Le Talmud: Les plus hautes finesses de la psycologie humaine -17 Fev 2014

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : \ »Rav Papa dit : Si l\’on attache quelqu\’un dans le lit d\’un cours d\’eau à sec, alors qu\’il y a plus loin un barrage où l\’eau est contenue, et l\’on ouvre ensuite l\’écluse, L\’EAU TOMBE SUR LA VICTIME et la tue, c\’est comme si l\’on avait tiré sur elle avec une flèche (ou une balle). Celui qui a fait cela est condamnable à mort. Si je t\’explique cela, c\’est qu\’il faut bien préciser que c\’est seulement dans le cas où l\’eau est arrivée DIRECTEMENT sur la victime, BEKOA\’H RISHON ; mais si c\’est par KOA\’H SHENI, par 2ème force, c’est-à-dire que L\’EAU EST D\’ABORD TOMBEE SUR LE SOL, puis s\’est dirigée vers lui, c\’est considéré comme une CAUSE INDIRECTE, grama béalma, et l\’auteur est patour, il n\’est pas condamnable à mort.\ »

On voit ici le concept de cause indirecte dans le Talmud : certes, l\’auteur est bien LA SEULE CAUSE de la mort, et il n\’y en a pas d\’autre, mais la puissance de son acte, le koa\’h rishon, n\’a pas atteint la victime ; sa force s\’est interrompue, et c\’est la force de l\’eau qui coule normalement qui l\’a tué,

Pourtant, nous avions vu que celui qui tue avec une balle de squash est \’hayav, il est condamnable à mort. La différence est que la force qu\’il a donnée au départ à la balle se retrouve dans le rebondissement ; c\’est toute la force qu\’il a investie dans le lancer qui fait qu\’elle rebondit et tue ; tandis qu\’ici, l\’eau n\’a pas besoin de lui pour couler et tuer ; la force investie par l\’homme au départ n\’est plus présente au moment où la victime est noyée.

Mais le Talmud avait dit auparavant que celui qui jette dans l\’eau une personne qui s\’y noie, est \’hayav ! Il fait donc une différence entre : amener la personne dans l\’eau et elle meurt : dans ce cas, on est \’hayav ; et amener l\’eau jusqu\’à la personne : dans ce cas, il est patour. Nous verrons quelle est cette différence.

\ »Rav Papa dit encore : \ »une personne jette en l\’air un caillou qui dessine une trajectoire puis retombe et tue ; elle est \’hayav.\ » Il faut remarquer qu\’il y a ici deux forces : celle du jet, et celle de la gravité qui fait retomber le caillou, et qui est indépendante de lui. Cela ressemble au cas du squash, bien qu\’ici la force du lanceur ne soit pas la seule en jeu. Le Talmud ne considère pas que la pierre tue par koa\’h shéni, car la force première investie par le lanceur est toujours en action (sinon, la pierre serait retombée immédiatement, verticalement).

\ »Rav Ashi demande : pourquoi dis-tu qu\’il est condamnable ? Si la pierre redescend, c\’est qu\’intervient ici une autre force, supérieure à la sienne.\ » La pesanteur annule sa force à lui et fait retomber la pierre. Ce serait donc koa\’h shéni, puisque la force du lanceur a commencé à disparaître. Il y a combinaison de deux forces. Or, pour être \’hayav, il faut un lien total avec la mort de la victime.

Tossafot remarque que, lorsque l\’on enferme quelqu\’un dans une chambre à gaz, on est \’hayav. Pourtant, on amène le gaz vers la personne, alors que celui qui amène l\’eau vers la victime est patour. Car le gaz qui va tuer est déjà présent, même si la quantité n\’est pas encore suffisante. De la même façon, si l\’on attache quelqu\’un durant la journée, sachant qu\’il fera extrêmement froid durant la nuit et qu\’il mourra, on est patour, car le froid qui tue n\’est pas encore présent. Toutefois, il y a partage d\’opinions, dans le cas où l\’on attache le soir, alors qu\’il commence déjà à faire froid, mais pas encore suffisamment pour tuer. En réalité, il est extrêmement difficile de tracer une limite : où commence et où finit la responsabilité qui fait que l\’on est \’hayav ?

Comme on l\’a déjà souligné, le Talmud attache beaucoup d\’importance à l\’aspect psychologique de celui qui tue : pour être condamnable à mort, il faut vraiment avoir devant les yeux la mort de la victime, car cela démontre une méchanceté et une cruauté beaucoup plus grandes que si l\’on tue sans voir sa victime.

Dans le cas du gaz, le meurtrier est \’hayav, mais dans le cas de l\’eau il est patour. Tossafot conclut, sans l\’expliquer davantage : \ »il y a malgré tout une petite différence\ ». Ce qui montre la subtilité et la finesse des analyses du Talmud.

En résumé, disons qu\’il y a trois catégories : si le tueur n\’est pas encore là (on attache quelqu\’un en plein jour), le coupable est patour ; si le tueur est là (dans le cas du gaz), on est \’hayav, car le gaz commence tout de suite à agir ; dans le cas où l\’on ouvre le barrage, il faut du temps pour que l\’eau atteigne la victime, et l\’on est patour.

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Category: Guemara-Talmud
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  • marcy

    Bonjour Rav ! débrancher quelqu\’un de machines qui le maintiennent artificiellement en vie, est-ce pour la Thora de l\’euthanasie? Que dit la Thora sur l\’acharnement thérapeutique, maintenir en vie par tous les moyens à notre disposition et qui vont parfois au-delà du bon sens? merci Rav!

  • layansmick

    Bonjour Rav
    question : si j attache un homme en bonne santé et qu il meure de faim rayav?
    Remarque : pourquoi ne pas dire que la différence entre le cas du gaz et de l eau est dans la dangerosité du produit, c est à dire que l eau en présence de l homme ne le tue pas, alors que le gaz est un produit mauvais pour l homme
    Merci