Mais quel est donc le Projet? -Vayera-17 Oct 2013

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MP4 MP3 RESUME DU COURS : La Torah est le cœur d\’Israël. C\’est pourquoi sa première lettre est Bet et la dernière Lamed, formant le mot \ »lev\ », cœur. Un cœur bat, et chaque paracha est un battement du cœur d\’Israël.

Pour bien nous imprégner de ce qu\’Avraham est venu révéler au monde, nous rappellerons qu\’il a 75 ans, lorsqu\’il apparaît dans la Torah, et il a déjà fait des choses extraordinaires, puisqu\’il a été choisi par D.ieu. Notre tradition orale rapporte ses actes d\’héroïsme moral et spirituel : il a, en particulier, brisé les idoles de son père, s\’est battu contre Nimrod et la tour de Bavel, a refusé de se prosterner devant les idoles et il fut jeté dans la fournaise. Lui et Sarah avaient construit de grands centres d\’étude et ramené, dit Rashi, des milliers d\’âmes perdues. Pourtant, la Torah écrite n\’en parle pas. On voit seulement qu\’Hachem dit : \ »va vers la terre que Je te montrerai\ ».

Il y a une telle différence, entre cette première partie de sa vie et ce qui suivra, que la Torah refuse même d\’en parler ! Et cela nous enseigne l\’un des fondements du Judaïsme authentique. Une personne droite et juste cherche toujours un sens à sa vie. Elle se donne un objectif noble, afin de construire quelque chose et laisser une œuvre après elle. Avraham, jusqu\’à 75 ans, avait décidé de se battre contre l\’idolâtrie, de ramener les hommes au monothéisme authentique, et avait vécu en fonction de ce combat, se mettant même en danger. Shem, pour sa part, avait œuvré à déconnecter les hommes de ce monde matériel, afin de les connecter au monde d\’en-Haut. Mais, à 75 ans, Avraham découvrit quelque chose qui deviendra l\’ADN juif : D. A UN PROJET ! Et l\’homme a le devoir de découvrir ce Projet, différent des nôtres au point que, pour y adhérer, il faut faire des choses contraires à notre nature. L\’homme peut se donner des projets extraordinaires, comme celui d\’Avraham. Mais D. lui dit : abandonne tout et recommence à zéro ! Il doit tout quitter, pour qu\’il ne reste plus rien, en lui, de son propre projet, afin d\’adhérer au sens que D. Lui-même veut donner à sa vie, et lui montrera. Nos Maîtres disent que, depuis \ »Le\’h Le\’ha\ », la Torah a commencé à descendre dans le monde. Car elle est le dévoilement de D. ici-bas et, derrière le mode d\’emploi qui nous y est donné, se cache le Projet d\’Hachem pour Son monde, où chacun de nous a une part à réaliser.

Chaque notion de la Torah est un code qui permet de comprendre le Projet. Tous les commandements divins, et ce à quoi ils font allusion, ont pour but de nous mettre en adéquation avec le Projet. Auparavant, les hommes avaient pensé qu\’il suffisait de s\’améliorer et se moraliser. Mais Avraham comprit que, derrière le monde matériel se cache un message, qu\’il voulut décrypter et comprendre. C\’est pourquoi il mérita la rencontre avec la Terre, qui est tout sauf matérielle. Avant lui, les justes avaient cru qu\’il n\’y avait rien à chercher dans ce monde, et s\’en étaient détournés. Mais Avraham révéla que, dans la matière, se trouve l\’endroit de la connexion entre D. et Son monde ! Là où l\’on pensait que D. était absent, c\’est là qu\’Il est le plus présent ! C\’est pourquoi il est dit à Avraham : tu seras une bra\’ha ; avec toi, le monde va sortir de sa malédiction.

La Akéda fut la dernière des 10 épreuves d\’Avraham, qui montra au monde sa vraie grandeur, et qu\’il n\’avait pas servi Hachem par intérêt, mais seulement pour Lui-même. C\’est la véritable alliance, éternelle, parce qu\’elle n\’est motivée par aucun intérêt. Nous lirons aujourd\’hui la Akéda d\’une manière toute nouvelle. Avraham demande à D. comment Il peut, à la fois, lui promettre une descendance, puis lui dire de sacrifier son fils. Mais D. lui répond qu\’Il n\’a jamais demandé de tuer Itzhak, mais \ »aaléhou léola, fais-le monter\ » ; il devait, ensuite, redescendre de la montagne avec lui. Certes, c\’est le même terme \ »ola\ » que pour les sacrifices totalement consumés par le feu, mais c\’est Avraham qui a interprété ainsi l\’ordre de D. Cela nous apporte un enseignement extrêmement important : nous ne devons JAMAIS INTERPRETER ce que D. dit, LORSQUE CELA ABOUTIT A FAIRE DU MAL A AUTRUI ! Il faut toujours prendre les choses simplement, telles qu\’Il les dit, car ce sont les interprétations qui aboutissent aux guerres de religions et au meurtre. D. interdit de tuer en Son Nom ! Cela devint l\’essence du Judaïsme, seule religion qui interdit tout prosélytisme, et au nom de laquelle on ne fit jamais de mal à quiconque.

Mais, si ce n\’était pas pour tuer Itzhak, pourquoi le \ »monter\ », et où était donc l\’épreuve d\’Avraham, pour laquelle il reçut la récompense de l\’alliance ? Lorsqu\’il était sur l\’autel, Itzhak eut un dévoilement du monde d\’en-Haut, auquel il resta toujours connecté, durant toute sa vie. Hachem voulait le prendre pour lui, et c\’était l\’épreuve d\’Avraham : lui qui était profondément engagé dans ce monde concret, allait-il accepter que son héritier soit tout le contraire de lui ? Il fallait, en effet, pouvoir arriver à Yaakov qui serait la synthèse entre eux. Yaakov est le Juif parfait qui se dévoile au moment de la Délivrance finale ; il vit totalement dans ce monde, sans toutefois y être englouti ; son essence n\’est pas de ce monde, et il est complètement engagé, sans se laisser abîmer par rien de cette vie.


30 novembre -0001