Le grand mystere de la Techouva 4 – Repare toi ou va te laver! – 26 aout 2013

MP4 MP3 RESUME DU COURS : \ »Rabbi nous enseigne que, pour toutes les fautes commises, si quelqu´un respecte Kippour, qu´il ait ou non fait téshuva avant, le jour de Kippour répare ses fautes, sauf pour ceux qui se sont attaqués à l´essence même de la Torah car, pour eux, il n´y a pas de récupération possible.\ »

Lorsque l´on transgresse des interdits de la Torah, on s´attaque au corps de la Torah, et non à son essence. Certes, il y a des faute du type karet (transgression du Shabbat, etc…), pour lesquelles l´âme est coupée, mais c´est seulement son rayonnement qui est coupé, et non l´essence de l´âme : l´âme n´envoie plus ses rayonnements à l´être et la personne n´a plus aucune sensibilité spirituelle ; elle vit dans un état d´inconscience spirituelle par rapport à son identité juive ; elle sera indifférente à la Torah et à sa faute. Mais la personne pourra faire téshuva ; cela nécessitera Kippour et d´autres choses, mais la récupération est possible.

Par contre, il y a 3 fautes qui s´attaquent à l´essence de l´âme, et pour lesquelles il n´y a aucune récupération, car l´âme a disparu ; la personne ne pourra plus avoir qu´un ressenti terrestre, puisqu´elle n´aura plus de source inspiratrice, spirituellement, par rapport au Judaïsme, au moins dans cette vie-là. Ces 3 fautes sont :

D´abord, nier D. d´une façon philosophique, fondée sur l´étude et un choix délibéré, en pleine connaissance de cause. C´est extrêmement rare. Dans le Talmud, nous avons seulement le cas de A´her.

La 2ème faute est d´humilier la Torah, par exemple en y faisant un tri, et choisissant ce que l´on veut respecter. Là aussi, il s´agit de quelqu´un qui l´a étudiée, mais ne veut pas savoir. Il la rabaisse à son niveau.

Un cas différent est de savoir que ce n´est pas bien mais l´on faute parce que \ »c´est plus fort que moi\ ». On fait une faute, mais avec mauvaise conscience et des remords. Cela prouve, dit le Tanya, que le nefesh éloki, l´âme divine, est toujours en nous ; la réparation sera possible. Au contraire, si l´on justifie sa faute et on la \ »kashérise\ » en se disant que l´on ne fait rien de grave, voire même que c´est bien, dans ce cas, on tue son âme ; Kippour et la téshuva ne peuvent rien ; la seule récupération possible se fera, dans ce cas, par les guilgoulim, mais elle sera longue et difficile.

Le Tanya dit que les petites fautes que l´on kashérise peuvent devenir finalement beaucoup plus graves qu´une immense faute. La 2ème serait comme un grand voile que l´on mettrait devant une fenêtre, qui cacherait tout d´un coup toute la lumière ; les petites fautes seraient comme quantité de petits voiles que l´on mettrait : au début, rien ne change mais, à force de petites voiles, on ne voit plus rien du tout. Le danger est plus grand car on ôte la lumière petit à petit, et il est plus difficile de s´en rendre compte, et de revenir.

La 3ème faute citée fait allusion à la 1ère église, qui était à Jérusalem et où, au début, tous étaient juifs et pratiquaient encore les commandements. Mais \ »la seule faute était de ne pas pratiquer la circoncision\ », en prévision de la \ »nouvelle alliance\ », par une circoncision du cœur et non du corps. Ce fut le 1er pas qui les sépara du Judaïsme et, maintenant, ils ne sont plus Juifs du tout.

Nous avons donc vu que, pour Rabbi, Kippour répare toutes les fautes, sauf les 3 que nous avons citées, que l´on ait fait ou non téshuva. Mais cela contredit la Mishna d´après laquelle il faut \ »Yom Kippour AVEC la téshuva\ » : Kippour agit seulement si sommes en état de téshuva.

En réalité, il n´y a pas de contradiction entre les deux. Il faut comprendre que, d´après la mishna, ce n´est pas Kippour qui a besoin de la téshuva mais, au contraire, la téshuva a besoin de Kippour ; Kippour joue à la fois le rôle de pardon et de réparation. D´après Rabbi, la téshuva n´est pas assez forte, et il faut aussi Kippour qui, si on le respecte bien, répare, même sans téshuva auparavant.

Le mot \ »Kippour\ » vient du verbe \ »lé´haper\ » qui, en hébreu biblique, signifie nettoyer une saleté. Lorsque nous nous lavons, nous sommes propres, bien que nous sachions que nous nous resalirons et devrons nous laver à nouveau le lendemain. Kippour agirait donc de la même façon qu´un nettoyage, que l´on peut recommencer autant de fois que l´on veut. C´est la vision très indulgente et optimiste de Rabbi.

Mais nos Sages considèrent qu´une faute est une brisure, qu´il faut réparer, comme lorsque l´on a cassé un objet. Or, si on le recasse, il n´est pas sûr que l´on puisse le réparer à nouveau. De la même façon, nous devons prendre l´engagement de ne plus fauter, sinon, ce n´est plus la peine de venir à Kippour.

En réalité, les deux visions sont justes, car il y des fautes du type brisure, pour lesquelles la réparation ne marchera pas, sans l´engagement de ne pas recasser ; et des fautes qui sont du type saleté. Cela dépend aussi de la façon dont nous faisons la faute : la même faute peut être pour l´un une brisure… cela dépend de la dose de conscience, ou de faiblesse, de chacun. On ne peut jamais juger, de l´extérieur. Le Baal Shem Tom disait qu´il faut toujours se regarder soi-même avec sévérité, et les autres avec indulgence ; je dois me voir comme une âme brisée, et voir les autres comme étant seulement tachés ; c´est pourquoi les deux avis sont justes.


30 novembre -0001