1 Mai 2012 -Shmouel- Roi david- Premiere Partie – Vivre au dessus de l´entendement-

Télécharger Vidéo Télécharger Audio RESUME DU COURS : « Shmuel est mort et tout Israël se rassemble pour lui rendre un dernier hommage… David en profite pour s’enfuir dans le désert de Paran. » Le Malbim explique que le verbe : « véyakom David » (« se lève », au lieu de « est descendu ») signifie que Shmuel a enfin dit devant tout Israël que David a été oint comme roi et que Shaül était destitué de la royauté, et David « s’est enfin redressé », il s’est ressaisi.

« Il y avait un homme très puissant… Est arrivé le moment de la tonte de tout le bétail. Le nom de cet homme était Naval (l’ordure) et il était marié avec Avigaïl, extrêmement sage et belle. Mais son mari était dur et mauvais. Il était de la tribu de Caleb », la plus grande famille, très illustre, de la tribu de Yehuda. C’est pourquoi « Naval était certain qu’il n’y avait pas de famille plus noble que la sienne dans la tribu des rois » et il pensait : « Lorsque Shmuel donnera à ma tribu la royauté, cela ne pourra revenir qu’à moi.».

Avant la tonte, les propriétaires rassemblaient les moutons, et ils faisaient appel à des mercenaires pour protéger le troupeau et l’accompagner jusqu’à la tonte. David apporta son aide, avec ses soldats. Puis, il envoya 10 de ses serviteurs pour recevoir leur salaire. « Naval répondit : qui est ce David, ce fils d’Ishaï ? Il est issu d’une Moabite » et il refusa de donner à David son dû.

« David dit à ses troupes : que chacun de vous prenne son épée. Et David, lui aussi, prit son épée. 400 soldats le suivirent… Ainsi seront punis tous mes ennemis. Je ne vais même pas lui laisser un chien dans son troupeau. » Naval, ses soldats, ses troupeaux, tous ceux mêlés à son travail (et à l’injustice à l’égard de David) disparaîtront.

Comment comprendre ce qui se passe ici ? Dans beaucoup de souffrances et d’humiliation, et même lorsque David était menacé de mort, il ne réagissait pas. Pourquoi, dans une situation où il s’agit seulement d’argent et d’une simple vexation, il décide qu’il ne laissera rien subsister de la famille de Naval. Il se disait « Comment a-t-il pu me faire autant de mal, en échange de tout le bien que je lui ai fait ? » Les commentaires remarquent que c’est exactement la même phrase que David avait dite à Shaül, mais avec la conclusion opposée : pour Shaül cela signifiait « bien que tu ne m’aies rendu que du mal…. », alors qu’ici cela signifie « parce que tu m’as rendu du mal contre du bien… ».

On prévint Avigaïl du comportement honteux de son mari. Elle prit 200 pains, des moutons…. et, devinant comment David va réagir, elle arriva à sa rencontre.

« Quand Avigaïl voit David, elle tombe à ses pieds et se prosterne devant lui » (elle manifeste ainsi qu’elle le reconnaît comme roi d’Israël. Cela justifiera qu’ensuite elle puisse lui montrer que ce qu’il a l’intention de faire n’est pas digne d’un roi. Elle lui fera prendre conscience de l’erreur qu’il est sur le point de commettre.)

« Si tu ne m’écoutes pas, je considérerai que la faute est chez moi (que je ne suis pas arrivée à te convaincre). Pourquoi ton cœur s’attache-t-il tellement à cela ? » (Comment un homme comme toi, qui tu as une telle maîtrise de son cœur peut-il être à ce point prisonnier de cela ?) « Tu laisses ton cœur se préoccuper de cette ordure »

On doit à Avigaïl toute la royauté de David, puisqu’elle lui a évité une erreur fatale qui la lui aurait fait perdre. Elle était mariée à l’un des pires ennemis de David mais, ensuite, elle deviendra son épouse. La véritable épouse de David, BatSheva, était mariée à Ouri qui représentait l’ennemi de David. Enfin, Mi’hal, femme de David, a été donnée par Shaül à un autre. David, modèle humain de l’histoire d’Israël, va sans cesse perdre ce qui lui était destiné et ce qu’il a de plus cher. Et c’est toute notre histoire : on nous prend tout : les personnes, ainsi que nos lieux les plus précieux (les deux territoires les plus juifs, Yehuda et Shomron, dont toute l’histoire biblique parle constamment, sont les plus revendiqués par nos voisins et les moins habités par nous). On nous a toujours dépossédés. C’est pourquoi Ra’hel est considérée comme la mère du peuple juif, et le peuple juif s’appelle Ra’hel (qui signifie brebis, en hébreu) car il traverse son histoire en étant sans cesse tondu. Et, bien sûr, le plus précieux que l’on nous ait pris est notre Torah !

Avigaïl dit encore à David : « Sache que si j’avais été présente, je me serais dressée contre mon mari et j’aurais essayé de donner à tes serviteurs le salaire qui leur est dû. »

Puis, elle explique les raisons pour lesquelles elle ne veut pas que David tue son mari : « Haï Awaye » Dieu est vivant ! « et Haï nafshe’ha » : toi aussi tu es vivant. « C’est Celui qui est vivant qui t’a permis de rester vivant. Et sache qu’Awayé m’a envoyée pour t’empêcher de faire couler le sang. Tu n’as pas à avoir d’inquiétude (tu n’as pas à craindre que, si tu ne tuais pas Naval, ce serait interprété par tes ennemis comme un signe de faiblesse) sache que tous finiront comme Naval » : même si David ne fait rien, ses ennemis finiront tous comme son mari.

« Je t’apporte une bénédiction. (Les commentaires font tous remarquer que l’avenir d’Israël s’est joué à ce moment). Voilà ce que j’ai apporté comme salaire de tes serviteurs. Tu es destiné à être le combattant d’Hachem sur cette Terre, et je veux te laver de tout mal possible ». Son but est d’assurer l’éternité de la royauté d’Israël, afin que le Projet d’Hachem dans le monde s’accomplisse : qu’Hachem soit Roi sur toute la terre. Et cela doit passer par David, qui doit avoir conscience de la portée de ses gestes et de sa vie.

« Sache que tu n’as rien à craindre car ta vie est attachée par un triple nœud dans le nœud de la vie » : personne ne pourra porter atteinte à ta vie. Même si personne n’a eu autant d’ennemis que lui, David n’a rien à craindre, s’il écoute Avigaïl. « Tous ceux qui portent atteinte à ta vie seront jetés aux 4 coins de la terre. Laisse Hachem accomplir tout le bien qu’Il t’a promis, de te nommer roi d’Israël, mais si tu ne m’écoutes pas, tu tomberas et ne pourras plus te relever. Car cela te sera considéré comme répandre du sang gratuitement. Ecoute-moi et tu seras sauvé, et tu t’en souviendras toute ta vie. »

David répondit : « Baru’h Hachem, béni soit Hachem, le Dieu d’Israël. Tu m’as sauvé d’un désastre, tu m’as véritablement sauvé.

Nous verrons quelle a été l’erreur de David, et pourquoi il pensait que, dans ce cas précis, il devait réagir. Par ailleurs, quel a été l’argument d’Avigaïl pour lui faire comprendre qu’il ne devait pas réagir ?

C’est en épargnant Naval, et non en épargnant Shaül, que David a mérité de devenir roi d’Israël, lui et sa descendance, pour toutes les générations.

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