La peine de mort aujourd´hui -Talmud- 10 Dec 2013

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : Nous traitons ici, sur le plan de la pensée de la loi, l\’un des grands principes fondateurs de la loi : à partir de quel moment, et dans quelles conditions, un assassin est-il considéré comme totalement responsable, et pourrait être théoriquement condamné à mort ?

\ »\’Hava disait : s\’il a attaché son ennemi et l\’a laissé mourir de faim, on ne peut le condamner à mort. Car au moment où se termine son acte, la mort, et même le danger, n\’ont pas encore commencé.\ » Mais, pour ce qui est des biens du prochain \ »si tu attaches sa bête et qu\’elle meurt de froid, tu es responsable.\ » En effet, pour les biens, on est moins exigeant, car la punition est de payer le dommage, et non une condamnation à mort ! De plus, quand on rembourse les dégâts, on répare, alors que, lorsque l\’on tue l\’assassin, on ne répare pas la mort de la victime.

Mais il est parlé ici d\’attacher la bête en hiver, en plein froid, ou en été, en pleine chaleur car \ »s\’il l\’attache au moment où elle n\’est pas encore en danger, il est patour, il n\’est pas responsable.\ » D\’ailleurs, il pourrait invoquer que ce n\’était pas son intention de causer un dommage, et qu\’il voulait revenir détacher la bête, mais a oublié… Il faut que l\’acte soit porteur d\’un dégât, au moment où il le fait.

\ »\’Hava ajoute : s\’il l\’attache devant un lion, il n\’est pas condamné à mort, mais s\’il l\’attache devant des insectes qui tuent (abeilles, par exemple), il est condamnable. Rashi dit : je ne suis pas d\’accord avec le dernier avis : même s\’il l\’attaque devant des insectes qui tuent, il ne sera pas condamnable, car les insectes qui le tuent n\’étaient pas forcément présents quand il l\’attache.\ »

Si quelqu\’un est devant un lion, qu\’on l\’attache ou non, de toute façon, il sera dévoré. De plus, les juges ne peuvent tenir compte de l\’intention de celui qui attache, car ils jugent seulement les actions et situations concrètes, et non les pensées. Le coupable ne peut être condamné, s\’il y a un doute quant à la certitude de la mort, sans son intervention. On va d\’après la normalité des choses : une personne poursuivie par un lion est tuée. Certes, il pourrait y avoir une chance de s\’en sortir, mais elle est trop exceptionnelle pour que l\’on puisse en tenir compte. Par contre, pour les insectes, les avis sont divergents : selon le 1er, la personne est condamnable à mort, car la victime s\’en serait sorti si on l\’avait laissée s\’enfuir. Mais, pour Rashi, il n\’est pas mort par les insectes qui étaient là au moment où il a attaché la victime. D\’autres essaims sont arrivés, attirés par les 1ers. On ne peut condamner à mort que celui qui place sa victime devant un danger présent au moment où il l\’attache. L\’intention, même accompagnée d\’un acte, ne suffit pas.

Nous parlons ici d\’actes dont la punition est la mort. Il est d\’autres cas où il faut distinguer l\’acte et la punition. Par exemple, si l\’on tue un fœtus, on est un assassin, mais il n\’y a pas de condamnation à mort. De même, si une personne est atteinte d\’une maladie incurable, et serait morte peu après, si l\’on précipite sa mort, on est un assassin, mais on ne peut être condamné à mort. La Talmud demande : mais toute personne pourrait être atteinte d\’une maladie que l\’on ignore encore ? Ce à quoi il répond : on va selon la majorité, or la majorité des hommes n\’est pas malade. De la même façon, pour le lion, on décide selon la majorité : dans la majorité des cas, le lion tue.

Rashi remarque \ »ne t\’étonne pas de ce que l\’on ait besoin d\’un verset explicite, pour condamner un assassin, car sa mort ne fait pas revivre celui qu\’il a tué.\ » Il évoque ici une question fondamentale : à quoi sert-il de tuer un coupable ? La Torah répond que l\’on tue par protection de la société, ou pour empêcher la récidive… Selon le Ari, la raison en est que l\’âme du mort n\’a de repos, et ne peut monter, que lorsque justice lui a été rendue et que l\’âme de son assassin a reçu la punition qu\’elle a méritée. Cette application concerne donc une société où l\’on a la emouna car, sinon, il s\’agit seulement de dissuasion. Or, la valeur dissuasive de la peine de mort n\’a pas été établie.

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Category: Guemara-Talmud
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  • SAM-LION

    Je profite sans doute que la thématique de la peine de mort soit la plus difficile à intégrer pour les juifs et les non-juifs pour se permettre d\’y porter des commentaires…afin de vous poser une question. Dans votre cours sur l\’autre site \ »Bne-Adam\ »\ » vous avez précisé la la pensée de Maïmonide concernant les interdictions pour les non-juifs d\’étudier la Torah sans l\’aide d\’un maître juif, cela on peut facilement le comprendre. En revanche vous n\’avez pas précisé concernant le shabbat qu\’il était oui permis d\’y être invité, ceci aprés l\’avoir trouvé sur internet. En revanche l\’interdiction reste plus ferme concernant le Séder d’après sans doute,Exode 12,43-49, cela aussi on peut le comprendre mais pourrait être nuancé par le moment semble t-il de la consommation de la Matsa. Résultat ces deux interdictions formelles se transforment en autorisation express avec une réserve cependant pour la seconde : la circoncision ! Dans ce cadre et avec la meilleure émouna possible un non juif, bneAdam ou Bne-Noah ne pourra se maintenir longtemps ainsi surtout s\’il avait quelque révérence pour le monothéisme. L’idolâtrie deviendrait trop risquée et on ne peut imaginer qu\’HM puisse prendre un tel risque dont il aurait une grande part de responsabilité. Ainsi on comprend mieux l\’histoire célébre d\’un juif assez connu qui vécu cette grande tentation, ce mauvais penchant : le Christ oint par les religions d\’une bonne partie de l\’humanité. La preuve logique est qu\’il était sans doute qu\’un prophète juif ou sectateur zélé, mais qu\’il ne pouvait en aucun cas devenir le Messie.

  • marommann

    Un cours excellent Rav, dommage que les interventions ne sont pas régulés car parfois le fil de sagesse de vos explications est brisé par une intervention un peu simplette.
    Je vous réserve le droit absolu de ne pas éditer ma remarque, qui n\’est destiné qu\’a vos yeux Kvod A Rav.