2 Décembre 2012 – Conférence à Montréal – Yaacov et Rahel – Parachat Vaychlah

RESUME DE LA CONFERENCE : Nos Maîtres disent que Rachel est le modèle fondamental de la pudeur féminine juive, \ »hatsniout shé haita ba\ », qui était \ »en elle\ », dans le cœur, avant de se traduire à l’extérieur. Car elle a dépassé toutes les autres femmes dans sa capacité de s’effacer, laisser de côté son honneur, sa dignité, et même aussi son dû et ce qui lui appartient, pour ne pas humilier sa sœur, et pour le Projet divin. C’est le summum de l’annulation de soi : je renonce à ce qui est à moi, au profit de quelqu’un qui n’y avait pas droit !

Mais la vraie preuve de sa tsniout, c’est ici, quand elle accepte d’être enterrée en chemin, et non à côté de son mari. Pourtant, des 4 femmes de Yaakov, elle est la seule appelée \ »eshet Yaakov\ » : le zivoug, l’âme sœur ; le couple sacré. A nouveau, elle cède sa place à Léa qui sera pour l’éternité à côté de Yaakov. Car elle voit déjà qu’au moment de la destruction du 1er Temple, les exilés en Babylone passeront par cet endroit et pourront y prier. Ainsi se réalisera la prophétie divine qui dit à Rachel : \ »tu peux sécher tes larmes, car tes enfants reviendront un jour sur leur Terre.\ » Nous y revenons aujourd’hui, grâce aux prières sur le caveau de Rachel. Elle est la force qui ramène Israël sur sa Terre !

Pourtant, elle n’était pas la mère de la tribu exilée par Nebuchadnezzar, la tribu de Yehuda. Si la prière de la mère a un tel effet, pourquoi n’est-ce pas Léa qui est enterrée en chemin à Bethléem, sur le territoire de Yehuda, et prie pour le retour de ses enfants ? Rachel, à nouveau, s’est effacée et sacrifiée, non pour son enfant à elle, mais pour l’enfant de Léa. Dans ce renoncement s’exprime une force qui va sauver le peuple juif et qui est la délivrance d’Israël. C’est le plus haut niveau de la tsniout.

Un Midrash dit que, juste avant la Délivrance, Hachem cherchera au nom de quels mérites Il enverra le Mashia’h. Ce n’est par aucun des tsadikim de notre peuple, mais par le mérite de Rachel, car elle a passé sa vie à mettre de côté ce qui était le plus précieux pour elle. Elle a été choisie comme le modèle libérateur, en raison de la tsniout, force libératrice en elle. Car, en renonçant à ses droits dans ce monde limité, elle a investi dans un monde sans limite, dans le monde de la Délivrance ! Elle est le modèle de ceux qui regardent à l’essentiel, renonçant à affirmer \ »c’est à moi\ », pour investir dans une relation éternelle, au-delà de toutes limites ! Elle est une âme de la Délivrance, qui ressent que ce monde est si étroit qu’il ne vaut pas la peine, et qui œuvre pour amener ce monde à sa véritable dimension, qui est infinie ! Le vrai combat est au-delà des choses insignifiantes pour lesquelles nous nous battons. C’est celui de la Délivrance, qui a conscience de la lumière infinie qui est en nous. Rachel est le 1er être humain délivré sur terre.

On voit aussi, chez Yaakov, cette recherche de l’essentiel. Il est le modèle le plus parfait de ce message fondamental, clé unique du bonheur véritable : ce que le Maître du monde veut, passe avant toutes choses. Il dit à Hachem : \ »amène-moi là où Tu veux que j’aille, à la façon dont Tu veux m’y amener.\ » Yaakov est capable de se faire sans cesse tromper, dans les choses les plus essentielles de la vie, sans broncher, car il met toute sa confiance dans le Maître du monde. Et quand, dans un couple, l’homme refuse d’être Yaakov, sa femme, refuse d’être une Rachel. On se construit sa Rachel. Si tu sais où tu dois aller, et si tu acceptes qu’Hachem t’y emmène comme Il veut, selon Ses critères, tu recevras une femme qui te dira : je vais te construire une maison dans laquelle notre souci sera seulement l’essentiel. Et c’est ainsi qu’on atteint le bonheur véritable.

