1 Mai 2012 Tania – Il faut savoir mais ne pas voir-

Télécharger Vidéo Télécharger Audio Chaque Nom du Maître du monde est un habit correspondant à la manière dont Il agit dans Son monde. Le Nom Elokim fait allusion à Son action de gvoura (de puissance et retenue), c’est-à-dire à Sa capacité de Se voiler, pour nous permettre de prendre des responsabilités et de réaliser le Projet tel qu’Il nous le demande.

« C’est pourquoi la guematria de la nature est la même que celle d’Elokim. Car la nature est l’enveloppe pour cacher la lumière divine…» La nature donne l’impression de fonctionner sans rapport avec le divin, et elle semble même contredire le divin (par exemple, les catastrophes, maladies…) Souvent elle va à l’encontre des principes de la Torah (par ex, les pluies ne tombent pas forcément dans des régions où les habitants se comportent bien).

« Sache que cela était nécessaire, car ce Nom Elokim sert de protection à l’autre Nom, le Nom de l’essence de Dieu, Awayé. La lumière et l’énergie qui proviennent d’Awayé ne devait pas apparaître aux créatures, car nous disparaîtrions. Et cette force du Maître du monde est la plus grande des bontés. ». Le Nom Awayé est voilé afin qu’il puisse y avoir construction. Et ce voilement est l’acte de bonté (de ‘Hessed) le plus grand que Dieu puisse faire à notre égard, encore plus grand que s’Il Se dévoilait à nous. C’est le ‘Hessed qui construit le monde, « Olam ‘Hessed ibané ».

Le Talmud dit : « Tous les jours une voix céleste sort et dit : le monde entier est nourri par le mérite de Hanina mon fils ». Tout existe et fonctionne grâce aux énergies qu’Hachem a mises dans la matière. Les Maîtres révèlent que, par les mérites d’un juste existant dans la génération (à l’époque Hanina), le canal de la bénédiction est ouvert, et elle circule dans tous les canaux, et se répand dans le monde entier.

Il s’agit d’une chaîne où ce que nous recevons provient, aussi, des mérites des générations qui nous ont précédés, et de celles qui nous suivrons. Les Maîtres disent que, s’il n’y avait plus un seul Juif qui pratique la tsedaka, toute la vie s’arrêterait. La pratique du shabbat, aussi, conditionne l’existence d’une lignée familiale qui pourrait disparaître, s’il n’y avait plus suffisamment cette énergie de connexion.

Ce qui fait fonctionner le monde, ce sont toutes ces connexions, ces lois du Maître du monde, qui créent des canaux permettant le passage des énergies et de la vie du monde. Chaque homme est connecté. C’est l’échelle de Yaakov où les anges montent et descendent. Yaakov a vu le principe des connexions. L’endroit du futur Temple est « la porte du ciel » car ces connexions, partant de Dieu, arrivent à l’endroit du Bet HaMikdash, puis se répartissent dans le monde entier. C’est le principe du cerveau (le Maître du monde) et du cœur (l’endroit privilégié du Bet haMikdash), puis du sang qui circule dans le corps entier.

C’est pourquoi les Maîtres disent que, dans chaque génération, il faut des pauvres, auxquels on puisse donner, car c’est l’une des connexions les plus importantes par lesquelles passe la bénédiction de Dieu : « plus grand est le bien que fait le pauvre au riche que celui du riche au pauvre. »

Dieu a voilé ces connexions, sinon la vie s’arrêterait. En effet, si nous en avions conscience, nous chercherions seulement les temps et les lieux de la connexion spirituelle, par exemple, nous nous contenterions d’attendre le Shabbat. Mais, pour que Shabbat ait un sens, il faut qu’il soit un arrêt, et donc qu’il y ait auparavant un effort ; de même, pour que l’on ait conscience de l’abondance, il faut qu’il y ait aussi le manque.

Ces connexions existent, mais elles doivent être voilées : « Le Chem Elokim protège le Chem Awayé. » En quoi le Chem Awayé serait-il en danger si on le voyait ? Toutes nos connexions et notre relation avec Lui seraient seulement par intérêt, pour recevoir de Lui ! Dieu nous aime et veut que nous ayons avec Lui une relation désintéressée. Nous devons savoir, mais ne pas voir !

La pire des fautes n’est pas de ne pas croire en Dieu, mais de vivre pour recevoir de Lui, car c’est l’opposé de l’essence d’Hachem, qui est de donner sans aucune attente en retour.

C’est pourquoi Il a même donné à la nature le pouvoir de Le contredire, pour que nous fassions les choses, non dans le but de recevoir, mais seulement pour la relation avec Lui. Ne pas voir les connexions préserve et entretient notre relation désintéressée avec Hachem.

Pour cette raison, aussi, quand nous nous rapprochons de Lui, ou quand nous « montons » en Israël, ou commençons à observer le Shabbat, etc… au début, c’est très difficile, afin de nous tester et de nous nettoyer de tout intérêt.

Dans le monde à venir, les problèmes ne disparaîtront pas. Le Talmud dit que : « ceux qui sont attachés à la Torah n’auront jamais de repos, ni dans ce monde, ni dans le olam haba. Ils iront de guerre en guerre. ». Mais les problèmes s’élèveront à un niveau tel que les difficultés vaudront la peine d’être vécues. Ce ne seront plus des douleurs d’agonie, mais des douleurs d’enfantement, des combats pour construire le monde.

La vraie prière est la demande d’une association avec Hachem, et c’est le juste milieu, difficile à trouver : à la fois, je dois me prendre en charge réellement et faire toute ma part mais, en même temps, je dois y associer le Maître du monde, n’oubliant pas Sa part, pour laquelle je Lui suis reconnaissant et je Le remercie.

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Category: Livre du Tania
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