19 Fevrier 2013 -Pourim- Donnez moi la vie !

Posté il y a 6 années by rav Haim Dynovisz
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MP4 MP3 RESUME DU COURS : La lettre hébraique qui prédomine, pendant la fête de Pourim, est le mem (les 4 mem) : on donne des matanot aux pauvres, on fait un festin (mishté), on lit la méguila et on fait des cadeaux de nourriture (mishloa’h manot) à son prochain.

Pourquoi le chiffre 4 et la lettre mem ? Le mem a pour valeur numérique 40, et il fait allusion aux 40 jours après la fécondation où, d’après la loi d’Israël, commence à se constituer l’être humain. Selon la Torah, à partir du 41ème jour, il y a vie. C’est pourquoi, chaque fois que se forme la vie, on retrouve le chiffre 40 : 40 jours pour que Moshé, sur le Sinai, reçoive les Tables. Puis, pour que cela devienne toute la Torah écrite et orale, il faut encore 40 ans dans le désert. La sortie d’Egypte correspond à la conception, et il faut 40 ans pour devenir un embryon, au moment de l’entrée en Erets. Ensuite, les 3.500 ans d’histoire qui suivirent sont la gestation, les 9 mois de grossesse jusqu’à la naissance qui est la venue du Mashiah. On comprend donc que notre peuple n’est pas encore né ; nous sommes à l’état embryonnaire. Le chiffre 4 et ses multiples, surtout 40, symbolisent tout passage de la graine matière à la graine vivante. C’est pourquoi il est parlé de 400 ans d’exil, et il fallut 4 mères, etc… Et le Nom de D. a 4 lettres.

A Pourim, nous avons à la fois le 4 (4 mitsvot) et le 40 du mem (des noms des mitsvot). Par le 40, nous entrons dans la 1ère étape de la vie, et donc : le mishté a pour but de nous faire entrer dans une relation vivante avec la nourriture ; la lecture de la méguila nous fait entrer de façon vivante dans la compréhension de l’aspect caché de l’histoire ; les manot ish léré’ehou, que nous donnons au prochain, nous font entrer dans une relation vivante avec l’autre ; et matanot la’évionim est la tsédaka qui a aussi pour but une relation vivante avec ceux dans le besoin. Donc, sans la fête de Pourim, on peut manger, lire l’histoire, avoir une relation avec l’autre, et faire la tsédaka comme le ferait un mort.

Que s’est-il donc passé, à Pourim ? Pourquoi l’atmosphère de joie liée à cette fête ? Quand en revient la date, se libèrent à nouveau les forces qui s’étaient dévoilées ce jour-là, et nous pouvons les capter, si nous avons les réceptacles que sont les 4 mitsvot liées au mem. Car nous avons failli être exterminés et disparaître, et se sont dévoilées de telles forces de vie que \ »vénaafo’h hou\ », tout s’est inversé et les forces de mort se sont transformées en explosion de joie. Au point qu’à la Délivrance, la joie de Pourim dépassera la joie de toutes les autres fêtes.

Ces 4 mitsvot sont porteuses de vie : La lecture de la méguila est faite dans la joie, bien qu’il s’agisse d’événements terrorisants. Car, dès le départ, ces événements ont été vécu par Mordéchai et Esther avec la emouna que tout se terminerait bien ; et tout le peuple a suivi (en effet, on ne voit pas, dans le récit, que le peuple s’oppose à Mordéchai, lorsqu’il refuse de se prosterner devant Haman, et même le provoque). Sa emouna était tellement forte qu’il sut la transmettre à tout le peuple ; c’est la certitude que l’on peut faire des actes qui mettent en danger Israël, mais que tout se passera bien ; car Mordéchai a su voir le signe de l’intervention divine, dans le choix d’Esther pour être l’épouse du roi. Cela nous enseigne à savoir comment lire un événement dramatique de notre vie, et déceler dans l’obscurité les points de lumière qui font qu’Hachem est en train de nous éprouver et, si nous ne nous inquiétons pas, tout se terminera dans une explosion de joie. C’est donc, pour nous, la fête porteuse du message le plus puissant et le plus nécessaire à notre existence : savoir que l’issue de nos difficultés dépend de notre capacité à voir la lumière qui est cachée dans l’obscurité. Comme Mordéchai a su voir le signe, dans le miracle du choix d’Esther, nous devons, nous aussi, voir les signes qui nous sont donnés et nous y accrocher jusqu’au bout. Si nous savons comment vivre dans l’espérance avec le mal, le mal produira ensuite pour nous un bien immense.

Quant au Mishté, il met en évidence la différence entre un banquet idolâtre et un repas de vie, où même le vin révèle ce qu’il y a au plus profond de nous, qui est la louange et le remerciement pour le Maître du monde. Dans les matanot aux pauvres, nous devons donner au moins 1 choses à 2 pauvres, pour nous montrer qu’il vaut mieux donner peu, mais à beaucoup de pauvres : je dois multiplier mon don, pour casser en moi cette charité de mort (où j’ai donné 1 fois, après quoi je me suis acquitté et je ne donne plus). Car, qui suis-je pour décider que telle personne n’a pas le droit de recevoir ? Je dois donner sans limites, et ainsi je construis la vie. Au prochain, je dois donner au moins 2 choses qui se mangent, pour montrer que je dois multiplier mon don et aller jusqu’au bout, dans la relation avec celui qui est mon ami.


30 novembre -0001