Paracha Pinhass- Tout est dit…..!-26 Juin 2013

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : Nous lisons, cette semaine, la parachat Pin’has. Nous sommes aussi à la veille des 3 semaines de jeûne, du 17 Tamouz au 9 Av. Le 17 Tamuz est le début de la prise de Jérusalem par les Babyloniens, à l’époque du premier Temple ; ils entrèrent dans l’enceinte du Temple et le détruisirent, le 9 Av. Le deuxième Temple fut aussi détruit un 9 Av, par les Romains, près de 500 ans plus tard.

Quel est le lien avec la Torah Moshé ? Notre tradition rapporte que, le 17 Tamuz, eurent lieu la faute veau d’or et la brisure des tables de pierre. Mesure pour mesure, environ 1.300 ans plus tard, les pierres de la muraille de Jérusalem tombèrent, le même jour. Cette prise de la capitale d’Israël représentait la perte de sa dimension politique et nationale. Le fait que cela soit lié à la faute du veau d’or contient forcément un message, que nous nous efforcerons de décrypter.

Trois semaines plus tard, le Temple, c’est-à-dire la dimension spirituelle d’Israël, fut détruit. Après la perte du corps, c’est la perte de l’âme qui est liée, dans la Torah de Moshé, à la faute des Explorateurs. La nuit du 9 Av, les Explorateurs revinrent, découragés, et ils découragèrent tout Israël. \ »Cette nuit-là, ils se mirent à pleurer\ ». Fut décrétée la destruction du Temple, et beaucoup des grandes catastrophes de notre histoire se produisirent ce jour-là (début de l’Inquisition, décret d’expulsion des Juifs d’Espagne…) La perte de Jérusalem et celle du Temple sont liées l’une à l’autre. Les deux événements de la Torah qui, selon nos Maîtres, en sont les causes respectives, sont donc forcément aussi liés entre eux. Et il y a également une relation avec la paracha, puisque les événements du calendrier juif sont toujours en relation avec la paracha de la semaine. Quels sont donc ces liens ?

Cette paracha nous parle des descendants de Yossef. Rashi les montre à plusieurs reprises comme de très grands amoureux de la Terre d’Israël. Ici, les filles de Tsélofhad revendiquent une part en Eretz Israël. Le principe était que la Terre devait être partagée selon les tribus. Or, une femme qui se marie fera ensuite partie de la tribu de son mari. Moshé n’était pas prêt à cette question, mais les filles de Tsélofhad avaient un tel amour pour Eretz Israël qu’elles obtinrent qu’il demande à Hachem, et elles reçurent une réponse positive !

Yossef, lui-même, bien qu’il n’ait presque pas vécu sur la Terre d’Israël, demanda que ses ossements y soient ramenés. Il transmit cet amour de la Terre à ses descendants. Tsélofhad mourut dans le désert, pour avoir volontairement profané Shabbat en ramassant du bois lorsque, après la faute des Explorateurs, il fut décrété que le peuple n’entrerait pas en Eretz. Pour lui, hors de la Terre, la Torah n’avait pas de sens au point que, s’ils n’entraient pas en Eretz, ils n’avaient plus besoin de la Torah ! Certes, le Ramban disait que la Torah que l’on accomplit en ‘houl (en dehors d’Israël), c’est afin de ne pas disparaître. Mais la Torah est beaucoup plus que cela : elle est \ »Torat ‘Haim\ » ! Elle est la vie, et l’on ne peut cesser de vivre la Torah ! De nos jours encore, il semble qu’il y ait un lien entre un très grand amour de la Terre et un affaiblissement du lien avec la Torah. Ceux grâce auxquels nous sommes revenus ici, ne se réclament pas de la Torah, et c’est eux qui commencèrent la remise en valeur de cette Terre.

Mais tâchons de comprendre ce qu’était réellement la faute du veau d’or. Car on ne peut imaginer que ceux qui avaient reçu la Torah 40 jours auparavant, se mirent à danser autour d’un veau ! Ce sont des codes. Les tribus sont représentées par des animaux, et Yossef est comparé à un \ »shor\ », un taureau. Le taureau est la force donnée à Yossef, l’amoureux de la Terre. Il représente le labour et la mise en valeur d’Israël. Le peuple croyait que Moshé, dont l’étendard est la Torah, était mort. Ils ont cru pouvoir en déduire que son projet était impossible et ils sont revenus, tout naturellement, au taureau dont ils avaient besoin pour cultiver la Terre et y vivre ! Si l’on sait qu’à cette époque, pour véhiculer une idée, on faisait une statue, on comprend qu’il ne s’agit pas, ici, de l’idolâtrie que nous avons coutume d’y voir ! Néanmoins, leur faute fut considérée comme très grave, car ils doutèrent de Moshé et de la Torah d’Hachem ! Ils décidèrent de construire Israël seulement avec les taureaux, c’est-à-dire d’en faire une nation comme toutes les autres. Ils remirent en cause la spécificité d’Israël. Cela suscita la colère d’Hachem car Il avait donné la Torah à Israël, afin de construire sa nation et d’y vivre. C’est pourquoi Jérusalem est tombée ce même jour : lorsque nous pensons que c’est une capitale comme une autre, elle nous est prise. Et, tant que nous pensons cela, les nations ne reconnaissent pas Jérusalem comme notre capitale !

