24 Octobre 2012 -Le Roi David- Proximite, familiarite, distance et respect.

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : Comment David, et les géants d´Israël qui étaient avec lui, dont Uzan chef du Sanhedrin, ont-ils pu commettre une erreur que, dit Rashi, même un enfant n´aurait pas commise : faire porter l´Arche sainte par un chariot tiré par des bœufs, alors que la Torah dit clairement qu´il fallait qu´elle soit portée sur les épaules des léviim ou des cohanim ?

David a mal interprété ce que la Torah demande. C´est la même faute que lorsque Moshé frappa le rocher, au lieu de lui parler. Quand les grands personnages bibliques font une erreur, il est évident qu´ils sont persuadés d´avoir compris ce qu´Hachem voulait. Leur compréhension du moment de ce qu´est la volonté d´Hachem est fausse, car s´est bâtie dans leur pensée une construction spirituelle, ou toraïque, et ils font le mal, tout en étant persuadés qu´ils font le bien. En réalité, ils font mal le bien ! La preuve en est que l´eau sortit du rocher ; et Salomon le constructeur du Temple, ainsi que le Mashia´h, sortiront de David et Beth Sheva ; c´est la manière de faire le bien qui est erronée.

Qu´a-t-il pu se passer pour que David pense que l´Arche devait être portée, dans ce cas précis, sur une charrette ? Rashi explique qu´il y a forcément, dans une faute, un processus préparatoire, commençant par quelque chose d´imperceptible. Il montre que David avait déjà commis une erreur : dans ses moments de détresse, quand il était poursuivi par Shaül, David s´accrochait à la Torah, \ »dans la maison de ma souffrance, ta Torah est mon chant\ » (employant le mot \ »zmirot\ » qui signifie une chanson, au lieu de celui, beaucoup plus élevé, de shir, un cantique).

Pourtant, la prière la plus fondamentale, les psaumes, reprise par l´humanité entière, s´appelle \ »mizmor lé´David\ ». Mais c´est parce que la prière vient de l´homme, et monte à D ; c´est ce que je Lui donne ; Hachem connaît ma souffrance, et je peux crier vers Lui. A l´opposé, la Torah vient de D, qui la fait descendre vers nous ; c´est ce qu´Il nous donne, et il faut la respecter. David est constamment connecté. Mais, si l´on est trop proche, on devient familier, et il n´y a plus le respect qui est nécessaire, avec Hachem, mais aussi dans toutes nos relations humaines.

Le Radak explique \ »comment David a pu aller à l´encontre de versets explicites ?… Il s´est dit que tous les versets parlant de porter l´Arche sur les épaules, concernaient le temps dans le désert, où Israël n´avait pas de terre ; d´ailleurs, on voit de nombreux versets où le Mishkan lui-même, le Tabernacle, et tous les ustensiles, étaient transportés par des charrettes tirées par des bœufs. Or, le Mishkan est la maison de D.! David a pensé que, maintenant qu´il y a la royauté d´Israël, et que la Maison d´Hachem doit être construite et plantée dans la terre, il n´y a plus de faute à porter l´Arche.\ »

Car David sait qu´il y a une évolution nécessaire, entre Moshé et lui, entre le peuple de Moshé dans le désert, et la nation dirigée par David en Eretz Israël. Nous installer sur notre Terre, c´est faire descendre Hachem sur terre et Le révéler dans ce monde ; montrer que toute la vie terrestre est imprégnée de Sa lumière ; cela ne peut être dévoilé que lorsque nous sommes une nation sur notre Terre, avec nos institutions, un gouvernement, nos devoirs et responsabilités. Sans la Terre, la Torah devait être portée par les léviim ou les cohanim, pour bien montrer qu´elle n´était pas encore avec les hommes, dans leurs champs ; restant en haut, la Torah ne pouvait être portée par des bœufs. Mais, puisque le roi est celui qui fait descendre Hachem sur la Terre d´Israël, David pensait qu´il avait le droit, et le devoir, de mettre l´Arche sur des bœufs, et que c´est le mérite et la grandeur du roi de le faire tirer par les bœufs.

Mais Hachem montre à David qu´il s´est trompé. D´un côté, Il nous demande une proximité entre Lui et nous, avec Ses mitsvot ; un Juif doit se sentir chez lui, dans la Torah. Mais il y a toujours le risque de manque de respect et de banalisation. Chaque qualité a un défaut. Il nous faut toujours savoir comment gérer la proximité, pour qu´elle ne devienne pas de la familiarité et de l´irrespect.

(1966)

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