Attention conscience !! -Haye Sarah- 21 0ct 2013

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : Nos trois pères et quatre mères sont enterrés à Hevron, dans la \ »Méarat HaMachpela \ ». Mais, d´après notre tradition, Adam et ´Hava y sont aussi enterrés. De façon extraordinaire, toutes les racines de l´humanité se trouvent donc au même endroit, malgré les millénaires qui les séparent : Adam et ´Hava, desquels vont sortir ce que j´ai appelé les Bne Adam, et les fondateurs du peuple juif. Nos Maîtres disent que le lieu où une personne est enterrée, est le témoignage de la mission pour laquelle son âme était venue sur terre. La Providence a donc voulu nous montrer qu´il y a, entre Israël et les nations, un Projet commun, malgré l´apparence de l´histoire qui fait tout pour nous décourager de marcher ensemble afin de le réaliser. Toutes les souffrances et les obstacles qui n´ont cessé de surgir prouvent l´intensité et l´importance du Projet, et donnent du mérite à celui qui y réussit.

Mais pourquoi n´y a-t-il aucune trace, dans la Torah écrite, du lieu où sont enterrés Adam et ´Hava ? Cela nous enseigne que l´identité adamique est voilée. C´est seulement au moment de la Délivrance finale que l´identité des nations sera révélée, et que l´humanité non juive découvrira sa part dans le Projet divin. Jusqu´à maintenant, les non-Juifs se sont positionnés par rapport à Israël, soit en niant sa place, soit en croyant le remplacer, soit encore en l´ignorant. Mais il y a forcément, en gestation, une quatrième dimension, qui est la reconnaissance d´Israël et de son rôle, ainsi que du rôle des nations dans un Projet commun : c´est la dimension adamique qui doit apparaître.

Dans notre tradition, le personnage biblique qui symbolise le problème de l´humanité adamique, son devenir et sa réussite, est Loth. Son nom a la même valeur numérique que Adam et, d´après la Kabbalah, il est l´une des réincarnations de Adam. En hébreu biblique, Loth signifie \ »un voile\ », comme pour nous dire qu´il incarne l´humanité à la recherche de son identité véritable, qu´il faut aider à devenir elle-même. Et l´on remarque que la relation entre Avraham et Loth est le micro de toute l´histoire de la relation entre Israël et la dimension adamique voilée : parfois, tout va bien, mais la plupart du temps, on se dispute, puis on se sépare. Mais Avraham ne désespère jamais de Loth et agit pour son sauvetage ; il prie pour lui et ce qui doit être sauvé le sera ; de Loth sortira l´étincelle messianique, Ruth la Moabite, appelée \ »em haMal´hout\ », la matrice de la royauté d´Israël ! Il y a en Loth une force messianique qui permet la réalisation du Projet final. C´est en lui que se trouve la dimension féminine (Ruth), tandis qu´Israël apporte la dimension masculine, par Yehuda. Mais cela est voilé, puisque cela commence avec un père et sa fille, dans une grotte, quand il est saoûl et ne doit pas savoir ce qui se passe ; ainsi, les nations, même lorsqu´elles oeuvrent à la Délivrance finale, n´en sont pas conscientes ; cela leur est caché.

La Torah nous montre le problème de la dimension adamique voilée, et son tikoun. Nous voyons deux actions d´Avraham et Loth, dans le même domaine, et la différence fondamentale entre eux. Avraham, à 100 ans, le 3ème jour de la circoncision, fait un acte de ´Hessed magnifique, vis-à-vis des trois anges venus, sous l´apparence de bédouins. Au point qu´il reçoit la promesse que, dans un an, il aura un fils. Ensuite, à Sodome, ville où la tsedaka et l´hospitalité étaient punies de mort, Loth accueille chez lui deux de ces anges, au risque de sa vie. Pourtant, l´une de ses filles venait d´être torturée à mort pour avoir donné du pain à un pauvre. Lot semble avoir dépassé son maître Avraham, dans le domaine même où il excellait ! Mais la différence entre eux est qu´Avraham, avant de faire entrer les nomades chez lui, leur dit de se laver les pieds, tandis que Loth les fait manger et se reposer, puis seulement se laver les pieds. Nos Maîtres rapportent que les bédouins de l´époque idolâtraient la poussière de leurs pieds. Loth les laisse donc entrer chez lui avec leur idole sur les pieds, car il fait passer son amour pour les hommes et son aide, avant toute considération spirituelle. Avraham agit parce qu´il est connecté à D. qui ordonne d´être bon. Loth, lui, est le symbole biblique de l´humaniste qui agit, non pas au Nom de D. mais d´une moralité et de sa propre conscience. Or, dans l´histoire, l´humanisme apporta les pires atrocités, quand les hommes pensèrent qu´ils n´avaient plus besoin de D. pour faire le bien. C´est ainsi que l´on voit Loth proposer de donner ses deux filles vierges à la population de Sodome, pour sauver les deux étrangers qu´il avait accueillis chez lui ! Au nom de l´humanisme et de sa conscience, un homme peut faire un acte grandiose, puis une atrocité. Au contraire, Avraham, modèle de l´homme attaché à Hachem, est constant dans le bien.

Cela nous explique pourquoi Avraham avait pris l´initiative de la séparation d´avec Loth. L´identité adamique voilée est capable de faire, sans aucune référence à D., un tel bien, que cela peut induire les hommes en erreur et semer la confusion. En même temps, Avraham n´abandonne pas son neveu ; il intercède pour lui, et vient à son secours, lorsqu´il le faut. Car il sait qu´en lui se trouve la moitié de l´étincelle messianique. C´est ensemble que l´on fait venir la Délivrance ; c´est le modèle messianique, où les deux sont nécessaires.

Cela est vrai, aussi, dans notre propre vie : il faut à la fois être différents, mais sans sacrifier la fraternité ; la distance est nécessaire, mais pour préserver l´identité et la richesse dans l´unité. Aujourd´hui, plus que jamais, Israël est confronté à cette question : il faut être impliqués, tout en étant différents, et c´est le grand problème de l´humanité. Quand nous l´aurons résolu, ce sera la Délivrance finale pour l´humanité entière.

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