6 mai 2012 Talmud Kidouchim huitieme cours

Télécharger Vidéo Télécharger Audio Pour réfuter la thèse de Rabbi Yaakov, les Maîtres ont dit : peut-être le fils est-il tombé parce qu’il pensait à l’idolâtrie au moment où il faisait la mitsva ? Ce à quoi Rabbi Yaakov répondit : s’il y avait déjà une récompense en ce monde, la mitsva aurait dû le protéger d’une mauvaise pensée.

Mais cela contredit le principe du libre arbitre selon lequel ses pensées ne peuvent être bloquées, simplement parce qu’il fait une mitsva, car il est libre de ses pensées.

Rabbi Yaakov répond : le libre arbitre existe, mais il y a des situations où il est bloqué par d’autres forces qui rentrent en jeu. Le libre arbitre existe seulement au niveau des lois naturelles. Si celui qui fait une mitsva était connecté à des énergies hors de la nature (et recevait, ensuite, une récompense par des canaux hors naturel), ce principe ne s’appliquerait plus, car cet homme serait dans le monde d’Hachem, où tout est entre Ses mains. Comment une pensée d’idolâtrie pourrait entrer dans le cerveau d’un homme au moment où il est connecté au divin ? S’il a pu avoir cette pensée d’idolâtrie, cela prouve qu’il n’y a aucune connexion particulière au moment de la mitsva : l’homme reste dans ce monde, il est soumis aux lois naturelles, et il ne peut donc s’attendre à aucune récompense particulière.

Tous les Maîtres d’Israël se sont rangés à son avis. Pourtant, on ne peut nier qu’il y a des mérites donnant à des hommes des réussites extraordinaires, des guérisons miraculeuses et des phénomènes hors de la nature. De plus, il est dit que « la tsedaka sauve de la mort », et il y en a de nombreux exemples.

Rabbi Yaakov répond qu’il ne nie pas que ces phénomènes existent, mais ils se produisent, non automatiquement, mais parce qu’Hachem a décidé d’intervenir, pour telle ou telle mitsva, pour des raisons que Lui seul connaît. L’homme ne peut revendiquer avec certitude que, s’il fait le bien, on lui fera du bien. Ainsi, deux hommes peuvent faire la même mitsva, et l’un sera sauvé et l’autre non.

Une seule exception est donnée par les Maîtres : si l’homme accomplit à la perfection la mitsva de prélever le maasser (un dixième de ses revenus) pour les besoins de la communauté d’Israël, il est certain qu’Hachem l’aidera à réussir sur le plan matériel et qu’il sera heureux de ce qu’il fait.

Cela semble contredire la thése de Rabbi Yaakov mais, en réalité, cette certitude concerne seulement le domaine de la réussite matérielle, qui est un domaine secondaire. Rabbi Yaakov parlait du domaine de la construction de l’homme (morale et spirituelle, famille, enfants, santé…), et là il n’y a aucune certitude. Car c’est la véritable relation entre Dieu et l’homme, où il ne peut y avoir de mécanisme d’automatisme et de donnant donnant.

La Guemara revient à l’histoire du fils, avec une autre question : « et pourtant Rabbi Elazar nous a appris un principe fondamental : quand un homme est occupé à la réalisation d’une mitsva, il ne peut rien lui arriver de grave. » Il ne s’agit plus, ici, de la récompense pour les 3 mitsvot assurant une longue vie heureuse, mais de la protection dont parle Rabbi Eliezer, s’appliquant sur le déroulement de toutes les mitsvot.

Mais, alors, comment le fils a-t-il pu tomber et se tuer ? De plus, la vie de tous les jours contredit cette thèse.

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Category: Guemara-Talmud
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  • elior

    Bonjour Rav. En ce qui concerne la notion de libre arbitre, je bloque par rapport à la réponse de Rabbi Yaacov, et j’ai du mal à expliquer cela de façon positive afin d’aller dans son sens ; à moins de dire que la mitsva est toujours en cours car la néshama peut revenir en gilgoul et rétablir l’ordre et que par conséquent, la récompense ne viendra qu’à la toute fin. Mais avec la nouvelle question posée, je suis rassuré car il y a un pshat simple. La nouvelle question est : « Si quelqu’un est occupé à réaliser une mitsva, rien ne peut lui arriver ». Ainsi vous avez donné comme exemple le fait de donner une pièce d’argent à quelqu’un qui veut faire un voyage afin qu’il donne cette pièce d’argent à son arrivée ; ainsi comme le voyage est attaché à l’intention de faire la mitsva de don d’argent, alors le voyage est protégé car il correspond à la réalisation d’une mitsva. Cependant, on peut s’interroger sur cette pratique. Imaginons un homme qui se dit, je prends une pièce et je vais l’offrir à un pauvre et ainsi réaliser une mitsva ; cependant cet homme l’a garde très longtemps dans sa poche ; disons qu’il voudrait la garder assez longtemps que pour se dire que cette mitsva, c’est une mitsva à vie. Voici que l’homme associe sa vie à la mitsva ; ce qui donc lui assure une longue vie car la mitsva est en cours tant qu’il garde la pièce en poche. On voit donc bien ici que le fond de la question touche l’intention (la kavana) et touche aussi la rapidité d’action, car il y a bien un moment où on pourrait dire qu’il y a fausseté dans l’action de la mitsva. On voit cette notion dans la sortie d’Egypte, avec la Matsah ; il fallait se dépêcher de sortir d’Egypte. On voit cela aussi avec Rivka qui s’est pressée pour ôter la cruche de son épaule afin de servir Eliezer. Ainsi, quand on réalise une mitsva, il faut le faire rapidement. C’est pourquoi, je pense que la question qui est posée quand on dit : « Si quelqu’un est occupé à réaliser une mitsva, rien ne peut lui arriver » cela concerne quelqu’un qui fait la mitsva avec détermination-avec bon entrain-avec vivacité. C’est pourquoi, parmi ceux qui pose la question, certains veulent dire : « En fait, l’enfant ne voulait pas vraiment faire la mitsva, il n’a pas fait cela avec la bonne intention », et d’autres posent une question plus forte qui va dans le même sens : « En fait, l’enfant a eu peur de monter à l’échelle alors il y est allé tout doucement…assez doucement pour que cela ne ressemble pas à une mitsva ; il n’a pas eu la emouna, donc parce qu’il a eu peur c’est pour ça qu’il est tombé ». Ils disent cela car le mot échelle « SouLaM » (samekh+lamed+mem = 130) a la même valeur numérique que le mot « de peur que » « PheN » (pé+noun = 130). A cela répond Rabbi Yaacov : « Non ! L’enfant voulait réaliser la mitsva le plus rapidement possible et c’est parce qu’il s’est trop dépêché qu’il a glissé de l’échelle. Et pour cela, Hashem lui donnera une récompense dans le monde à venir ». Ainsi, la mitsva, il l’a bien réalisée. Maintenant, si on demande pourquoi alors il est tombé ; on peut répondre que cela c’est pour nous apprendre que lorsqu’on monte à une échelle, il faut le faire avec une grande attention comme quand on étudie la Torah, il ne faut pas vouloir aller trop vite.

  • rav Haim Dynovisz

    reponse a memmi marc: encore un peu de patiente surtout qu\’il ya dix nouveaux cours par semaine accessibles depuis pessah et j\’ai du mal a croire que vous puissiez suivre le rytme et etre a jour…a bientot…