28 janvier 2013 -Paracha Ytro- J´aime pas la religion

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : La paracha Ytro est la paracha du don de la Torah. Qu’est-ce que la Torah apporta au monde ? Quelle était la mentalité spirituelle des hommes, avant elle ? L’Egypte vénérait le Nil. C’est pourquoi la 1ère chose qui a été frappée est l’eau du Nil. Quand D. frappe une civilisation, Il commence par fragiliser la croyance sur laquelle elle repose. On voit que personne n’a pu comprendre que les 7 vaches grasses et les 7 vaches maigres du rêve de Pharaon faisaient allusion à l’abondance et à la famine. Car toute cette civilisation et son économie reposaient sur le Nil qui était pour eux un dieu ; il ne pouvait mourir, ni cesser de nourrir ceux qui croyaient en lui. Rashi, à ce propos, nous révèle ce qu’est une religion : c’est rendre un culte à ce que je définis comme la source de ma vie ; je la sers et me soumets à elle pour qu’elle continue à me nourrir. Nos Maîtres appellent cette croyance religieuse de l’idolâtrie (qui n’a rien à voir avec le culte des idoles qui en est seulement un dérivé). L’idolâtrie n’est donc pas servir une fausse source de ma vie, mais vénérer et servir DANS LE BUT DE RECEVOIR. Si donc je sers D. parce que je sais que, sans Lui, je ne peux vivre, je suis idolâtre. Toute l’existence humaine est donc fondée sur le principe de l’idolâtrie.

Qu’a apporté la Torah ? Il est dit que \ »Ytro a entendu, et il est venu.\ » Lui qui était le grand prêtre de Midian, capitale proche orientale de l’idolâtrie à l’époque, qu’a-t-il entendu qui l’a poussé à tout lâcher ? Il dit à Moshé \ »je sais que ton D. est le plus grand de tous les dieux.\ » Rashi commente qu’il a compris la vérité quand il a entendu 2 choses : kriat Yam souf, et la guerre contre Amalek. Tout le processus de la sortie d’Egypte était une prise en charge constante, et la guerre contre Amalek en est le summum car, après avoir vu les miracles, les plaies et le passage de la mer (et D. dit à Moshé qu’il ne faut même pas prier car tout dépend de Lui), au contraire, quand il a fallu se battre, D. n’est pas intervenu ! Moshé dit à Yehoshua \ »sors, et bats-toi contre Amalek\ », et Moshé devait prier, au sommet de la colline. Quand il priait, Israël avait la victoire, mais dès qu’il était fatigué et baissait les bras, Amalek avait la victoire. Tout le peuple est au combat : les uns avec une épée, et les autres avec la prière. Les combattants et ceux qui prient sont unis dans le combat pour la victoire. Et tous voient que la guerre ne dépend que d’eux. Hachem ne fait rien.

Car D. leur a montré les miracles et les a attachés à Lui mais, ensuite, Il leur demande de se prendre en main. C’est à eux d’agir ; en association avec D., mais cela passe par leur action. Auparavant, il y avait sur terre 2 types d’hommes : les priants et les guerriers : soit tout dépend de D., soit tout dépend de nous, et ce sont 2 formes d’idolâtrie. Au contraire, ici, il fallait à la fois le combat de Josué et la prière de Moshé. C’est la symbiose entre matériel et spirituel, entre corps et âme. Et, quand D. agit, Il ne nous prend nullement en charge.

Le Rav nous montre ensuite comment D. a posé comme condition à l’existence de Son monde, qu’Israël accepte la Torah. Quel est le lien entre les 2 ? Et comme le monde pouvait-il exister, avant Matan Torah ? La réponse de nos Maîtres est que la Torah a toujours existé. On voit qu’Avraham donne à manger des matsot, aux 3 anges venus le visiter, et Rashi explique : c’était Pessah. Car il y a la Torah au niveau de ses lois (qui ont toujours existé), puis il y a la façon dont elle s’habille dans l’histoire : pour nous, la fête de Pessah est liée à notre sortie d’Egypte. Mais Pessah est autre chose, dans son essence : il existe dans ce monde des forces libératrices, et on se connecte à elles en mangeant de la matsa, le 15 Nissan. C’est comme une antenne ou une parabole par laquelle je capte des ondes. Nos Maîtres disent que même Adam ou Noah mangeaient de la matsa. Et il y avait toujours, dans chaque génération, des justes qui connaissaient ces secrets. Mais, pour que ces forces descendent dans ce monde, il fallut l’histoire réelle d’un peuple qui sorte d’Egypte. Et ces forces sont pour toute l’humanité, car le Projet est pour tous.

Avant le don de la Torah, il y avait prise en charge, et le culte était intéressé. Au contraire, avec la Torah, D. nous donne les lois grâce auxquelles, si on les respecte, on va faire fonctionner le monde. Mais, si on ne les respecte pas, cela nous tue. Une religion louange et remerciement est dangereuse, car elle nous installe dans une position de receveur : je Te prie, donne-moi, et c’est un culte idolâtre, car cela déresponsabilise l’homme. Car il y a des règles à la braha et, si je ne les respecte pas, rien ne peut marcher. D. a mis des sources de braha dans Son monde et je dois me servir des antennes qu’Il a mises en place. C’est la colonne vertébrale de toute la Torah. Par exemple, si je fais Shabbat, je capte toutes les forces de la braha. Le Judaïsme est venu apporter au monde la science du divin, c’est à dire la connaissance et la mise en application de toutes les forces spirituelles, rouhaniim qu’il y a dans le monde. Et nous en sommes responsables. Et notre vie dépend du bon fonctionnement de ces forces. D’une certaine façon, ce n’est même plus D qui nous donne. Il nous a donné les moyens de notre indépendance, et cela dépend de nous. Dans la Torah, D nous a révélé toutes les règles du fonctionnement réel du monde.

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