Ni dieu, ni maitre ! Vayechev- 18 Nov 2013

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : Dans cette paracha, on voit apparaître, dès la naissance de l\’atome de notre peuple, un conflit très grave, aux conséquences désastreuses, entre les frères, et plus précisément entre Yossef et Yehuda. A l\’époque de notre paracha, Yehuda eut l\’avantage, car toutes les autres tribus furent avec lui. Beaucoup plus tard dans l\’histoire, c\’est un descendant de Yossef, Jéroboam, qui fut le plus fort et provoqua le schisme, emmenant avec lui les 10 tribus : il créa le royaume d\’Israël, beaucoup plus puissant que celui de Juda. Mais ses rois furent corrompus et il disparut à l\’époque de Sancherib. Il resta seulement le royaume de Juda qui disparut à son tour, 50 ans plus tard, avec la venue de Nebucadnetsar et la destruction du Temple.

Pourquoi cette lutte entre les frères ? Nous savons que notre exil est dû à la haine gratuite entre les Juifs, sin\’at \’hinam. Ce conflit est toute l\’histoire juive, mais aussi celle du monde dont nous sommes le microcosme. Toute l\’histoire du Projet divin s\’exprime donc, dans ce conflit.

Yossef et Yehuda sont très différents et incarnent deux types d\’hommes, sur le plan humain d\’abord, mais aussi deux manières d\’être Juif et de vivre la relation avec Hachem. Yossef représente le Yessod, le fondement, la stabilité. Il a été éprouvé dans les trois domaines essentiels où l\’homme peut tomber : la tête (siège de la neshama : leur famille a pour mission de sauver le monde, et pourtant ils s\’entredéchirent !), le cœur (ruah : il est vendu par ses frères, puis seul dans un pays de débauche, dans les cachots de l\’Egypte…) et le corps (nefesh : tentation avec la femme de Potifar). Puis, il arrive à la tête de l\’Egypte et a la puissace. Mais, quelles que soient les épreuves, il reste toujours stable et a la victoire. Il est le tsadik totalement impliqué dans ce monde.

A l\’extrême opposé, Yehuda est celui qui tombe, mais a la sagesse de ne jamais se désespérer de ses chutes, car il sait qu\’il est toujours possible de récupérer une étincelle, à partir de laquelle tout peut repartir ! Et, avec Tamar qu\’il croit être une prostituée, il met au monde Perets, la lignée du Mashiah ! Nos Maîtres disent que c\’est lui qui a le plus de mérite, car il est plus difficile de continuer à croire en sa propre valeur, lorsque l\’on est tombé ; la force du yetser hara est, justement, de nous faire croire que nous ne valons rien. Yehuda, lui, sait transformer l\’obscurité en lumière et s\’élever. C\’est pourquoi il peut enseigner l\’humanité. C\’est la force messianique. Yossef représente la perfection individuelle, il est le modèle. Mais il ne peut être roi. Jéroboam fut le seul roi issu de Yossef et il fut le 1er roi idolâtre, qui commit des atrocités.

Mais les deux sont nécessaires ; chacun doit être à sa place. Et cela est vrai pour l\’humanité entière, puisque l\’on retrouve aussi cette problématique dans les nations. Le monde occidental a fait la séparation entre l\’église et l\’Etat, mais il n\’a plus de modèle de morale et d\’intégrité ; il sombre dans l\’immoralité. Dans le monde islamique, à l\’opposé, tout le pouvoir est entre les mains du religieux ; on en arrive aux pires tyrannies. Ces deux modèles se trompent, car les deux sont nécessaires, chacun à sa place. Les affaires de ce monde ne peuvent être menées que par des hommes qui acceptent pour modèles les hommes de D. Dans notre histoire, ce conflit engendra deux catastrophes : Yehuda vendit Yossef ; puis Yossef prit l\’avantage et provoqua le schisme.

C\’est encore le problème de notre peuple, aujourd\’hui, et même celui du monde dont nous sommes le microcosme. Nous avons vécu ce conflit dès notre origine, car c\’est nous qui devons apporter la solution au monde, trouver l\’équilibre entre Yehuda et Yossef. Nous lisons, dans la haftara d\’Ezéchiel, que le projet est leur union, et c\’est ce qui s\’accomplira finalement.

Au début, il n\’y avait pas encore de peuple et, au niveau individuel, Yossef était le plus grand, puisqu\’il incarne la perfection personnelle. Si Yehuda avait accepté le rêve de son frère, ensuite, Yossef aurait pu accepter le fait que Yehuda est plus grand, lorsque nous sommes devenus une nation. Mais Yehuda refusa le modèle représenté par son frère. Ensuite, un descendant de Yossef fit de même : lorsqu\’il y eut la royauté, il la lui arracha et entraîna une catastrophe dans la nation. Certes, il était difficile à Yehuda de reconnaître la grandeur de Yossef, à cause de la façon dont son frère le considérait. Celui qui est spirituel doit apprendre à regarder Yehuda comme il se regarde lui-même. Alors, ce sera la paix entre les frères. Tout commence par la façon dont Yossef considère Yehuda.

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