seminaire Montreal -Deuxieme cours- 21 Nov 2013

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : Aujourd\’hui, youd tet kislev, jour de la libération du Baal HaTanya, après un emprisonnement de 53 jours dans les cachots tsaristes, illustre parfaitement le sujet de notre séminaire. Le Baal HaTanya voue sa vie, avec ses hassidim, pour aider les Juifs opprimés en Russie, et aussi pour commencer à diffuser la Hassidout. Il est aussi l\’un des premiers à se préoccuper du sort des milliers de juifs qui recommencent à s\’installer en Israël : il crée la 1ère grande caisse, pour les aider à survivre. Mais Eretz Israël était sous domination de la Turquie, alors en guerre contre la Russie ; il est dénoncé comme envoyant de l\’argent à l\’ennemi turc.

Emprisonné, il se demande si cet obstacle survient pour lui faire comprendre que, peut-être, ce n\’est pas encore le moment de diffuser la \’Hassidout, les secrets de la Torah, et d\’aider ceux qui viennent en Israël (car les deux sont liés, et aussi à la Délivrance finale). Mais il raconte lui-même que D. envoya, pour le visiter dans son cachot, l\’âme de ses deux Maîtres, le Baal Shem Tov et le Maguid de Mezritch, pour lui faire savoir qu\’il doit \ »tout continuer\ ». Alors, pourquoi cette épreuve ? Comme nous l\’avons dit au sujet de Yaakov, D n\’a pas besoin que nous soyons dans la tranquillité pour Le servir. Il préfère 5 minutes dans la qualité, plutôt que toute une vie dans la facilité, car ces 5 minutes contiennent l\’éternité tout entière.

Le Baal HaTanya l\’explique : grâce à l\’épreuve, un homme se connecte au Maître du monde, le fini à l\’infini. Le véritable service divin commence là où je n\’en peux plus, où je n\’ai plus de motivation, plus de raisons de continuer, au-delà de ma nature. Chacun de nous a un potentiel très important pour faire le bien. Mais c\’est agir selon notre nature, dont nous restons encore prisonniers. Le but est de faire un bien qui nous fasse sortir de notre nature, et nous connecte à Hachem. C\’est la réponse de D. à Yaakov : il faut que tout s\’écroule et qu\’il continue à servir. Chaque fois que la situation commence à être contre nous, c\’est là qu\’il faut commencer à nous dépasser, pour servir Hachem. La Baal Shem Tov dut être mis en prison pour comprendre, et nous avec lui, que notre prison c\’est notre nature. Etre Juif, c\’est faire exploser toutes les limites de notre nature.

Nous sommes tous en exil, dans la civilisation d\’Edom fondée sur le culte de la sécurité et de la réussite. Mais, ceux que D. aime, Il leur donne l\’occasion de se remettre en question et de se surpasser. Tout dépend de la façon dont nous réagissons à ce signe qu\’Il nous a envoyé, grâce auquel nous pouvons nous connecter à Lui. L\’homme est sur terre pour être placé face à des difficultés constantes, afin qu\’il puisse montrer ce qu\’il a véritablement dans le cœur. Le mot \ »nissionot\ », épreuves, vient de \ »ness\ » qui signifie à la fois \ »miracle\ » et \ »élévation\ » : ce sont les événements que nous ne pouvons traverser que si nous nous comportons selon les règles du miracle et de l\’élévation, c’est-à-dire au-delà de nos limites. Un Juif doit vivre toute sa vie comme étant un miracle vivant, et donc constamment au-delà de sa nature. Ma victoire dépend de la façon dont je vois la difficulté : l\’épreuve est là parce que D. le veut et, donc, je la banalise, au point que je ne la vois même plus !