Mais comment arriver à cette dimension, et à une vie à deux qui soit réussie ? La Torah fait allusion au couple parfait : \ »mehitabel\ », nom codé où Hachem est appelé \ »El\ ». Quand D. fait du bien, du ‘Hessed au monde, Il S’appelle El : c’est Celui qui S’unit en associant, dans sa construction, une dimension de ‘Hessed. Et c’est la dimension de D. à l’intérieur du couple car, pour se construire, il faut s’occuper de l’autre et du monde qui est en face de nous. Si le couple, ensemble, se fixe un objectif de ‘Hessed tourné vers l’extérieur de lui-même, l’homme et la femme travaillant ensemble à ce projet commun, à ce moment-là, lui devient Yaakov, et elle devient Rachel. C’est le ciment de leur réussite personnelle, et ils deviennent aussi un modèle pour toute la communauté.

Dans la vie de tous les jours, le bonheur véritable est à portée de notre main, mais il faut savoir que la vérité vraie fonctionne souvent à l’inverse de ce que le monde a défini comme étant la vérité. Notre modèle est la Torah, qui contient toutes les clés de notre bonheur et de notre réussite. Nous les cherchons partout, alors que nous sommes les porteurs du plus grand trésor, la Torah du Maître du monde. Et, quand nous l’étudions et la mettons en pratique, nous comprenons que nous avons la clé du bonheur que nous cherchons. La mezuza que nous voyons, quand entrons dans notre maison, fait allusion à ce bonheur, par le petit parchemin symbolisant toute cette Torah qui nous montre le chemin du vrai bonheur. Et c’est seulement par elle que nous l’atteindrons.

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  • YoramBloch

    Cher RAV Dynovisz, je vois encore votre visage au début de ce Chiour, avec des signes évidents de fatigue, et cette petite voix cassée que l\’on ne vous connais pas. Et petit a petit, les efforts font jaillir une force intérieur qui ne connait ni fatigue, ni voix cassée, et qui finit par repousser toutes les limites… Merci pour ce beau Chiour, merci pour cet exemple vivant de dépassement de soi, qui est pour nous un véritable modèle au quotidien.

    J\’aurai souhaité rajouter un petit complément a votre Chiour si vous me le permettez :
    L\’effacement de Rahel prend toute sa dimension au moment où elle transmet sa servante à Yaacov alors quelle souffrait de stérilité. Comment comprendre ce choix que de proposer sa servante à son mari ? Rachi explique qu\’elle n\’a fait qu\’imiter Sarah qui dans les memes conditions, donna Hagar a Avraham. C\’est a dire, faire le choix d\’intégrer une rivale dans son couple et par cela mériter d\’avoir elle même un enfant.
    Le Kli Yakar va plus loin : Rahel ayant vu quelle était jalouse de Lea, et elle a réalisée que cette jalousie pouvait être la cause de sa stérilité, Elle voulu se travailler intérieurement, en ouvrant la porte de son couple a sa servante, et tenter ainsi de maîtriser sa jalousie.
    Mais quel était le sens de sa jalousie vis a vis de Lea ? Pourtant c\’est Rahel elle même qui a cédée sa place a sa sœur ?
    Cette jalousie traduisait probablement une décision qui n\’a pas été totalement assumée… Et Lorsqu\’elle a pris conscience de cela, elle a tout fait pour lutter contre cette fragilité, en essayant de faire disparaître totalement cette jalousie, par un travail sur soi extraordinaire en faisant rentrer une servante dans son couple.
    Incroyable Rahel, qui pour accepter pleinement sa sœur a l\’intérieur de son couple, est prête à introduire sa propre sa servante, pour en venir à bout de sa jalousie.

