19 Aout 2012 -Zohar- La lettre Youd- premier cours- Partir a la recherche de l´autre

0 vues

MP4 MP3 Le youd se présente, à son tour, devant Hachem : \ »Si Tu m’as choisi pour être la 1ère lettre de Ton Nom, Tu dois me choisir, aussi, pour créer Ton monde.\ » Le youd est la 1ère lettre du Nom ineffable que l’on ne prononce pas et qui désigne, non les qualités d’Hachem, mais Son Essence même.

Certes, on peut objecter au youd que le Nom Awayé n’apparaît pas, dans tout le récit de la création ; le monde a été créé avec le Nom Elokim qui désigne seulement une qualité de D. De plus, le monde s’appelle voile car il a été créé pour cacher la véritable essence des choses. Mais, en réalité, la Torah veut nous faire comprendre que tout le travail de l’homme est d’aller au-delà des voiles et de découvrir l’Essence. Toute l’histoire de la création est l’histoire d’une Essence cachée, qu’il nous faut dévoiler. Le youd, 1ère lettre de l’Essence, représente donc le but ultime, le Projet du Projet, ce qui doit être révélé, et il devrait donc figurer dès le début de la création, afin de nous rappeler le but de tout. L’homme doit aller à la recherche de sa propre essence, \ »le’h le’ha\ », va à la découverte de toi-même et de pourquoi tu existes ; et il doit aussi déchirer les voiles pour atteindre l’Essence du Divin, qui est l’Essence de tout. D’ailleurs, ces 2 chemins vers l’Essence se rencontrent car l’homme profondément bon, qui s’intéresse aux autres pour ce qu’ils sont vraiment, finira forcément par découvrir Hachem ; et celui qui cherche Hachem découvre toujours, aussi, les autres.

Le youd a donc une revendication plus forte que toutes les autres lettres, car cette découverte de l’Essence est le but de tout le Projet.

Pourtant, il est repoussé par Hachem : \ »Je ne peux te déraciner de Mon Nom pour te mettre au début de la création.\ » Ce que le Matok explicite : \ »´s’il était choisi pour la création, le youd ne pourrait plus être la 1ère lettre du Nom divin, car ce serait une chute terrible pour le youd de descendre tout en bas dans ce monde, et il y aurait une véritable catastrophe.\ » Mais pourquoi y a-t-il incompatibilité entre les 2 rôles ?

Le Ari HaKadosh pénètre le mystère de ce texte. Pour nous préparer à comprendre ce qu’il révèle, le Rav nous rappelle d’abord ce qui est dit dans notre paracha (Réé), concernant la mitsva de tsédaka, le devoir de justice et de se préoccuper des autres et de les aider, non seulement matériellement, mais surtout dans leurs besoins moraux et spirituels. Nos Maîtres disent que celui qui aide une personne malheureuse, en lui redonnant la joie et la force, est bénie de 11 bénédictions, c’est-à-dire qu’il reçoit une bénédiction qui est au niveau du Kéter. Il a comblé chez l’autre des besoins qui sont au-delà de ce monde matériel, et recevra donc une bénédiction qui est au-delà de toutes les limites de ce monde. Nos Maîtres ajoutent, même, que la Délivrance finale dépend de la tsédaka. Dans le Tanya, le Admor HaZaken affirme que, de toutes les mitsvot positives que nous avons à accomplir, c’est la plus importante, clé de la Délivrance d’Israël, et que \ »les exilés reviendront par l’accomplissement de cette mitsva\ ». Car, pour briser toutes les chaînes et les limites de ce monde, il faut que je renonce à mes droits, à ce qui est à moi, surtout à mes droits moraux, par une mitsva qui fasse tomber toutes les limites, sans calculer ni mon temps, ni mon argent, ni mes efforts, dans l’aide que j’apporte à autrui, et c’est ainsi que j’amène la Délivrance.

Le Ari HaKadosh révèle que le seul acte humain qui a le pouvoir de dévoiler le Nom et l’Essence du Divin, c’est la tsédaka. La pièce fait allusion au youd ; les 5 doigts de la main qui la tiennent évoquent le hé (de valeur numérique 5) ; le bras que je tends quand je fais l’effort d’aller vers l’autre a la forme du vav ; la main qui reçoit, avec ses 5 doigts, est le 2nd hé. Le seul acte qui me connecte à l’Essence est celui qui me connecte à l’autre lorsque je me soucie de lui ; et c’est moi qui je vais vers lui, afin de lui épargner l’humiliation de demander, car je me soucie de sa dignité, c’est-à-dire de son essence, de l’image de D. qui est sur lui. Et cela est vrai pour l’aide matérielle, mais bien plus encore pour l’aide morale et spirituelle que j’apporte.

Or, tout le Projet est de dévoiler l’Essence. Par mon acte, je prépare donc la Délivrance finale.


30 novembre -0001