Ah! La colère! J´ai tout perdu! -Guilgoulim- 2Fev2014

MP4 MP3 RESUME DU COURS : \ »Il arrive parfois, dit le Ari HaKadosh, qu\’un homme ayant un haut niveau se mette dans une grande colère. A ce moment, son âme le quitte et, à la place, entre en lui une âme infiniment moins élevée et propre ; cela peut se produire, aussi, si un homme tombe très gravement malade, ou bien s\’il fait une dépression profonde. Dans ces cas, il peut perdre son âme qui ira chez quelqu\’un d\’autre.\ »

Le Ari énumère donc trois cas où un homme peut perdre une âme d\’un très haut niveau, qui part chez une autre personne ayant fait quelque chose de spécial qui lui donne des mérites particuliers. Lui-même reçoit une âme plus basse. On comprend ainsi, dit le Ari, qu\’une personne spirituellement élevée puisse tomber tout d\’un coup (comme A\’her, ou rabbi Yo\’hanan qui avait été Cohen HaGadol durant 80 ans).

\ »Il peut y avoir une autre conséquence. A chaque âme est associée une âme sœur. Sa bat (ou ben) zoug va se retrouver avec quelqu\’un d\’autre, et lui-même aura perdu son zivoug.\ » Or, l\’âme du premier est dans l\’autre personne, seulement en visite ; ce n\’est pas sa vraie âme. Cette 2ème personne et le zivoug du 1er ne pourront donc jamais être heureux ensemble, et cela causera des problèmes en chaîne, aussi au niveau des enfants à naître.

Le Ari révèle que ce sera le dernier grand combat du peuple juif. Jusqu\’à présent, il était indestructible, grâce à ce rempart que fut toujours la famille juive mais, désormais, les forces contraires essaient de nous détruire de l\’intérieur. C\’est ainsi que de plus en plus de familles sont déchirées, des couples se séparent… Ce problème vient de ce que le yetser hara combat sur 3 fronts : il nous pousse à nous mettre dans de grosses colères, ou à tomber dans la dépression, ou de graves maladies, de sorte que nous perdons notre âme, et notre zivoug. Cela est vrai, aussi, pour des personnes déjà mariées avec leur vrai zivoug puis, par une dépression, etc… le couple peut en arriver à se séparer, et les conjoints se remarieront, entraînant des drames en chaînes.

Le point commun entre colère et dépression (qui est une colère intérieure) est l\’absence de emouna, de confiance. Celui qui a la emouna, même s\’il ne comprend pas ce qui lui arrive, sait que D ne peut le trahir et que tout ce qui se passe est forcément pour son bien. Le Tanya nous montre que, dans les épreuves, les hommes de emouna s\’accrocheront encore plus à Hachem. Au contraire, les hommes qui n\’ont pas la emouna se révolteront, \ »pourquoi moi ?\ » Cela engendre la colère, la dépression… Leur âme ne peut rester en eux, et les quitte. Une autre entrera en eux, qui sera bien inférieure et abîmée, puisqu\’elle pourra rester dans un corps qui n\’a pas la emouna. Cela représentera donc, pour la personne, une chute spirituelle inimaginable. Il en est de même pour une personne qui tombe très malade et entre dans une révolte (\ »pourquoi est-ce que cela m\’arrive ?\ ») ou un désespoir profond : son âme va chez quelqu\’un qui, au contraire, dans un moment de colère, de dépression ou maladie, a su se contenir et garder confiance.

De là, on comprend que la colère est le défaut, la déviation, la plus catastrophique pour l\’homme. Le Zohar montre que le na\’hash incarne la colère que \’Hava ressentait quand elle voyait l\’arbre, parce que D avait interdit d\’en manger le fruit. On voit que la racine de la faute est la colère, car on ressent des manques, des injustices, \ »pourquoi n\’ai-je pas ceci ?\ »… Elle est toujours l\’expression d\’un manque.

On remarquera qu\’Avraham venait de \’Haran, pour aller en Eretz. Or, \’Haran signifie, en hébreu biblique, l\’explosion de colère. Rashi explique que c\’était la capitale de l\’idolâtrie dans le monde car, là où il y a l\’idolâtrie, c’est-à-dire la négation de la confiance réelle en D, il y a explosion de colère. On voit donc que la 1ère faute a eu pour cause la colère ; puis, le peuple juif a commencé quand un homme sortit de la colère, pour se coller à Hachem, et c\’est la condition pour qu\’un homme garde son âme.

Nos Maîtres disent qu\’un homme n\’acquiert véritablement le bonheur intérieur que s\’il ressent intérieurement qu\’il s\’est \ »posé\ », \ »na\’hat roua\’h\ », et cela ne peut se faire que s\’il est avec son vrai zivoug.

Le Ari explique encore que, ayant perdu son âme, l\’homme ressentira un manque, et il sera poussé à fauter. Quand on a sa propre âme et que l\’on est bien à l\’intérieur de soi, on ne va pas fauter.

Ajoutons que les colères de Moshé, comme celles des tsadikim, sont le revers de leur qualité : Moshé ne réagit jamais pour un problème personnel, par exemple lorsque Myriam lui reproche de s\’être séparé de sa femme, mais seulement pour ce qui concerne son peuple, lorsqu\’il ne supporte pas l\’échec de sa mission et hurle à D. la douleur d\’Israël. De la même façon, David se précipite avec Bat Sheva, parce qu\’il a vu que c\’est avec elle qu\’il ferait venir le Mashia\’h. Certes, cela reste une faute, mais qui est la conséquence de leurs qualités.


30 novembre -0001