15 Janvier 2013 – Les Psaumes- Un fils qui veut tuer son Pere

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : Psaume 3 \ »Mizmor leDavid, voici le chant de joie que David a chanté, lorsqu’il fuyait devant son fils Avshalom.\ » Comment un homme peut-il chanter de joie, lorsque l’un de ses fils le poursuit pour le tuer et prendre le pouvoir à sa place ? D’autant plus que \ »Mizmor\ » fait allusion à une situation d’allégresse et de joie profonde !

\ »Combien sont nombreux mes détracteurs, combien puissants ceux qui se lèvent contre moi\ », verset que Rashi explicite : tous ceux ayant un pouvoir dans le royaume, soit un pouvoir de richesse, ou d’influence, ou de sagesse, et les plus grands dans la Torah, tous s’opposent à lui. \ »Ils disent, au sujet de mon âme : il est sûr qu’Hachem l’a abandonné et ne le sauvera pas…. Et Toi, Hachem, sois mon bouclier… Sache que j’ai confiance en Toi.\ » Tous le jugent, sur le plan spirituel, et disent qu’il n’a plus ni salut ni avenir même sur le plan spirituel. \ »Mais sache que j’ai une telle confiance en Toi que je vais m’allonger et je suis sûr que je vais m’endormir…\ » David nous indique le chemin de la véritable confiance en Hachem.

Il termine : \ »La délivrance appartient à Hachem, et sur Ton peuple tes bénédictions.\ » Alors que tout le Psaume le concerne lui, qui est en danger, il termine en parlant de la délivrance et des bénédictions pour Israël, et en demandant la délivrance de tout le peuple. Quelle est l’intention de David et quel rapport voit-il entre les deux ?

Le Radak explique que, \ »tant de Maîtres d’Israël s’opposaient à David parce qu’ils voyaient, dans la révolte de son fils contre lui, la punition de sa faute avec Batsheva\ » : selon le principe \ »mida ké negued mida\ », si tu veux savoir quelle est ta faute, regarde quelle est ta punition. Tant que le peuple ne voyait pas que David était puni, tout le monde pensait qu’il n’avait pas vraiment fauté, mais quand on vit que de sa propre famille s’était levé celui qui voulait le tuer, les sages ont dit : c’est la preuve du ciel qu’il a perdu son âme ; il a voulu prendre une femme et avoir des enfants avec elle, et la punition est dans le même domaine, puisqu’un enfant de David se dresse contre lui. Ils virent dans Avshalom l’instrument de la Providence, et se joignirent à lui, dans une révolte spirituelle et morale contre David, au nom de la Torah.

Comment, donc, peut-il écrire un \ »chant de joie\ » ? Toujours selon le Radak, David a compris : \ »si j’avais été jugé par la Providence pour adultère et assassinat, ma punition aurait été d’être tué immédiatement, dans mon royaume même.\ » Au contraire, il est obligé de quitter Jérusalem et de s’exiler. Or, il y a un principe selon lequel la galout est une kapara sur toutes les fautes. Quand un homme est passible de mort, mais Hachem veut l’épargner, la peine est la galout. De la même façon, quand un décret de mort pesait sur Israël, Hachem nous envoyait en galout, et c’est ainsi que nous avons été sauvés de la disparition. Finalement, en nous chassant de notre Terre, ceux qui nous ont envoyés en galout nous ont sauvés !

Le fait qu’il soit chassé et en exil suffit à ôter de lui tous les décrets, et il a une kapara pour tout ce qu’il a fait. C’est pourquoi il peut aller dormir paisiblement, car il ne pourra rien lui arriver d’autre.

Il a chanté. Car David cherche dans sa situation dramatique les points de lumière, sur lesquels s’accrocher et transformer l’obscurité en lumière. Il minimise sa souffrance, en prenant conscience que cela aurait pu être pire, et qu’Hachem le juge avec une grande clémence. Nous sommes tous ici pour nous nettoyer, et tout ce qui nous arrive est un nettoyage. Nous pouvons toujours transformer nos difficultés en chant.

David cherchait à comprendre la raison de ce qui lui arrivait. Comment son propre fils a-t-il pu se dresser ainsi contre lui ? C’est irrationnel ! Le Radak continue : \ »Nos Maîtres expliquent que ce Psaume vient tout de suite après le Psaume 2, qui parle de la guerre de Gog et Magog\ ». Un midrash dit : \ »si un homme te dit : un serviteur ne peut se révolter contre son maître, tu lui répondras : un fils peut-il se révolter contre son père ? Cela s’est passé, et cela se passera.\ » C’est l’histoire de David avec son fils qui nous permet de comprendre ce qui se passera dans la guerre de Gog et Magog. Car nos Maîtres y voient le microcosme de ce qui se passera par rapport aux nations, et c’est pourquoi le Psaume se termine à propos des nations et du sauvetage d’Israël. David chante car il comprend que son conflit avec son fils est un message concernant le conflit des nations contre Israël et que, de même qu’il a été sauvé, Israël le sera aussi !

Nos Maîtres disent que la dernière révolte des nations contre Israël sera aussi irrationnelle et inattendue que la révolte d’un fils contre son père : allusion au fait que la guerre de Gog et Magog ne viendra pas de nations ennemies, mais de ceux que l’on appelle fils, c’est-à-dire de nos meilleurs amis. Et, quand on nous dira que c’est impossible, nous répondrons : la révolte d’Avshalom contre David en était la préfiguration. Cette nation fils se révoltera un jour contre son père et sera à la tête des armées de Gog et Magog. Et c’est pourquoi le Psaume se termine par une prière pour Israël.

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Category: Les Psaumes
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