18 Mars 2013 -Talmud- La belle et la bete

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MP4 MP3 RESUME DU COURS : Si, pendant la naissance, \ »l’enfant a sorti sa tête et met la mère en danger, on ne peut le toucher (on ne peut rien faire pour sauver la mère) à cause du principe fondamental qu’\ »on ne repousse pas une vie pour une autre vie\ ». Ce n’est pas à nous de choisir entre les deux vies. Comment pourrait-on décider que la vie de l’enfant est moins importante que la vie de la mère ? Au contraire, si l’enfant est encore complètement à l’intérieur de la mère mais, en sortant, il risque de tuer la mère, on a le devoir d’empêcher l’enfant de tuer la mère, car ce n’est pas choix entre deux vies : il n’a pas sorti la tête et n’est pas encore considéré comme un être vivant autant que sa mère. Certes, c’est à partir de 41 jours après la conception qu’il est considéré comme être vivant, et on ne peut donc pratiquer l’avortement, qui est un meurtre (sauf si la vie de la mère est en danger.). Mais, tant qu’il n’a pas sorti la tête, il est encore un vivant en devenir et, s’il y a un risque évident de danger pour la mère, les médecins, avec un Rav compétent en la matière, décident ce qui doit être fait.

La Guemara s’étonne, car devrait s’appliquer sur l’enfant le statut de rodef : celui qui met en danger la vie d’un autre doit perdre la vie, même si l’enfant n’est pas responsable. Par exemple, le statut de rodef s’applique à une personne qui n’est pas consciente, notamment à un enfant qui poursuivrait quelqu’un pour le tuer. Pourtant, l’enfant est mineur, non responsable de ses actes. La Guémara demande pourquoi ne pas appliquer ici le même principe : on n’a pas le droit de vivre sur le compte des autres. Pourquoi n’arrête-t-on pas la vie de l’enfant, ici aussi ? La réponse est que, dans le cas du bébé qui tuerait la mère en naissant, \ »c’est le ciel qui poursuit la mère, et ce n’est pas le bébé.\ »

L’enfant qui naît n’est ni responsable, ni conscient, et on considère donc que c’est comme un décret sur la mère. L’enfant n’est qu’un instrument de la Providence.

Mais, dans ce cas, qu’il s’agisse de quelqu’un malade, ou pris en otage, ou dans un danger quelconque, on pourrait toujours dire que c’est la Providence qui l’a mis dans cette situation. Mais la différence fondamentale est que, pour le bébé, c’est au médecin de tuer l’enfant pour sauver la mère. On lui dit : tu n’as pas le droit car ce serait se substituer au Maître du monde, si l’on tue pour que la mère vive. Au contraire, on a le devoir de tuer l’enfant qui poursuit quelqu’un, pour sauver le poursuivi. Car il n’y a pas de décret de la Providence sur le poursuivi. Le poursuivant est ACTIF, que ce soit un adulte totalement responsable, ou que ce soit un mineur (que l’on doit tuer, mais qui ne pourrait être jugé, car il n’est pas responsable de ses actes). Alors que le bébé est PASSIF. Il est seulement un INSTRUMENT de la Providence.

Tout ce qui existe est utilisé par Hachem pour qu’arrive Sa volonté. Quelle est donc la différence entre le bébé et l’enfant ? Quand Hachem Se sert d’un vivant pour punir quelqu’un, s’accomplit le principe \ »mégalguélim ‘hova al yadei ‘hayav\ », pour frapper, D utilise quelqu’un qui est mauvais. Certes, Il aurait pu Se servir d’un objet très lourd qui tombe et tue quelqu’un ; ou d’un homme qui jette le même objet. Pourquoi, parfois, l’objet tombe seul, et d’autres fois, D Se sert d’un tueur ? Pour la victime, cela ne change rien mais, pour ce qui est de l’auteur, cela signifie forcément que c’est une crapule, puisqu’il est utilisé pour tuer. Mais ce principe s’applique seulement si l’instrument humain est actif. Au contraire, si l’instrument humain est inactif, comme le bébé qui n’a pas sa propre autonomie, il est utilisé comme un objet qui tombe. Le Maître du monde Se sert d’hommes mauvais pour faire le mal, et donc on peut les tuer. Celui qui a été utilisé, même à son insu, pour faire du mal à autrui, cela signifie qu’il est mauvais.

De la même façon, s’il est utilisé, même à son insu, pour faire le bien, cela signifie forcément qu’il est quelqu’un de bien. Rabbi Shimon disait que, lorsque D. aime quelqu’un, Il lui envoie un pauvre à aider. Il faut avoir de grands mérites pour avoir, en face de soi, un véritable pauvre, quelqu’un ayant un véritable besoin, que nous pouvons aider et construire. Sauver quelqu’un n’est donné qu’à celui que D aime. Un mauvais ne peut être utilisé par Hachem pour faire du bien à autrui, pour construire quelqu’un et s’investir dans un projet qui construit le monde. D. ne donnera pas ce mérite à un homme mauvais. Hachem nous ferme toutes les portes du bien par rapport à autrui. Mais Il donne à quelqu’un qu’Il aime de pouvoir être un constructeur du monde !


30 novembre -0001