29 Avril 2013 -Talmud sanhedrin- L´action ou l´intention

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : Quand un juif doit-il être prêt à donner sa vie pour obéir à la Torah ? Nous avons vu que nous avons le devoir d\’enfreindre tous les commandements de la Torah pour sauver notre vie, sauf si c\’est en présence de 10 Juifs (car la Torah nous a été donnée pour vivre avec elle, et non pour mourir par elle), et sauf dans 3 cas : si nous devons tuer, ou nous débaucher, ou accomplir un acte d\’idolâtrie pour sauver notre vie, dans ces 3 cas, même en privé, nous devons nous laisser tuer. Dans le cas de la débauche, la Guemara demande : pourtant, la reine Esther vivait avec un non-Juif, ce qui est de la débauche, puisque c\’est une relation interdite. Et c\’était même en public, puisque tout le royaume le savait. Pourquoi ne s\’est-elle pas laissé tuer, ou ne s\’est-elle pas suicidée ?

\ »Abbayé répond : Esther est considérée comme une TERRE INERTE\ ». On comprend donc qu\’on doit se laisser tuer pour ne pas commettre ACTIVEMENT un acte interdit. Mais, si on subit, si on est passif, il n\’y a pas l\’obligation de se laisser tuer. Le Talmud dit ici que, dans le cas de débauche féminine, la femme étant considérée comme passive, on ne peut lui demander de se laisser tuer pour éviter la débauche, ni de se suicider.

De même, si on utilise le corps de quelqu\’un pour tuer quelqu\’un d\’autre, par exemple pour écraser un enfant, etc… on ne lui demande pas de se laisser tuer.

Certes, le héros, par sa conscience, peut toujours agir et sauver quelqu\’un au prix de sa vie. Mais cela n\’est pas demandé par la loi. Selon le Talmud, même pour les 3 fautes, lorsque je suis seulement passif, je ne suis pas obligé d\’agir et de me faire tuer.

Rava distingue le cas où l\’agresseur n\’est pas intéressé par le fait que nous sommes Juifs. Il veut nous faire commettre une faute et profaner la Torah, mais il cherche seulement son plaisir personnel. D\’ailleurs, Achashvérosh ne savait pas qu\’Esther était Juive et qu\’il la faisait fauter. Mais que s\’est-il passé, après qu\’il ait su qu\’elle était Juive ? Esther a continué à vivre avec lui, et a élevé leur fils Darius. En réalité, il agissait seulement pour son intérêt à lui, sans aucune connotation religieuse et humiliante pour le peuple juif. Dans un tel cas, le Talmud dit que l\’on doit transgresser l\’interdit de la loi. C\’est ainsi que, pendant la Shoah, dans les ghettos, des communautés entières travaillaient le Shabbat, et personne ne s\’est fait tuer, bien que cela ait été en public. Car le but des Allemands n\’était pas de les obliger à profaner Shabbat, mais de les faire mourir par ces travaux forcés. De même, si l\’on oblige un Juif à abattre un arbre le Shabbat, si c\’est pour nourrir des animaux, et non pour le faire profaner Shabbat.

Il faut donc distinguer, suivant l\’intention de celui qui agresse : si c\’est à cause de notre religion, pour nous faire enfreindre la Torah et humilier notre religion, il faut se laisser tuer ; mais non si c\’est pour l\’intérêt personnel des agresseurs. Il en est de même pour le viol : le violeur s\’intéresse seulement à son intérêt personnel.

Mais que se passe-t-il pour le meurtre : par exemple, les Allemands cherchent un résistant qui se cache parmi nous et exigent que nous le livrions, avec menace de tous nous tuer ? Il nous est interdit de le livrer, car ce que dit le Talmud concerne seulement le cas où c\’est notre vie qui est menacée, et non celle des autres. Je ne peux utiliser la loi pour faire du mal à un autre ou faire tuer un autre. La loi m\’autorise à sauver ma vie, mais pas sur le compte d\’un autre, car une vie n\’est pas plus importante qu\’une autre.

Pour résumer, Abbayé disait donc que cela dépend si je suis passif ou actif ; il considère LA FORME de l\’action. Rava disait que le critère est si l\’on sait que je suis Juif, et que l\’intention est de m\’obliger à profaner Shabbat ou enfreindre la Torah ; il regarde LE FOND, pourquoi l\’action est faite.

En réalité, les deux avis sont vrais. Parfois, la loi tranche du côté de la lettre, et parfois du côté de l\’esprit.

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Category: Guemara-Talmud
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