Politique et religion, les 2 yeux du monstre -Guilgoulim- 16 Fev 2014

MP4 MP3 RESUME DU COURS : Le Ari HaKadosh explique que tous les mondes créés fonctionnent sur le principe du zivoug, de l\’union qui se fait d\’abord dos à dos, puis face à face. La dimension masculine fait allusion à la spiritualité et à la morale ; au ciel et à tout ce qui est idéal, rêves et aspirations de l\’homme. La dimension féminine représente la terre, tout ce qui est concrétisation, réalisation ; le domaine politique et de la Mal\’hout, la royauté. Le monde est créé pour l\’union des deux, de la morale et de la politique (la gestion de la cité) ; et pour qu\’un homme puisse agir dans ce monde, tout en étant moral et spirituel. Le Projet est de construire un monde fondé sur les valeurs morales et spirituelles, ce qui n\’a jamais été le cas dans l\’histoire, car ceux qui ont les rêves du monde ne s\’occupent pas de les réaliser, ou n\’ont pas le pouvoir de changer le monde. La nature ayant horreur du vide, ce sont les méchants qui prennent les rênes, et ceux qui oeuvrent à tous les niveaux n\’ont ni idéal, ni morale.

Ce phénomène existe aussi au sein de la famille : nous sommes dans le grand combat précédant la Délivrance finale, où l\’on voit une déstructuration presque totale de la notion de famille dans l\’humanité. Quand la famille est en danger, le peuple juif l\’est aussi. Mais le prophète Malachie, dont la prophétie clôt toutes les prophéties d\’Israël, révèle que, dans ce combat non plus, les forces contraires n\’auront pas la victoire, car tout ce qui était en danger sera renforcé ; finalement, \ »le cœur des fils reviendra vers les pères, et le cœur des pères vers les fils.\ »

Le Ari explique que la \ »création dos à dos\ » évoque les dimensions morales et politiques qui se tournaient le dos. Mais, en même temps, ce zivoug était collé par le dos, ce qui signifie que chacun reconnaissait l\’existence de l\’autre et, bien qu\’ils ne se supportaient pas, ils tiraient profit l\’un de l\’autre. C\’est ainsi que, dans toute civilisation, il y a un temple ; tout peuple se fonde toujours sur les deux pouvoirs. Car tous les dirigeants des peuples ont compris que, pour diriger sans être inquiété, il faut donner aux hommes un opium, la religion et ses rêves, afin qu\’ils ne soient plus conscients de la terrible réalité dans laquelle ils vivent. Il y eut donc toujours une complicité entre les deux domaines, ce qu\’évoque le fait que, certes, ils sont dos à dos, mais collés.

D\’une façon plus générale, le Ari HaKadosh parle de 7 rois de Edom qui sont morts, et sur la poussière de leur brisure ont été reconstruits tous les mondes. C\’est une notion sur laquelle se construit toute la Kabbala d\’Israël. Cela évoque, justement, le fait que la Mal\’hout s\’est complètement séparée de la religion. Le Ari, il y a 600 ans, a appelé ces rois \ »Edom\ », car il avait vu en prophétie que la civilisation de Edom séparerait politique et religion, et ferait même de cette séparation une idéologie. La révolution française a voulu réagir contre les complicités entre les deux domaines mais, lorsque l\’on va trop loin en combattant un mal existant, on aboutit à un mal encore plus grand : l\’occident s\’autodétruit, et se lève une autre civilisation qui extrémise l\’opposé : le pouvoir doit être religieux, ou il n\’est pas ! On comprend donc qu\’il faut parvenir au face à face, sinon, dans un sens comme dans l\’autre, tout se détruit.

A notre niveau personnel aussi, nous avons souvent intégré dans nos vies une séparation entre, d\’une part notre pratique religieuse, et d\’autre part notre travail où il ne peut y avoir de place pour la morale. C\’est le système que la Torah appelle le monde du tohu-bohu, de l\’obscurité totale : même quand je suis dans mon lieu de culte, je reste dans une obscurité totale, car ma religion ne peut arriver à me transformer.

\ »Adam et \’Hava ont été créés dos à dos, puis Hachem a coupé et les a remis face à face. A ce moment-là, toutes les âmes à venir, qui étaient incluses en eux, se sont mises en position de vivre ce face à face. Mais est venu le na\’hash et, par la faute d\’Adam, toutes les âmes sont tombées dans la klipa.\ » Le Ari fait allusion ici à un secret incroyable : en voulant faire avancer l\’humanité, s\’est finalement produite une catastrophe, et la situation est devenue pire qu\’avant. Comment la faute peut-elle intervenir, justement quand on est sur le chemin de la perfection ? C\’est aussi ce que nous constatons dans nos vies : les morts ne dérangent pas ! Les forces contraires ne s\’attaquent qu\’à ceux qui essaient d\’arriver vers le bien, pour les faire tomber. C\’est ainsi que, lorsque l\’on vivait en couple et que l\’on veut se marier, alors surgissent tous les problèmes ! De la même façon, quand nous montons en Eretz Israël, tout devient difficile. Tout ce qui devient sérieux est tout d\’un coup plus dur. C\’est ainsi qu\’est testée notre détermination et que nous apprenons à assumer nos responsabilités.


30 novembre -0001