté, un homme, au niveau de sa conscience, peut mourir pour sauver d\’autres : c\’est un acte de conscience qui n\’est pas géré par la loi.
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Pour tout ce que nous avons étudié (que, pour tous les commandements, on doit transgresser pour sauver sa vie, sauf pour 3, pour lesquels on se laisse tuer) rav Dimi dit : \ »tout ce qui vient d\’être dit, c\’est uniquement dans le cas où le pouvoir non-Juif n\’a pas fait de décret contre Israël (dans le cas ponctuel de personnes agressant des Juifs), mais s\’il y a une \ »gzérat Mal\’hout\ », un décret de l\’Etat, même pour une mitsva légère, on doit se laisser tuer. Car un décret qui vient de la Mal\’hout signifie que les nations refusent notre Mal\’hout, et c\’est pourquoi nous devons refuser leur décret, pour affirmer notre Mal\’hout, car elle est au-dessus de tout. De toute façon, à ce niveau, le principe que nous avions vu \ »vé \’hay bahem\ » ne signifie plus rien, car la nation d\’Israël ne disparaîtra pas. Elle est éternelle.

(1559)

Category: Guemara-Talmud
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  • IsaacLena

    Bonjour/Bonsoir Rav, vous dites (je synthétise) qu\’un juif ne doit jamais \ »mettre en danger\ » un autre juif (en le dénonçant à une armée ou milice par exemple nous le mettons en danger) ! Mais le Baal HaTanya en toute connaissance de cause, vu qu\’il savait que Napoléon allait venir et allez avoir besoin d\’interprète, a formé ses élèves et les a envoyé dans le QG de Napoléon… Donc il a envoyé ses propres élèves, il les a mis en danger de mort voir de tortures terribles avant de mourir pour protéger les juifs en Russie (en envoyant Napoléon sur des fausses pistes etc…) ! Alors que, comme le dit le Talmud, aucun sang n\’est plus rouge qu\’un autre malgré la grandeur du Baal HaTanya ! Et de la même manière, il a aussi mis en danger (là je ne sais pas si c\’était un de ses fils ou un de ses élèves) aller chercher quelque chose dans la maison qu\’il avait oublié, alors qu\’ils étaient en fuitent et que Napoléon était à ses trousses !