6 Mars 2013 -Paracha de la semaine- Vayakel Pekoude-Une Loi d´amour

MP4 MP3 RESUME DU COURS : Nous lirons, ce Shabbat, les deux dernières parachiot du livre de Chemot. Selon le principe qu’à la fin d’une chose importante, se trouve caché le pourquoi de toute la chose, on doit trouver, à la fin de ce livre (qui parle de la sortie d´Egypte et de la naissance d´Israël), la finalité de cette sortie et de cette naissance. Le Baal HaTourim met en évidence une expression qui est répétée 18 fois, sans qu’elle soit nécessaire : à chaque fois qu’il est dit que Moshé fit quelque chose pour la construction du Mishkan (Tabernacle), il est précisé \ »kaasher tsiva Hachem et Moshe, selon ce que D ordonna à Moshé\ ». Le Baal HaTourim explique que, \ »pour réparer ce que Moshé avait dit \ »efface-moi de Ton livre\ », la Torah a multiplié ici le nombre de fois où elle le cite.\ »

En effet, après la faute du veau d’or, pour qu’Hachem pardonne à Israël, Moshé avait dit \ »si Tu ne leur pardonnes pas, efface mon nom de Ton livre.\ » Cela signifiait que Hachem donnerait Sa Torah, mais cela ne passerait plus par Moshé. Finalement, Hachem pardonna à Israël, et le nom de Moshé ne fut pas effacé, mais ce qui sort de la bouche d’un homme (surtout comme Moshé) laisse toujours une trace, et son nom fut effacé de la paracha Tetsavé. Or, c’est l’une des parachiot où l’on voit le plus Moshé agir : tout ce qui y est dicté passe par lui. Mais il est dit chaque fois \ »et tu\ », et jamais son nom n’est cité. Mais, comme son nom ne méritait pas d’être enlevé de la Torah, dont il fait partie de façon inséparable, Hachem a réparé ce manque : ce qu’Il a enlevé d’un côté, Il l´a rajouté de l’autre : dans la dernière paracha, le nom de Moshé revient 18 fois, alors que ce n’était pas nécessaire.

\ »Et sache que c’est à cause de ces 18 répétitions qu’on a institué le Shmona Essré (les 18 bénédictions de notre prière principale, qu’on appelle Amida, ou Shmona Essré). Ainsi, le Baal HaTourim relie la prière d’Israël avec la fin du livre de Chemot, le nom de Moshé, et aussi la faute du veau d’or. \ »Mais tu compteras qu’en réalité il y a un 19ème verset, où il est dit \ »ils ont fait selon ce que D avait demandé\ ». Cette fois-ci, il est parlé d’Israël, mais c’est la même forme grammaticale que dans les 18 répétitions concernant Moshé, et cela est répété, là aussi, sans aucune nécessité.

Le Baal HaTourim explique que cette 19ème fois est en rapport avec la 19ème bénédiction instituée par Shmuel HaKatan par rapport aux Minimes. C’est Ezra qui, avec son tribunal, institua les 18 bénédictions, en rapport avec ces versets de la fin du livre de Chemot où Moshé est sur-cité. Puis, au début de l’exil d´Edom, environ 500 ans plus tard, Shmuel HaKatan (l’humble) y a rajouté un 19ème texte, contre les Minimes. Pourtant, 2000 ans plus tard, on appelle toujours la prière \ »Shmona Essré\ », 18, bien que durant 2000 ans on ait prié avec 19 bénédictions.

