9 Janvier 2013 -Roi David- Pas bon d´etre (trop) bon…….

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MP4 MP3 RESUME DU COURS : Après avoir vaincu tous les ennemis, David put se consacrer à son peuple : \ »Il régna sur tout Israël, et il rendit mishpat (la justice) et tsedaka (la charité) à tout son peuple.\ » Le Talmud fait remarquer que les 2 ne vont pas ensemble : \ »à l´endroit de la justice, il n´y a pas de place pour la charité\ », et inversement. Car la justice, c´est de condamner s´il le faut, et d´imposer à quelqu´un ce qu´il ne voudrait pas, et même de le punir ; la tsedaka, au contraire, est de lui donner ce qu´il ne mérite même pas de recevoir. Mishpat, c´est l´exercice de la loi, et tsedaka c´est faire le contraire (permis) de la loi. Comment David peut-il faire les deux, au même moment, avec les mêmes personnes ? Autrement dit, que fait-il, si c´est le riche qui a raison, et que le pauvre qu´il faudrait condamner risquerait de s´écrouler, avec sa famille ? Selon nos Maîtres, au tribunal, David disait au pauvre \ »tu as tort, et du dois payer.\ » Ensuite, quand il avait bien intégré sa faute et assumé sa responsabilité, David envoyait quelqu´un afin de pourvoir à ce qu´il devait payer. Car on ne peut demander au riche de renoncer à ses droits. \ »Il y a des choses, ou tu les comprends toi-même, ou on ne te les dira jamais\ ». Si le roi lui dit \ »donne\ », le riche le fait, mais contraint et, selon la hala´ha, le pauvre aurait volé cet argent. Le riche doit dire de lui-même : je renonce à mes droits. De plus, le pauvre doit comprendre qu´il a tort. Il est amoral de faire croire au misérable qu´il a raison, comme le monde d´aujourd´hui le fait. Ce n´est pas parce que quelqu´un est riche qu´il a forcément tort, et si quelqu´un est pauvre, qu´il est forcément innocent !

Il faut dire qui a tort et qui a raison. Et le coupable doit payer ce qu´il doit. David était le modèle parfait de la morale humaine adamique qui consiste à ne jamais laisser croire à celui qui a tort qu´il a raison, même s´il est opprimé, et à ne jamais contraindre celui qui a raison à renoncer à ses droits. Mais, tout en dirigeant le royaume, David savait être proche de son peuple et se souciait lui-même de celui qui n´avait pas de quoi payer son dû. Ainsi, grâce à ce que faisait David, la loi était entièrement acceptée par tout le monde : justice (et un sentiment de dignité) était rendue au riche, et on faisait tsedek (sentiment qu´il a été bien jugé) au pauvre, en lui apprenant à prendre ses responsabilités et reconnaître ses torts. L´un et l´autre retrouvaient donc la véritable valeur morale.

\ »David se posa la question : reste-t-il encore quelqu´un de la famille de Shaül envers qui je pourrais être bon, en raison de ma promesse à Yonathan… Il restait le chef des serviteurs de la maison de Shaül…\ » David lui demanda \ »y a-t-il encore dans la maison de ton ancien maître un descendant avec lequel je pourrais appliquer \ »tsedek Elohim\ ». Oui, il y a le fils de Yonathan, mais il est paralysé des jambes.\ » ´Hessed Elohim\ » est la même notion que \ »mishpat et tsedaka\ », car Elohim évoque le din, la rigueur, contraire du ´Hessed, débordement de bonté. La famille de Shaül était le pire ennemi de David qui ne peut donc faire seulement ´Hessed. Il faut cette union des contraires. Mais, dès qu´il vit le fils de Yonathan, et qu´il était un géant de la Torah, David le prit pour maître. Il l´appela tout de suite \ »Méphiboshet\ », la bouche qui me fait honte, car il était plus grand que lui, le contredisant même en public quant à la Torah. Et il lui dit \ »je te fais du ´Hessed, et sache que toutes les propriétés que j´ai prises à Shaül, je te les donne. Et tu mangeras toute ta vie à ma table.\ » Nos Maîtres expliquent que, selon la hala´ha, quand un homme se révolte injustement contre le roi légal, il perd tous ses biens. David avait donc confisqué tous les biens de Shaül. Mais, après avoir parlé de \ »´Hessed Elohim\ », qui était l´expression de l´équilibre, il semble qu´il ait été aveuglé par le fait que c´était le fils de Yonathan, et par sa grandeur dans la Torah. Shaül avait fauté à son égard, et ses biens avaient été confisqués. Les restituer pouvait faire peser des doutes sur la légitimité de la royauté de David. La Torah nous donne, ici, l´une des clés les plus sages de toute relation humaine authentique : il est dangereux de faire à quelqu´un un bien démesuré. Quand tu es bon, juste et responsable, tu dois faire attention à qui bénéficie de ta bonté, car tu te mets en danger. Et c´est une clé que l´occident devait comprendre, car elle explique son effondrement et sa mort future.


30 novembre -0001