Le chant de la delivrance -Avec le temps, vient, tout revient- Vayakel 20 Fev 2014

MP4 MP3 RESUME DU COURS : Apparemment, cette paracha ne fait que répéter mot pour mot ce que nous savons déjà depuis trois parachiot, concernant le Mishkan, le Tabernacle. Mais on remarquera d´abord que, alors qu´il sera question ici du Tabernacle, tout d´un coup il nous est rappelé le respect du Shabbat. La Torah nous fait comprendre ici que nous ne devons pas seulement interrompre nos activités privées et profanes, mais aussi la construction de la Maison d´Hachem. Le Shabbat est au-dessus du Tabernacle, et il faut arrêter aussi ces travaux. Pourtant, le Mishkan est le Projet, la finalité de la création, puisque D veut une demeure parmi nous ! De plus, le monde a été créé pour mettre en évidence la grandeur de l´homme. Mais les Maîtres expliquent que le Shabbat et le Mishkan ont tous deux une notion de Kedousha, ils sont consacrés à Hachem, l´un au niveau du temps et l´autre de l´espace. Mais la sanctification du temps dépend d´Hachem seul, et c´est pourquoi elle prime sur la sanctification de l´espace qui, elle, est faite par l´homme. D´ailleurs, l´endroit de la sanctification de l´espace a été détruit 4 fois (à Shilo, puis Guiv´on, puis les deux Temples), tandis que le Shabbat n´a jamais cessé, même durant tout notre exil !

Shabbat signifie téshuva, le retour qu´Hachem a introduit dans le temps. Même quand l´homme croit s´éloigner de Lui, en réalité, comme sur un cercle, il ne fait que revenir ! Avec le temps, tout revient à Hachem ! Certes, D attend notre travail, mais nous devons l´interrompre le Shabbat, pour reconnaître que, sans Lui et ce Retour, rien ne pourrait se faire !

Dans la suite de la paracha, on remarque aussi que l´ordre de l´énumération est différent, par rapport aux parachiot précédentes. Ici, il est commencé par l´extériorité (la construction du E´hal, la maison) puis les ustensiles qui s´y trouvaient ; par contre, pour la cour, l´ordre est le même que dans la paracha Trouma : d´abord l´autel extérieur des offrandes, puis le pourtour (poteaux et tenture). De plus, pour ce qui est de la maison, la Torah parle d´abord des tentures puis des poteaux, alors que pour la cour, l´ordre est inverse : les poteaux puis les tentures.

La paracha Trouma était l´ordonnance d´Hachem qui dit à Moshé ce qu´il faut faire : Il est Lui-même l´intériorité de tout, et le travail de l´homme est de prendre Hachem qui est caché au cœur de tout, et de le dévoiler dans l´extériorité de ce monde. Dans notre paracha, au contraire, il s´agit de la réalisation, et c´est pourquoi l´ordre change : quand il est parlé de la maison, on va de l´extérieur vers l´intérieur mais, pour la cour, de l´intérieur à l´extérieur. Le E´hal est le lieu où se trouve l´Arche : il représente l´étude, la compréhension et l´enseignement de la Torah, avec sa mise en pratique ; la cour, avec l´autel, est le lieu du sacrifice, du don de soi. Torah et don de soi jusqu´au kidoush Hachem sont les deux piliers sur lesquels repose l´identité juive.

Dans le E´hal, les tentures étaient en peaux de bêtes, et l´on va de l´extérieur à l´intérieur pour nous faire comprendre que la Torah est capable de prendre l´animalité, l´extériorité, et la matérialité de ce monde, pour l´amener dans le monde de l´intériorité. Pour la cour, au contraire, on va de l´\ »autel de la ola\ » (sacrifice totalement consummé) à la tenture, car la cour représente le travail de l´homme à l´extérieur, et on y a besoin surtout de don de soi et de sacrifice, sans lesquels on ne peut agir dans ce monde.

Le Rav explique ensuite le rapprochement que l´on peut faire entre les trois pères et David, d´une part, et les quatre repas du Shabbat ; puis le rapprochement avec les quatre parties du Tabernacle.


29 juillet 2019