18 Juin 2012 -Zohar- la Lettre Sameh– (troisieme cours)- Centre de la Kabbale, debauche, ou les Secrets de la Torah, piliers et soutien du monde

Télécharger Vidéo Télécharger Audio Hachem dit au same’h qu’Il ne peut créer le monde avec lui, car il faut qu’il reste caché. Le same’h représente la présence d’Hachem voilée dans le monde, et « si Je te laisse te propager dans le monde (et dévoiler que tu lui donnes vie), quand les hommes vont fauter, leurs fautes vont t’atteindre aussi et, quand le Yessod et la Mal’hout vont s’écrouler, qui va soutenir ceux qui tombent ? »

« C’est pourquoi Hachem a décidé que la lumière du same’h (Bina) ne peut se dévoiler dans le monde. Seule la lumière du mem satoum (Tvouna) se dévoile car, même lorsque les créatures fauteront et atteindront la lumière du mem, il restera encore un pilier du monde, la lumière du same’h, complètement cachée dans la ‘Ho’hma, et les fautes ne peuvent atteindre cet endroit. »

Le cours nous explique d’abord qui est le Matok MiDvash et nous parle des grands tsadikim nistarim, justes qui doivent rester cachés, afin de recevoir la lumière du same’h qui ne peut être révélée qu’à des réceptacles acceptant de rester dans l’ombre, jusqu’au moment où Hachem décide qu’ils doivent être dévoilés (comme Rashbi ou le Ari HaKadosh, qui ont passé leur vie pratiquement méconnus).

Un Midrash explique que la lumière créée par Hachem le 1er jour, alors qu’il n’y avait pas encore d’astres, fait allusion à une lumière spirituelle très élevée. Elle est la racine en haut de toutes les lumières qui en sont dérivées en bas. Elle était tellement forte que le 1er jour se termine par « jour un », « yom e’had », car tout était encore un, et rien ne voilait Dieu. Mais le midrash dit qu’« Hachem vit que les méchants qui allaient venir dans l’histoire ne mériteraient pas cette lumière, et Il l’a cachée, en attendant qu’elle se puisse se dévoiler à la Délivrance. » C’était la lumière du same’h.

On remarquera que, dans notre tradition, same’h mem désigne aussi les forces du mal (les fausses religions et les négations de Dieu). On ne prononce pas leur nom, mais on l’abrège dans ces mêmes 2 lettres, pour montrer que le mal est celui qui veut copier le bien, puis prétend être mieux que celui dont il usurpe l’identité.

Dans la ‘Hassidout, on explique qu’il y a 2 niveaux dans la Torah : le mem représente le niglé, la partie visible, dévoilée, qui nous apporte la sagesse et la connaissance, afin de savoir comment nous devons vivre. Le same’h évoque le nistar, la partie cachée de la Torah, qui nous donne les forces nécessaires et nous soutient. Plus le monde est en difficulté, et plus il est nécessaire d’étudier les secrets de la Torah, car l’homme est beaucoup plus en danger moral et spirituel qu’auparavant. Les secrets de la Torah apportent force et soutien, dans ce monde malade.

Mais cette partie cachée, si elle est déviée de sa vraie mission, fait tomber les méchants. Le Zohar nous révèle que, lorsque la lumière des secrets se dévoile en dehors du contexte particulier de soutenir Israël et de lui donner des forces, les dévoilements sont très dangereux, et mettent en péril celui qui dévoile et ceux à qui l’on dévoile. Car on peut vouloir étudier et comprendre les secrets de la Torah simplement par curiosité, pour le seul fait de connaître. Or, on remarquera que Kabbala a la même valeur numérique que noef, celui qui se débauche sexuellement. Il y a donc un lien entre la destruction morale de l’homme, la débauche sexuelle, et une approche malsaine des secrets de la Torah. Le same’h ne doit pas se dévoiler dans le monde car, s’il se dévoile, non seulement cela n’empêchera pas les méchants d’exister, mais au contraire, cela va les faire tomber encore plus.

Il ne peut donc se dévoiler qu’en tant que some’h, qui signifie en hébreu « soutien ». Rashbi nous donne ici une clé fondamentale pour comprendre l’histoire du dévoilement des secrets de la Torah : c’est au summum des persécutions romaines que Rashbi dévoile le Zohar ; c’est au moment de l’Inquisition que le Ari HaKadosh dévoile la Kabala ; et c’est après les massacres des cosaques que se dévoile la ‘Hassidout. Le Baal Shem Tov dit que « le Am Isr était tombé dans un coma tel que plus rien ne pouvait le réveiller» et il fallait une nouvelle lumière.

Cette lumière des secrets est donc révélée dans des moments particuliers où, sans elle, Israël s’écroulerait. De même, nous aussi, devons étudier pour y chercher des forces car, dans cette partie de la Torah (et seulement là) se cachent des forces inimaginables, capables de soutenir un Juif dans n’importe quelles circonstances, afin de traverser toutes les épreuves et d’arriver jusqu’à la Délivrance finale.

Notons qu’aujourd’hui est un jour particulier : nous sommes koa’h sivan, la force du mois de la Torah. Ce jour-là se dévoilent dans le monde toutes les forces de la Torah, que l’on ne peut recevoir aucun autre jour de l’année !

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Category: Zohar
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