C\’est l\’enseignement du Talmud, par l\’exemple de Ish Gam Zou, le plus grand maître de Rabbi Akiva qui, en toutes circonstances, avait une telle emouna que tout se transformait immédiatement en bien. Il savait que la difficulté ne peut être QUE pour son bien. Rabbi Akiva disait ne pas avoir atteint ce niveau, car il ne pouvait encore voir que tout est pour le bien maintenant, mais il était certain qu\’à la fin, tout se terminerait bien : la difficulté aide l\’homme à arriver à un bien, même si elle reste aujourd\’hui une épreuve que l\’on ne comprend pas. De là, on voit que c\’est seulement NOUS qui donnons à épreuve de la consistance et de la force. La difficulté en soi n\’a aucune réalité en ce monde, pour un Juif. Devant un même fait, nous pouvons réagir de façons opposés : l\’un s\’écroule, et l\’autre grandit et devient un géant ! Chacun a en lui cette force miraculeuse. S\’il la dévoile, il s\’élève grâce à la difficulté. C\’est cela la emouna. C\’est donc, non la confiance absolue en D., mais la confiance absolue EN L\’HOMME, EN MOI-MEME : J\’AI EN MOI LES FORCES qui me permettront de m\’en sortir ! Certes, cela demande un gros travail et un effort, une prise en charge de soi-même. Je dois utiliser le \ »ness\ », la force miraculeuse que D a mise en moi ! Au moment d\’une grande épreuve, une grande lumière s\’allume dans l\’homme : il se sent investi de forces surhumaines, car on est en train de l\’aider à s\’élever !

\ »Le mal est seulement une illusion qui se présente à nous pour nous aider à dévoiler la racine profonde du bien qui se cache en nous et qui se cache dans ce monde. Si j\’ai la emouna, le bien qui était caché dans ce mal apparent se dévoile, et je me rends compte qu\’il n\’était que l\’écorce qui cachait un bien fabuleux !\ » Hachem met devant moi l\’épreuve, car Il veut me faire le plus grand des cadeaux : me permettre de me connecter à Lui. Tout ce qui m\’est \ »pris\ » ou qu\’on ne \ »m\’a pas donné\ », c\’est seulement pour me permettre de me hisser tout en haut de mes difficultés et pouvoir dire : j\’ai gagné ! C\’est à ce moment-là que j\’ai réussi !!

La \’Hassidout est une approche de la Torah qui me permet d\’y trouver ce qu\’elle m\’apporte, afin de me construire dans ma vie la plus concrète de chaque jour.

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  • marcy

    Quelle histoire merveilleuse! merci Rav de partager ces conférences avec nous! pourquoi avons-nous tant de mal à mettre en pratique cet enseignement alors que nous savons que tout dépend de la perception et du poids que nous donnons aux épreuves? J\’ai la conviction absolue que tout se transforme en bien! merci aussi de faire la distinction entre la punition et l\’épreuve qui est là pour nous grandir. Les religions avec leur discours ont causé de terribles ravages car rien n\’est plus terrible que ces sentiments de culpabilité que nous éprouvons lorsque nous traversons des épreuves. Je pensais justement à cela ces derniers jours, je n\’aurai pas pu trouver les forces de me rapprocher de la Thora si le but avait été de me punir! Ce que je trouve époustouflant, c\’est la découverte de forces extraordinaires, de rayons de lumière qui se dévoilent, lorsqu\’on accomplit les mitsvots. En vous écoutant j\’ai le sentiment qu\’être une héroine devient possible! Et à vrai dire c\’est ainsi que je me sens de plus en plus souvent! Merci Rav pour vos enseignements qui me construisent!

  • yahya

    LA PORTE DE NOTRE SORTIE DU GALOUT EST OUVERTE,IL FAUT SEULEMENT LA TRAVERSE,ET DANS CE COURS ELLE APPARAIT DERRIERES VOS PAROLES,LITERALMENT PARLANT.MERCI POUR NOUS FAIRE VOIR LE CHEMIN.

  • Pilote1

    Merci, Rav, pour ces explications d\’une precision chirurgicale!… juste pour plaisanter: a chaque fois que vous dites \’\’youd tet kislev\’\’ j\’entend \’\’youd tete qui se leve\’\’ (rire!!)

  • rav Haim Dynovisz

    A Mikaella Renouard: je n\’ai pas de choul, pas de comunaute, pas de yeshiva, pas de collel…un peu comme le Maitre du monde, pas grand chose, tout juste un Mur, mais pas besoin de marbres pour defuser la Torah dans le monde entier…..