Psaumes- Je suis fait de beton!- 19Juin 2013

Posté il y a 6 années by rav Haim Dynovisz
0 vues

MP4 MP3 RESUME DU COURS : Psaume 11 : \ »Chant de victoire du roi David. Bien que je place ma confiance en Hachem, vous prétendez que ma vie ne vaut pas plus que celle d’un petit oiseau sans force, constamment chassé d’un endroit à un autre.\ » David exprime qu’on le compare à un oiseau, tellement chassé qu’il ne peut même plus se poser, et qui semble ne plus avoir de place dans ce monde. Les réshaim, les gens mauvais, pensent que ce monde leur serait réservé et que les justes n’auraient plus de place que dans le ciel. \ »Les méchants tendent l’arc constamment, visant ceux qu’ils veulent descendre ; ils prennent tout leur temps, et ils arrivent à tuer, à percer le cœur des justes.\ » Ils disent aux justes : ne prétendez pas que ce monde est pour vous, et qu’il est dirigé par une volonté bonne et juste, puisque les méchants ont tout le temps de viser et de tuer les justes. \ »Regardez, nous parvenons à détruire tout fondement de bien dans ce monde. Montrez-nous ce que les justes arrivent à faire, eux. Hachem est dans les cieux, Il reste dans Sa tour d’ivoire et on a l’impression qu’Il regarde seulement les hommes du coin de l’œil.\ » Il semble indifférent à ce qui se passe ici-bas, et ne s’y investit pas.

Ce à quoi David répond : \ »Vous vous trompez. Ce monde a été créé ainsi seulement pour que le juste puisse être testé. Les méchants, et ceux qui profitent de l’apparente absence d’intervention d’Hachem, Il les hait et ne S’en occupe pas. Mais viendra un temps où le feu s’abattra sur eux, et il y aura le règlement des comptes. Car D est juste. Il aime la justice, et les justes finiront par voir Sa face.\ » David évoque ici la question fondamentale, celle que Moshé avait posée à Hachem, mais D. lui avait répondu qu’il pouvait tout Lui demander, sauf cela.

Beaucoup de réponses ont été tentées. Par exemple, pour le Talmud, le tsadik qui n’est pas un juste parfait est éprouvé, afin de le nettoyer du peu de fautes qu’il fait. Au contraire, le méchant est irrécupérable, c’est pourquoi D. le laisse profiter de ce monde, en récompense du peu de bien qu’il fait, puisqu’il n’y a aucun espoir pour lui, après cette vie. Mais la réponse du Talmud reste au niveau des idées ; elle n’est pas quelque chose que l’on puisse vivre car, dans la souffrance, l’homme ne peut entendre de telles vérités. Moshé voulait, justement, une réponse qui puisse convaincre l’homme lorsqu’il est au milieu même de la souffrance. Seul Rabbi Akiva reçut cette réponse, mais il ne put la partager. Lorsqu’il fut dépecé vivant par les Romains, il dit que, toute sa vie, il s’était préparé à ce moment : il était arrivé à vivre que toute la souffrance est pour le bien, au point qu’il ne souffrait plus.

Rashi rapporte un texte du Talmud parlant de \ »celui qui s’occupe de faire des habits de lin\ ». Ces habits doivent être très solides. C’est pourquoi, pour tester le lin, on frappe dessus et tout ce qui reste entier, on l’utilise pour en faire des habits. Ainsi, Hachem teste le tsadik et, par tout ce que le juste vit sur terre, D. le renforce pour en faire un habit pour Lui-même. Le Ari HaKadosh disait que le juste devient l’habit d’Hachem car, pour se dévoiler dans ce monde, il faut un habit. Les habits d’Hachem, au travers desquels Il va Se dévoiler, ce sont les justes. Mais, pour cela, il faut d’abord passer le test de la solidité, d’où les difficultés dans nos vies. Cette explication extraordinaire du Ari montre que nous devons être formés et testés, comme des combattants d’unités d’élites ! Si nous résistons à cet entraînement et en franchissons les étapes, nous devenons les hommes forts et solides dont dépend le salut du monde !

Ces deux écoles, du Talmud et de la Kabbala, ne se contredisent pas, mais sont complémentaires. En effet, il y a deux sortes de justes : des justes \ »standard\ », qui ont besoin d’être nettoyés, et aussi de vrais justes qui porteront le monde et qui doivent être renforcés par des épreuves. C’est la lecture que fait Rashi.

Le Malbim explique que David s’adresse aux gens de sa génération, qui remettaient en cause la providence divine, à cause des difficultés qu’ils voyaient dans sa vie. David leur répond que, si Hachem punissait vraiment les méchants, et récompensait les justes de façon visible, il n’y aurait plus de libre arbitre. Car tous serviraient D. seulement par peur de la punition, ou pour la récompense. Mais Hachem a tout caché, et il teste les justes, ce qui leur donne de grands mérites.

Cette explication fait une sorte de synthèse des deux écoles précédentes, de la morale juive et de la Kabbala. Le libre arbitre n’est possible que si l’homme n’a aucun point de repère, sinon il ferait tout par intérêt. Il fallait que D. crée un monde où il semble que le juste soit puni, tandis que le méchant fait le mal et profite. C’est ce qui nous permet une \ »avoda béemet\ », un service authentique, dans la vérité, où nous faisons les choses seulement parce que nous devons les faire, sans comprendre et sans aucune autre raison que : je fais parce que je sais que je dois faire !

Par exemple, un Juif doit monter en Eretz Israël, simplement parce que c’est là qu’il doit être. Cela vient de l’essence de son âme. L’essence de l’âme n’a pas besoin de raisons. L’âme a des instincts, mais nous devons les réveiller. Après quoi, nous n’aurons plus besoin d’aucune raison pour venir ici, ou pour respecter Shabbat, manger casher et accomplir les mitsvot. Ensuite, par le langage de notre essence, qui est notre vécu et notre comportement au quotidien, nous pourrons aider d’autres à s’éveiller à leur tour.

Il est significatif que ce Psaume, à la signification extraordinaire. soit le 11ème , puisque 11 est le chiffre du Kéter, du dévoilement de l’essence.


30 novembre -0001