6 mai 2012 -Zohar- La Lettre tsadik- Lutter pour trouver son Zivoug

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MP4 MP3 Le tsadik revendique d’être choisi par Dieu pour créer le monde et commencer la Torah. Il représente le yessod, le fondement qui, dans le langage de la Kabala et du Zoar, fait allusion à la force capable d’unir les dimensions masculine et féminine pour qu’ensemble elles puissent construire. Et cela, tant au niveau de l’homme et de la femme que, d’une façon plus fondamentale, au niveau des dimensions spirituelle et matérielle, certes complémentaires, mais très différentes et difficiles à unir.

Yossef est le seul à avoir le mérite de s’appeler le Yessod, car il est l’incarnation parfaite de l’union entre le monde d’en haut et le monde d’en bas : il vit complètement dans le monde d’en bas, dans ce qu’il a de plus dur et obscur, en Egypte, où il se trouvera confronté à 3 tentations et arrivera à se connecter avec le monde d’en-haut : il ne fautera pas avec la femme de Potifar (et, pour cela, il est dit tsadik par les Maîtres d’Israël), il ne sombrera pas dans le désespoir en prison, et ne laissera pas le pouvoir le corrompre.

Au début de la Torah, deux dimensions ont été créées : la 1ère lettre est bet, de valeur numérique 2 ; et sont créés « hashamaïm » et « haarets », les cieux et la terre. Mais la création se termine par le mot « e’had » : Dieu est un. La création de l’homme et de la femme se termine, elle aussi, par « e’had », ce qui montre que tout a été créé pour l’unité, et que le dévoilement de l’unité dans le monde passe par l’union parfaite entre l’homme et la femme, entre les dimensions masculine et féminine.

Le tsadik a donc toutes les bonnes raisons pour revendiquer d’être la 1ère lettre, puisqu’il représente l’union réussie entre ces 2 dimensions !

Mais Hachem lui répond : « on peut t’appeler tsadi, mais aussi tsadik. C’est pourquoi il vaut mieux que tu restes caché. Il n’est pas bon que tu te dévoiles trop, pour ne pas permettre que le monde ouvre sa bouche. »

Le Matok MiDvash explique ces 2 noms : « quand tu t’appelles tsadi, tu fais allusion au tsadi elyon (à la qualité du yessod en haut) qui s’appelle le daat (un des 3 cerveaux) qui fait l’union entre le cerveau Horma et le cerveau Bina. On t’appelle alors sans le kouf car, à cet endroit-là, la klipa ne peut nuire à l’union des 2 cerveaux. » (le kouf fait allusion à la klipa, forces contraires qui font tout pour s’opposer à l’union entre le masculin et le féminin ; c’est ainsi que, déjà, le na’hash est venu pour s’interposer et empêcher le parachèvement du monde).

L’histoire de Yaakov, comme celle de David, montre bien cette action du kouf, de la klipa, pour s’opposer à ce qu’ils trouvent leur vrai zivoug, puis pour empêcher l’union parfaite entre eux ; il en résulta problèmes et déséquilibres de relations, aussi, dans leurs enfants, puis dans toute l’histoire d’Israël.

Ce même phénomène de capture de la dimension féminine par la klipa se retrouve aujourd’hui chez les Juifs de galoute : au lieu de donner ce qu’ils ont et ce qu’ils sont à leur propre peuple, ils donnent leurs compétences et la dimension féminine d’Israël aux nations qu’ils servent.

Nos Maîtres disent que, juste avant la Délivrance, beaucoup de zivougim seront abîmés, car la klipa fera tout son possible pour empêcher la venue du Mashiah. Et c’est ce que nous voyons aujourd’hui : la famille se disloque, ce qui est un phénomène unique dans notre histoire, preuve que la Délivrance est très proche. Mais Israël se reconstruira, et le couple messianique engendrera le Mashiah.

Hachem dit : « quand tu t’appelles tsadi, tu incarnes l’union parfaite entre le féminin et le masculin, car tu fais allusion à l’union d’en haut, entre ‘Horma et Bina, que la klipa ne peut attaquer ; mais quand tu t’appelles tsadik, tu évoques l’union d’en bas, entre Tiféret et Malhout, car ici la klipa a le droit de nuire, et une grande guerre doit se faire contre le kouf, pour parvenir à l’union. »

« Si Dieu avait permis la création avec le tsadik, le monde aurait pris conscience qu’il a été créé à partir d’une imperfection, et il aurait pu ouvrir la bouche et dire : on ne peut être parfait, il est donc normal que l’on faute, et la klipa aurait gagné. »

Hillel disait que c’est un devoir de ne pas dire ce qui ne peut être entendu. L’homme de père égyptien de la paracha illustre parfaitement cela : au niveau de la logique, il avait raison (on ne peut provoquer un miracle quand ce n’est pas nécessaire), mais dans la pratique il avait tort (car il faut considérer le moment et l’endroit) : le Temple est la Maison d’Hachem, où Il Se dévoile tel qu’Il est. A l’extérieur du Temple, Dieu laisse à l’homme le sentiment qu’il fait quelque chose, et nous devons faire par nous-mêmes (c’est la dimension féminine et matérielle de Bina : je dois faire, et j’agis), mais à l’intérieur du Temple est dévoilé que c’est Hachem qui fait tout, qu’Il donne l’existence et que tout n’est que miracle permanent (c’est la dimension masculine, spirituelle, de Horma : Tu prends tout en charge).

Au niveau de l’idée, on comprend qu’il faut l’union des deux : Hachem et les hommes, ‘Horma et Bina ; mais au niveau de la réalisation, quand cela doit descendre dans le monde d’en bas, au niveau de Tiféret et Mal’hout, c’est là qu’est toute la difficulté, et il faut tenir compte d’autres paramètres : est-ce le bon endroit, le bon moment, les bonnes personnes ?

Il faut trouver, dans chaque situation, la part de Dieu et la part de l’homme, et c’est toute la difficulté.


30 novembre -0001