Un enseignement inedit…Ecoutez ! -Tania- 27 Aout 2013

MP4 MP3 RESUME DU COURS : Il y a une discussion entre nos Maîtres sur la façon de considérer Kippour. Précisons, d\’abord, que Kippour ne signifie pas \ »pardon\ », mais \ »réparation\ »\ », ou \ »nettoyage\ ». Par exemple, s\’il l\’on blesse quelqu\’un, la demande de pardon (et le pardon accordé) réparent la blessure morale, la vexation, mais non les séquelles de la blessure physique ; pour cela, il faut un processus de réparation, qui est beaucoup plus difficile, et qui n\’est même pas toujours possible. De la même façon, en cas d\’adultère de la femme, son mari, même s\’il lui pardonne et veut la reprendre, ne le pourra pas car la Torah le lui est interdit.

Une faute casse quelque chose, ou salit. Il faut donc réparer ou nettoyer. Nos Maîtres ont donc posé la question : Kippour agit-il pour réparer ou nettoyer ? En hébreu biblique, le verbe \ »lé\’haper\ » a les deux significations. Il y a une nette différence entre les deux, car un nettoyage n\’implique pas que l\’on s\’engage à ne plus se salir (ainsi, tous les jours, nous nous lavons, ou nous lavons nos vêtements, et nous savons que cela sera à recommencer le lendemain). Au contraire, quelque chose qui aurait été brisé ne pourrait être réparé plusieurs fois.

La question posée par les Maîtres est donc : une faute est-elle une tache ou une brisure ? Il y a aussi une discussion, entre eux, pour savoir ce qui se passe si une personne fait sincèrement Kippour, tout en sachant qu\’elle reprendra la même vie, et refera les mêmes fautes, dès le lendemain. La majorité des Maîtres estiment que Kippour répare seulement celui qui est conscient de toutes ses fautes de l\’année, et prend sincèrement sur lui l\’engagement de ne plus les faire. Se passe alors le miracle de Kippour : l\’âme est complètement réparée, et nous sortons de la fête avec une telle joie et un tel optimisme que Nos Maîtres disent qu\’il n\’y a pas de jour plus joyeux que Kippour.

Mais, selon un autre avis, Kippour agit comme un nettoyage. Dans ce cas, tout serait nettoyé, même sans engagement de ne pas se resalir.

En réalité, il faut faire la différence entre une cassure et une tache. Une cassure est dans la chose elle-même, dans le etsem hadavar ; il y a des fautes qui touchent l\’essence de l\’homme. Au contraire, une tache concerne seulement son extériorité.

\ »Sache que toute âme a 3 habits : la pensée (ma\’hshava), la parole (dibour), l\’action (maassé).\ » On peut salir ou déchirer un habit, mais on peut aussi porter atteinte à l\’âme elle-même. Ainsi, il y a 3 types de fautes : celles qui tachent l\’habit, celles qui le déchirent, et celles qui déchirent l\’âme. C\’est pourquoi nous avons 3 perceptions de Kippour et de son action, qui ne dépendent pas seulement de la faute, mais surtout de la manière de fauter.

Plus la déchirure est extérieure, et moins elle sera grave. Ainsi, il est moins grave de tuer le corps que de tuer l\’âme en portant atteinte à l\’honneur ou à la réputation de quelqu\’un, etc… Mais la faute sera aussi plus grave si elle a été faite consciemment, si l\’on a prémédité d\’humilier et salir quelqu\’un : c\’est investir son être profond dans une faute qui touche l\’être profond de l\’autre. On comprend donc que la gravité des fautes ne dépend pas de ce que nos yeux peuvent voir. A Kippour, nous sommes jugés en fonction de cette dimension que l\’on ne voit pas.

Une même faute aura une gravité toute différente suivant les personnes. Par exemple, enfreindre Shabbat sera seulement une tache pour celui qui n\’a pas été enseigné ; pour celui qui connaît la hala\’ha, la loi, toucher un simple stylo sera une déchirure de son habit ; mais pour nous qui avons avancé dans l\’étude et la pratique, ce sera une déchirure de notre âme.

Celui qui n\’a pas été enseigné arrive à Kippour avec seulement des taches, et sera nettoyé, tandis que nous devrons décider de changer, sinon le jeûne de Kippour ne nous servira de rien.

Plus nous progressons, et plus nous sommes responsables ; plus nous sommes proches et plus on est exigeant avec nous, ce qui est valorisant. On nous demande beaucoup, car nous sommes des géants. C\’est la vision authentique de la relation avec D. Mais beaucoup la refusent, car ils ne veulent pas se sentir responsables.


30 novembre -0001