Les armes CON-ventionelles -2 Septembre 2013

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : Il y a, dans notre calendrier, le lendemain de Rosh HaShana, un jour de jeûne dont les causes sont peu connues, c\’est le jeûne de Guédalia. Pourquoi ce jeûne, précisément pendant les 10 jours du \ »retour\ », de téshuva ? Quel message devons-nous en recevoir?

Lors de la destruction du 1er Temple par Nabuchodonosor, la grande majorité d\’Israël a été, soit exilée, soit détruite. Le prophète Jérémie parvint à gagner la confiance de Nabuchodonosor, et obtint qu\’une présence juive puisse subsister, en Eretz, avec à sa tête l\’un de ses élèves, Guédalia, qui était un grand juste. Mais, durant les combats, une partie d\’Israël était parvenue à se cacher, notamment des soldats avec à leur tête Ishmaël. Celui-ci décida de s\’emparer du pouvoir et monta un complot pour assassiner Guédalia. Deux de ses officiers prévinrent Guédalia de ne pas se rendre au rendez-vous fixé par Ishmaël, mais il ne voulut pas en tenir compte, et fut assassiné.

Guédalia était un juste authentique. Il savait que la cause cachée de l\’exil et de la destruction était la défaillance morale et spirituelle d\’Israël. Le Rambam dit que, \ »lorsqu\’une barre en fer est restée longtemps tordue, avant de pouvoir lui redonner sa forme première, il faut d\’abord la tordre à l\’extrême opposé\ ». Il en est de même avec nous, ou avec une nation : pour reconstruire Israël, il fallait qu\’il soit refondé sur des bases morales et spirituelles très solides. Or, la faute la plus grave, dans le Judaïsme, est le lashon hara : parler, ou écouter parler mal de quelqu\’un. Rien ne détruit le tissu de la nation, ou de la famille, comme parler les uns des autres. C\’est pourquoi Guédalia refusa d\’écouter ce qui lui était dit sur Ishmaël, vaillant soldat perçu par tous comme un héros, et nécessaire à la nation à reconstruire. Guédalia choisit de faire confiance à Hachem qui interdit d\’écouter et de croire le lashon hara ; il se rendit au rendez-vous, sans même se faire accompagner d\’une escorte. Quand Nabuchodonosor apprit qu\’il avait été assassiné, il envoya une nouvelle fois son armée en Israël, et y élimina toute présence juive en Israël. Durant 52 ans, il n\’y eut plus un seul Juif en Eretz, ce qui est un fait unique dans toute notre histoire.

Nous jeûnons, ce jour-là, car la mort de Guédalia scella véritablement l\’exil d\’Israël. Mais pourquoi ce jeûne se situe-t-il entre Rosh HaShana et Kippour ? Quel message Hachem veut-Il nous donner ? Nous aurions tendance à penser que Guédalia était un grand homme de foi et de confiance en D. et qu\’il a été jusqu\’au bout du sacrifice, pour l\’éternité de la nation. Mais tous nos Maîtres disent qu\’il est mort à cause de son imprudence, et c\’est son erreur qui a causé la destruction totale d\’Israël. Il aurait dû être prudent, mais il a été perdu par un excès de morale et de religiosité.

Pourquoi la Providence a-t-elle voulu que cette commémoration tombe précisément durant cette période ? Elle est, pour nous, un enseignement extraordinaire. Car, souvent, la morale et les religions paralysent l\’homme juste, ou pacifique, et l\’empêche d\’analyser correctement la réalité et les dangers. La presque totalité des victimes tuées par le mal ont été des gens très moraux, qui avaient foi et confiance, et un grand idéal. Mais le monde ne fonctionne pas ainsi. Les méchants connaissent la mentalité des gens moraux et religieux, et ils en profitent pour éliminer le bien. La Torah nous montre que la morale est bonne et nécessaire, sauf quand les méchants peuvent l\’utiliser pour faire du mal aux bons car, lorsque le mal gagne, le monde est détruit.

Par exemple, dire \ »quand on te frappe sur la joue droite, tends l\’autre joue\ », est en réalité un crime moral ; si je me souciais vraiment de l\’autre, je l\’empêcherais de me frapper, même dès la 1ère fois, pour lui faire comprendre qu\’il fait le mal. Si j\’aimais les hommes, je chercherais à les sauver et les aiderais à changer. Cela est vrai, aussi, au niveau de notre nation. Si nous sommes bons vis-à-vis de nos voisins dans le but de montrer au monde qu\’Israël est un pays moral, et si nous pensons que nos ennemis s\’en souviendront, nous nous illusionnons. Certes, nous devons faire le bien, mais simplement parce que c\’est notre devoir d\’être humains, sans rien attendre en retour ! De toute façon, lorsque l\’on est en face d\’un rasha, d\’un méchant, il ne comprend que le langage de la force ; c\’est la seule chose qu\’il respecte. Nos ennemis voient notre morale et notre bonté comme des signes de faiblesse, qui les confortent dans leur idée qu\’il faut nous éliminer ; pour eux, nous sommes des lâches et des faibles qui doivent disparaître. Ils voient dans nos actions tout le contraire de ce que nous y mettons !

La Providence a voulu que ce général juif se soit appelé Ishmaël et la Torah nous donne, dans cet épisode, un message éternel : avec Ishmaël, et avec le comportement ishmaélite, nous ne pourrons jamais gagner en faisant preuve de bonté et de morale, car le seul langage qu\’il comprenne et respecte est celui de la force.

Ce jeûne se trouve entre Rosh HaShana et Kippour, pendant les sli\’hot où il nous est demandé de nous moraliser et de nous spiritualiser, pour nous rappeler aussi que nous sommes dans un monde bien réel et concret, où nous ne pouvons laisser les méchants dominer et détruire les bons. Ce message est d\’autant plus important aujourd\’hui, en raison de l\’actualité, et du dialogue entre l\’occident et la Syrie. Nous devons avoir conscience du fait que nos mentalités sont totalement étrangères et opposées les unes aux autres. Pour eux, le but justifie tous les moyens, même l\’utilisation la plus brutale de la force et, à leurs yeux, il n\’y a rien de mauvais ou méchant en cela.

Nous voyons, d\’une côté, l\’utilisation sans limite de la force et, de l\’autre côté, l\’hypocrisie sans limite au nom de la morale. Il nous est demandé de savoir unir la force et la morale, qui sont toutes les deux nécessaires. Nous devons apprendre à devenir des hommes moraux, mais qui se battent aussi contre le mal, pour l\’éliminer. Nous devons nous battre, tout en restant parfaitement moraux.

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