Il est très difficile de trouver l’équilibre entre l’attachement à la Terre et l’amour de la Torah. Cela nous ramène à notre paracha : l’amour excessif pour la Terre fait oublier la Torah. Et quel est le lien, aussi, avec le 9 Av ? A l’opposé de la faute du veau d’or, celle des Explorateurs semble dire : nous sommes bien dans le désert, avec la Torah, et n’avons pas besoin de la Terre ! Ce sont les deux extrêmes, et c’est pourquoi ils sont représentés par le premier et le dernier jours de cette période de deuil, période appelée \ »bein hametsarim\ », c’est-à-dire \ »entre les limites\ ». Cela nous enseigne que, si l’on va à un extrême, on va aussi à l’autre ; l’un est la matrice de l’autre. Et être dans un extrême montre que nous sommes enfermés dans des limites. Il faut trouver un équilibre entre la Torah sans la Terre, ou la Terre sans la Torah. Torah et Terre sont toutes deux nécessaires, et nous servons tous la même cause.

Nous jeûnons pour réfléchir sur notre existence : l’existence, c’est comprendre que chacun a une parcelle de vérité. Cette période commence le 17 Tamouz. 17 est la valeur numérique de \ »tov\ », bon, pour nous faire comprendre que, même les événements négatifs de notre histoire sont un bien. Nous les avons traversés pour en apprendre quelque chose de positif. A la fin de l’histoire, nous pourrons voir que tout faisait partie d’un processus extraordinaire qui nous aura fait arriver au \ »tov\ », grâce à tous les enseignements que nous aurons tirés de toutes ces expériences, même difficiles.

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  • ma

    Non , on n\’est pas divisé en 2 , la majorité est pour la Terre et pour la Thora : le mouvement dit dati leumi est la preuve . Les 2 extrêmes existent minoritairement . Et comme vous dites , on a horreur des extrêmes !

  • 130656

    le jeune du 17 tamouz est plus leger que celui du 9 av.la faute du veau d or est moins grave que celle des explorateurs donc la dimension terre d israel est plus elevee que la thora d israel ,cela rejoind le cours des guilgoulim ou vous nous avez appris que le materiel a son chorech plus eleve que le spirituel.j espere avoir bien tout compris.merci cher maitre

  • chlomob

    Merci Rav pour ce cours. Ce que vous avez dit en conclusion sur le 17 (Tamouz) peut aussi se dire pour le 9 (Av). 9 s\’écrit en hebreu avec la lettre \ »Tet\ », qui apparraît la première fois dans la Torah dans le mot \ »Tov\ ».

  • david4140

    la thora c\’est aussi comme une sœur , comme une mére , et on dit les \ »beney-isoel\ » , il y a dans pessar comme invités principaux des enfants et ma question est la suivante : ne peut on pas revendiquer , aussi , une dimension ludique dans la compréhension , la pédagogie ou l\’illumination..

  • david4140

    vous avez trouvé des termes justes et équilibrés pour illustrer certaines questions , ce \’est pas tout le probléme à mon sens sans ça vous seriez le machiar mais c\’était bin vu et bien dit..

  • 30543

    רמב\ »ן n\’a pas seulement dit qu\’on fait en חו\ »ל les mizvot nous séparer des nations pour ne pas disparaître, mais aussi לשם חינוך,c\’est à dire pour savoir comment se conduire quand on viendra habiter en Israël, car la véritable dimension et le véritable lieu de l\’accomplissement de la Thora ne peut se faire qu\’en Israël, de même qu\’un enfant ne commence pas à accomplir la Thora le jour de sa bar ou bath mitzva, mais depuis sa plus tendre enfance pour que cela devienne sa seconde nature!

  • mickael78

    Vous etes tellement bon ! clair, synthétique et intense, que D. vous couvre de bénédictions et que nous puissions encore très longtemps avoir la chance de suivre ces cours grandioses