  • YoramBloch

    Cher RAV Dynovisz, je vois encore votre visage au début du cours, avec des signes évidents de fatigue, et cette petite voix cassée que l\’on ne vous connais pas. Et petit à petit, les efforts font jaillir une force intérieur qui ne connait ni fatigue, ni voix cassée, et qui finit par repousser toutes les limites… Merci pour ce beau cours, merci pour cet exemple vivant de dépassement de soi, qui est pour nous un véritable modèle au quotidien.

    J\’aurai souhaité apporter un petit complément à votre cours si vous me le permettez :
    L\’effacement de Rahel prend toute sa dimension au moment où elle transmet sa servante à Yaacov alors quelle souffrait de stérilité. Comment comprendre ce choix que de proposer sa servante à son mari ? Rachi explique qu\’elle n\’a fait qu\’imiter Sarah qui dans les memes conditions, donna Hagar a Avraham. C\’est a dire, faire le choix d\’intégrer une rivale dans son couple et par cela mériter d\’avoir elle même un enfant.
    Le Kli Yakar va plus loin : Rahel ayant vu quelle était jalouse de Léa, et elle a réalisée que cette jalousie pouvait être la cause de sa stérilité, elle voulu se travailler intérieurement, en ouvrant la porte de son couple à sa servante, et tenter ainsi de maîtriser sa jalousie.
    Mais quel était le sens de sa jalousie vis à vis de Léa ? Pourtant c\’est Rahel elle même qui a cédée sa place à sa sœur ? Cette jalousie traduisait probablement une décision qui n\’a pas été totalement assumée… Lorsqu\’elle a pris conscience de cela, elle a tout fait pour lutter contre cette fragilité, en essayant de faire disparaître totalement cette jalousie, par un travail sur soi extraordinaire en faisant rentrer une servante dans son couple.
    Incroyable Rahel, qui pour accepter pleinement sa sœur à l\’intérieur de son couple, est prête à introduire sa propre servante, pour venir à bout de sa jalousie.

  • YoramBloch

    Rav Dynovisz, vous n’avez pas seulement le mérite de nous enrichir par vos Hidouchim, mais vous êtes aussi souvent une source d’inspiration, et je me dois de vous faire partager les « fruits » de votre cours.

    On peut aussi relever un point intéressant, lorsque Rahel sollicite Reouven pour se procurer des Doudaïm, Léa réagit d’une manière surprenante en s’adressant à Rahel : « N’est-ce pas assez que tu m’ai pris mon mari, voudrais-tu aussi prendre les Doudaïm de mon fils ? » Comment Léa peut parler ainsi à sa sœur qui lui a céder sa propre place ? et à aucun moment Rahel ne la recadre sur ce point…

    Incroyable Rahel ! Qui ne se contente pas de céder sa place à sa sœur mais elle va beaucoup plus loin, à aucun moment elle ne lui a fait sentir quelle lui a céder quoi que soit, si bien que Léa se sent tellement bien dans ce couple, qu’elle se permet de reprocher à Rahel de lui prendre son mari… Renversant ! C’est bien le signe que Rahel s’est véritablement effacée, en acceptant pleinement le projet de D… , de laisser Léa sa sœur occuper la « première place »

  • dorflaurent

    Cher Rav, j\’entre pour la première fois sur le site et je prends même connaissance de votre \ »existence\ » que ce jour. La religion même si elle était là, en moi, même loin, me semblait si opaque et si incompréhensible, que je n\’éprouvais pas d\’affinité a mon tres grand regret. Ma situation familiale, est tres complexe avec mon épouse. Je cherche la force et je sais que seule la Torah me la donnera. Peut etre pour reussir a modifier le cours de ce qui pourrait être inévitable et que je voudrai de toute mon âme pour nous deux et nos enfants. Je découvre ce premier cours et cette phrase, faisons de chaque épouse notre rahel et de chaque mari notre yaacov, résonne tres fortement en moi. Merci car vos mots sont simples, me parlent et me donne un espoir .. meme aussi minime qu\’il soit.