Le culot de la delivrance finale -Pourim- 10 Mars 2014

Posté il y a 5 années by rav Haim Dynovisz
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MP4 MP3 RESUME DU COURS : Si on lit la Torah comme un simple livre d\’histoire de nos ancêtres, le personnage de Mordechai peut paraître choquant et son attitude révoltante, car il ne cesse de provoquer Haman, un tyran fou qui tient la vie du peuple juif dans ses mains et qui faillit être l\’initiateur de la \ »solution finale\ ». Mais la Torah nous adresse ici des messages extrêmement profonds.

Le Ari HaKadosh révèle que Mordechai était le guilgoul du roi Shaül, et Haman celui du roi Agag ; il s\’appelle d\’ailleurs \ »Haman Ha-Agagui\ ». 500 ans avant Shaül, la Torah dit : \ »Tu détruiras, tu effaceras, jusqu\’au souvenir d\’Amalek.\ » Mais, d\’après notre tradition orale, c\’est au roi d\’accomplir cet ordre, et lui seul peut le faire. C\’est ainsi que Shaül, premier roi d\’Israël, reçut du prophète Shmuël l\’ordonnance de détruire Amalek. Il se battit contre lui, mais il laissa la vie sauve au roi Agag, ce qui permit à la lignée d\’Amalek de continuer. Agag en était un descendant.

Mais notre vie est bien davantage que ce que nous en percevons. Car nous revenons dans ce monde, jusqu\’à ce que nous réussissions tout ce que nous avions raté, ou ce que nous n\’avions pas accompli. Ainsi, les âmes de Shaül et Agag se retrouvent dans Mordechai et Haman, et Mordechai doit terminer ce que Shaül n\’avait pas voulu faire.

Lorsque nous revenons en guilgoul, nous n\’avons pas conscience de ce que nous devons réparer ou terminer. On peut donc se demander comment accomplir la tâche pour laquelle nous sommes revenus. Mais nous nous sentons poussés, de façon irrationnelle, sans que nous en connaissions la raison, à réaliser certaines choses.

Certes, quand il rencontra Haman, Mordechai aurait pu baisser la tête. Car un Juif en exil, à la merci de tyrans, doit d\’abord sauver sa vie et préserver celle de son peuple. Mais, dans son subconscient, Mordechai se sentit poussé par un passé qui agissait sur son présent pour préparer un avenir. Il en est de même, dans nos vies, pour toutes les choses fondamentales, comme la reconnaissance nishmatique qui pousse un homme et une femme au mariage ; ou le fait de monter en Israël ; ou encore la conversion où l\’âme, à un moment, reconnaît son identité. Ces décisions sont le résultat de la mission de notre âme qui prolonge nos guilgoulim antérieurs.

Mais, dans ces circonstances, l\’attitude de Mordechai mettait tout Israël en danger. Comment savoir s\’il faut baisser la tête ou, au contraire, la relever ? Plusieurs exemples de notre histoire illustrent cette question et nous permettent d\’y répondre. D\’abord, le comportement de Rabbi Yo\’hanan ben Zakkai, lors du siège de Jérusalem par Titus. A l\’intérieur des murailles de Jérusalem, les birionim, les voyous, voulaient la violence et combattre jusqu\’au bout ; le peuple, derrière les Maîtres d\’Israël, voulait se rendre et accepter le joug de Rome. C\’est ce que fit Rabbi Yo\’hanan, avec ses élèves, et ils obtinrent de reconstruire Yavné. Rabbi Akiva a dit qu\’un homme doit être comme un roseau et non comme un cèdre car, lorsque le vent souffle, le roseau plie et résiste, alors que le cèdre finit par être déraciné et il n\’en reste rien. Pourtant, il prit la tête des armées de Bar Korva, tint tête aux Romains et fut dépecé vivant. Rabbi \’Hanania ben Teradion, lui non plus, ne voulut pas se soumettre aux Romains et continua à enseigner la Torah, contrairement à ce que voulait son Maître, Rabbi Yossi ben Kisma. Rabbi \’Hanania fut brûlé dans son sefer Torah.

On remarquera que, dans le Talmud, Rome est appelée \ »la détruite\ ». Or, à cette époque, elle était très puissante et nous a même détruits ! Tossefot, reprenant un texte de notre tradition, explique que, le jour où Rabbi \’Hanania fut brûlé vif, une voix sortit du ciel et scella la destruction de Rome. Tossefot ajoute que c\’est par le mérite de son sacrifice que nous sortirons un jour de l\’exil de Rome. Pourtant, à son époque, il était critiqué et représentait seulement une minorité de nos Maîtres. Mais c\’est son attitude qui était porteuse de la réalisation du Projet final ! Un jour viendra où nous verrons que la libération du monde a été scellée au moment où il fut brûlé !

On comprend donc qu\’il y a deux types de moments dans notre histoire : le moment galoutique, de l\’exil, et la vision future de la Délivrance. La Torah nous demande d\’adopter un comportement en adéquation avec la période où nous nous trouvons : pendant l\’exil, nous devons parfois baisser la tête pour la survie et la continuation de notre peuple ; nous pouvons nous défendre, mais sans provoquer les tyrans ; nous plions comme le roseau. Mais il y a les périodes de Délivrance, comme au temps de Myriam qui vit en prophétie la naissance de Moshé et notre libération de l\’Egypte, ou au temps de Mordechai ou de Rabbi \’Hanania. La personne sait qu\’elle est l\’instrument de l\’avancement de la délivrance. Il faut, alors, être un provocateur et relever la tête !

Quand on voit les nations s\’attaquer à la nation d\’Israël, et avoir pour seule préoccupation de nous empêcher de revenir sur notre Terre, malgré toutes les atrocités qui se passent dans le monde, nous savons que nous sommes en période de Délivrance et il faut être inébranlables ! Nous pouvons être sûrs que nous sommes à la fin de notre exil et que notre action servira à la Délivrance. Qu\’Hachem nous donne un Mordechai et ce sera, non seulement notre Délivrance, mais celle de tous les hommes, car la Délivrance d\’Israël est un cri d\’amour où nous voulons, non seulement la nôtre, mais aussi celle de l\’humanité entière.


30 novembre -0001