24 Avril 2012 -Shmouel- Le Roi David- Arretez d´etre des Monstres au nom du Bon D-ieu

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : Nous avons vu que le roi David nous enseigne un principe très important : même si un homme a tous les arguments possibles et toutes les justifications, il doit faire très attention de ne pas les utiliser dans le sens de son intérêt personnel. Il doit toujours s´assurer qu’il agit selon la Volonté d´Hachem.

David va même beaucoup plus loin car, ici, c´est la Torah elle-même et la Providence divine, qui semblent lui montrer son droit : selon la Torah, il a l´obligation de se défendre, car il devra rendre compte de sa vie. De plus, il a déjà été oint comme roi et Shmouel a dit à Shaül qu´il a perdu la royauté. Enfin, David a Shaül entre ses mains.

David fait un test, et constate que Shaül est toujours connecté à la royauté, et a toujours l´onction. Il comprend que son temps n´est pas encore arrivé. Car c’est Dieu qui a donné à Shaül la royauté, et Lui seul peut la reprendre, quand Il le veut. Bien sûr, la Torah est toujours vraie, mais il y a la Torah sur le plan théorique, et la Torah sur le plan pratique. Il faut chercher la Volonté d´Hachem, et comment vivre et appliquer la Torah, à tel moment et dans telle situation précise.

Comprenant que ce n´est pas encore son temps, David appelle Shaül et se prosterne devant lui. « Tu as vu qu´aujourd´hui Hachem t´a mis dans mes mains et Il m´a dit de te tuer. (car, explique le Malbim, c’est ce qu’ordonne la Torah). Malgré cela, je me suis dit je ne porterai pas la main sur lui, car il est l´oint de Dieu. »

C´est pourquoi les Maîtres diront, dans le Talmud, que David est le 1er qui ait dévoilé dans le monde la Torah she be´alpe, qui exprime comment appliquer la Torah écrite. Et c’est justement le rôle du roi, de gérer la réalité concrète de ce monde, telle qu´elle est, avec toutes les difficultés qui y sont inhérentes. Et il doit la gérer de façon inspirée par Dieu.

David dit encore à Shaül : « Ce n´est pas ma main qui te frappera… Je fais confiance à Dieu qui se battra pour moi et, en te jugeant, Il me sauvera de toi. »

Ainsi, David fait le tikoun du kouf et du resh (les 2 falsificatons religieuses qui sont, soit appliquer à la lettre et d´une manière exagérée ce que Dieu a dit, quitte à détruire l´homme : c´est le kouf ; soit déconnecter complètement le monde de Dieu, et ne plus chercher à le réparer : c’est le resh) David cherche comment la Torah se vit (tikoun du kouf) et il ne pardonne pas les injustices qui lui sont faites (tikoun du resh). Mais il épargne Shaül, car il sait qu’Hachem le vengera.

Shaül, sur le moment, est attendri et pleure. « Seulement maintenant, je sais que c´est toi qui dois être roi, et que la royauté d´Israël restera éternellement dans ta main. »

Le Malbim explique ces paroles : « Ce que tu as montré, en refusant de te servir de la loi divine à des fins personnelles, sera pour toi le mérite éternel qui fait que la royauté restera dans ta descendance jusqu´à la venue du Mashiah. Car tu as su aller à l´encontre de tes pulsions, et seulement celui qui est capable d´aller contre ses pulsions mérite d´être roi. »

Certes, Shaül a des moments de lucidité et de compréhension, mais il lui manque l´essentiel, la constance. La Torah nous montre que les meilleures intentions, ou la foi, la compréhension de la vérité, ne suffisent pas car il faut vivre ce que nous avons compris, et nous accrocher de toutes nos forces à cette vérité vécue (le daat).

Le Talmud dit que le monde repose sur celui qui est capable de rendre un jugement qui est « din emeth le amito », qui est vrai pour la vérité : il faut que le jugement soit, non seulement vrai, mais vrai pour la vérité. Car il y a des vérités, mais qui ne sont pas applicables dans tel cas précis. Par exemple, on peut détruire quelqu´un en lui disant la vérité. Hillel disait : « C´est un devoir de ne pas dire des choses qui ne peuvent être entendues. » Il faut une justice juste et une vérité vraie, et cela signifie aller contre nos pulsions car, dans un conflit, ce sont les pulsions qui me font voir que j’ai raison, selon mon angle de vision et mon intérêt personnel.

Dévoiler en nous la sfira de la mal´hout, l´attribut de la royauté, c´est nous demander toujours : cette vérité, comment je la vis ? Vivre à mon niveau la vérité, c’est cela la dimension royale.

Le Zohar concrétise cela : « est-ce en vain que Dieu a promis dans Sa Torah que celui qui étudie la Torah, qui fait du bien aux autres et s´implique dans la communauté d´Israël, a le pouvoir de sortir Dieu et la Shkhina de l´exil ? Mais il ne suffit pas d´étudier la Torah et d´accomplir les mitsvot, il faut me demander si mon étude et mes mitsvot sont vraiment accrochées au Maître du monde. » Il ne faut pas déconnecter la Torah de sa Source, mais il faut toujours se dire : que veut Hachem, et comment la Torah s´applique-t-elle dans ce cas précis ? Le jour où l´on trouvera des hommes capables à la fois d’accomplir toute la Torah, mais en même temps de l´appliquer d´une manière vivante et humaine, qui tienne compte de la vie concrète (autrement dit, le jour où les croyants seront à la fois humains et spirituels !), ce jour-là, viendra la Délivrance.

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