18 Avril 2013 -Paracha Kedochim- Lorsque la morale pue ! Premier cours

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MP4 MP3 RESUME DU COURS : Rashi nous dit que se trouvent, dans cette paracha, tous les principes fondamentaux de la Torah. On y trouve, en particulier, de façon condensée, les principes de la relation à autrui, et comment se comporter avec son prochain. \ »Quand vous portez un jugement, ne commettez pas d\’abomination\ », c’est-à-dire, n\’ayez pas de jugement abominable : \ »ne favorisez pas le pauvre, et ne faites pas non plus de favoritisme pour le puissant. Vous devez rendre un jugement qui soit juste.\ »

Rashi commente que c\’est une abomination de faire du favoritisme : \ »ne te dis pas, toi le juge, que cette personne est misérable et n\’a pas de quoi manger, et celui contre lequel elle est en conflit a de l\’argent ; ne te dis pas que le riche a le devoir de lui faire la tsedaka, et qu\’on va la donner à ce pauvre-là. La Torah dit que c\’est une abomination de juger ainsi. Ne te dis pas que tu fais faire au riche une mitsva extraordinaire, de laquelle il ne pourra même pas s\’enorgueillir….. Et ne te dis pas, toi le juge, que cet homme est riche, respectable, et comment pourrais-je lui faire honte ?\ » Même si l\’autre est un délinquant, et qu\’il est quelqu\’un de très bien, nos Maîtres disent que ce serait un jugement abominable. Pourtant, cela semble fondé sur une morale très haute, et des valeurs très nobles (le riche doit donner la tsedaka ; et comment faire honte à quelqu\’un de respectable, etc….), mais c\’est un jugement abominable, car la vérité est falsifiée.

La Torah emploie, ici, le même mot que pour les 3 interdits, pour lesquels il faut se laisser tuer plutôt que de les enfreindre : meurtre, débauche et idolâtrie. Pourquoi le juge qui est animé de très bons sentiments est-il mis sur le même plan que le meurtre, etc…?

Le titre de la paracha est toujours l\’identité de la paracha, et le sujet de tous les points qui y sont abordés. La kedusha signifie, s\’éloigner de la débauche, mettre des barrières entre soi et la débauche.

La Torah nous apprend ici que tout excès moral sur le compte de la vérité prouve que la personne a des problèmes sexuels. Celui qui est capable de transformer la vérité pour la morale, est un idolâtre de son sens moral ; il est un meurtrier, car il condamne un innocent et fait couler son sang (en hébreu, damim signifie, à la fois, le sang et l\’argent). Mais en quoi tout excès moral prouve-t-il qu\’il y a un problème sur le plan sexuel ? La sexualité est le domaine le plus fort des émotions et, si l\’on ne sait pas limiter et gérer ses émotions dans ce domaine, on ne pourra pas les limiter dans les autres domaines. Dans tous les domaines où l\’émotion va se dévoiler en nous, elle prendra le dessus sur nous. De la même manière qu\’elle prend le dessus sur le plan sexuel, elle prendra aussi le dessus sur le plan moral.

Car il y a 2 catégories dans la morale : la morale pour la morale, et une morale qui est fondée sur l\’émotion. Dans la 2ème, le juge n\’arrive pas à gérer ses émotions, et il ira contre la vérité qui est au niveau du cerveau. Une émotion est coupée du cerveau, alors qu\’une qualité est liée au cerveau. La Torah révèle, ici, que toute exagération morale, et toute personne qui a un sens moral exagéré, cachent en réalité un problème sexuel. C\’est pourquoi la paracha s\’appelle kédouchim.

C\’est la morale juive authentique : on doit chercher la vérité, au lieu de fonctionner suivant le cœur. Car ce monde fonctionne aussi d\’après le cerveau, et pas seulement d\’après le cœur ; tout ce qui est émouvant n\’est pas forcément vrai. Ce n\’est pas parce qu\’une personne est malheureuse qu\’elle a forcément raison, et les autres tort.

La paracha continue \ »Tu ne seras pas comme un colporteur au milieu de ton peuple, et tu ne resteras pas sans rien faire sur le sang de ton frère.\ » Rashi explique : si tu vois ton frère en danger de mort, et que tu pourrais le sauver, tu as l\’obligation de l\’aider, même si tu te mets en danger.

Quel est le rapport entre le début du verset et sa 2ème partie ? Cela signifie que, si on risque de nuire à ton frère, tu as le devoir de parler mais, si tu parles à des gens qui ne sont pas concernés, et qui ne risquent pas de souffrir de ce que tu racontes, alors c\’est du colportage. Il y a un lien avec le 1er verset car, dans le 2nd aussi, quelqu\’un animé d\’un sens moral très fort pourrait vouloir parler, mais la Torah nous dit qu\’on ne peut le faire que s\’il y a un intérêt concret à ce que la vérité soit connue. Dans le 1er verset, la morale veut prendre le pas sur la justice et, dans le 2nd cas, elle veut prendre le dessus sur la vérité (je veux que le monde sache) mais, dans les deux cas, la Torah condamne cette morale. Il faut avoir la preuve absolue que ce que l\’on dit est utile pour celui qui va l\’entendre, sinon on doit se taire.

Est élaboré ici, verset après verset, ce qu\’est la fausse morale : c\’est une morale exagérée.


30 novembre -0001