Le 2ème Temple a été détruit à cause de sin’at ‘hinam, la haine gratuite. Il y avait beaucoup de sectes, qui se haïssaient, notamment 2 qui étaient à l’extrême opposé l´une de l´autre. Toutes deux étaient critiquées par le Judaïsme authentique, les Maîtres d’Israël appelés les Tanaim, L’une, appelée dans le Talmud \ »les Proushim\ » (traduit ensuite par \ »Pharisiens\ »), avait vidé la loi de son cœur, la transformant en oppression au lieu de libération. Nos Maîtres les critiquaient de façon virulente et les ridiculisaient, disant bien qu’ils ne représentaient en rien le peuple juif et le Judaïsme authentique. Dans tous les domaines de la pratique des Pharisiens, nos Maîtres étaient en guerre contre eux. Cette secte a finalement disparu, et nous sommes les héritiers des Tanaim. Mais, par ses excès, cette secte a engendré une révolte au sein d’Israël : les Esséniens qui, au début, étaient encore une secte juive authentique, mettant l’accent sur le cœur, mais sans négliger la loi. Puis en sont sortis les 1ers chrétiens qui étaient juifs, et c’est eux que nos Maîtres appelaient dans le Talmud les \ »Minimes\ ». Ils causèrent des dégâts encore plus grands que les Proushim (car le judaïsme déformé et dur des Proushim ne pouvait attirer un grand nombre de Juifs, alors qu’au contraire tout le monde veut une religion fondée sur le cœur !) Shmuel HaKatan institua la 19ème prière, pour demander à Hachem de garder le peuple juif de ce danger. Certes, ce mouvement n’a pas disparu, mais il s’est coupé d’Israël et est devenu une religion parallèle, qui n´a plus de rapport avec nous. C´est ainsi qu´il a cessé de ronger Israël de l’intérieur, et ne nous a pas détruit. Dans leur \ »nouveau testament\ », ils présentent les Pharisiens comme s’ils avaient été le vrai Judaïsme. Pourtant, ces \ »Minimes\ » savaient très bien que le Judaïsme officiel (les Tanaim) critiquait les Pharisiens de façon encore plus virulente qu’eux-mêmes ne le faisaient ! Mais ils ont pris le Judaïsme déformé des Proushim comme prétexte pour rejeter le Judaïsme lui-même.

Malgré le rajout de cette 19ème prière, nous avons continué à parler des 18 prières, car nos Maîtres savaient que la 19ème disparaîtrait : un jour, l’humanité se rendra compte que l’on ne peut vivre sans loi et structures, et qu’une relation de cœur et de grâce ne peut suffire.

Le Rav nous explique ensuite le lien entre la prière d’Israël (shmona essré) et les versets où il est parlé de ce que Moshé a accompli, et aussi avec la faute du veau d’or. En particulier, la signification de la demande du peuple à Aharon : \ »elokout harbe ivou lahem\ », ils ont voulu beaucoup de spiritualité, de divin. Et comment c’est le problème de toutes les religions, d´accepter une loi qui gère notre relation à D.

Le Baal HaTourim révèle aussi une chose extraordinaire : il y a 113 mots dans ces 19 répétitions, et cela fait allusion aux 113 fois où le mot \ »cœur, lev\ » est répété dans la Torah de Moshé. Ces 19 répétitions et leurs 113 mots ont donc pour but de mettre en évidence que le nom de Moshé, et l’ordonnance qui lui a été donnée, sont inséparables du cœur ! Le vrai Judaïsme, celui de Moshé, est celui qui unit la loi et le cœur ! Et c’est tout le projet d’Israël. C’est pourquoi ces répétitions se situent à la fin du 2ème livre qui nous donne la finalité de la sortie d’Egypte et de la naissance d’Israël.

Dans ce monde où tout est extrême (soit l’amour seul, soit la loi qui écrase), le peuple juif est porteur du message de l’unité et de la réconciliation. Car l’amour ou la loi seuls ne suffisent pas ; il faut l’union des deux. ON CONSTRUIT LE MONDE AVEC UNE LOI QUI A UN CŒUR, et c’est LE JUDAISME AUTHENTIQUE, celui des Tanaim, dont nous sommes les héritiers, et qui parvient à unir à la perfection la loi et l’amour. C’est le Judaïsme de la Délivrance, qui se reconstruit de plus en plus sur notre Terre, et qui très bientôt éclairera l’humanité tout entière !


30 novembre -0001