23 Avril 2012 Paracha Ahare Mot -Special Yom Atsmaout-

Télécharger Vidéo Télécharger Audio Le lien entre notre paracha et Yom Haatsmaout est la Terre d’Israël. A la fin de la paracha, il nous est dit : « vous ne vous comporterez pas sur cette Terre comme vos prédécesseurs, pour que la Terre ne vous vomisse pas comme elle les a vomit. »

Cela définit le rapport d’Israël à sa Terre : on ne peut s’y comporter n’importe comment car elle est appelée « Erets HaHaïm », une Terre vivante, qui réagit à ce que l’on y fait.

Nous apprenons d’abord que la Terrre vomit, ce qui suppose qu’elle mange. C’est ce qui nous était déjà dit par les Explorateurs : « c’est une Terre qui mange ses habitants » (traduit de façon erronée par « dévore »).

Manger n’a rien de péjoratif. Cette Terre nous mange, c’est-à-dire qu’elle nous intègre ; on devient un avec elle. Quand je mange, je transforme la nourriture et elle devient moi. Elle est mon énergie pour expliquer la Torah. Si je construis mon existence et je construis le monde, ma nourriture est ainsi élevée. De même, si je me laisse manger par cette Terre, je me fonds dans l’essence de ce qu’elle est, et je suis changé et élevé par elle.

Mais fais attention qu’elle ne te vomisse pas ! Car cette présence a un prix, qui peut être positif, mais aussi négatif. Elève-toi grâce à cette Terre, mais n’y fais jamais rien entrer qui la pousserait à te vomir. Tu dois toujours te demander : qu’est-ce que j’y fais, et quel est le Projet ?

La paracha passe en revue, de façon cachée, les 4 déviations possibles qui nous empêcheraient d’être intégrés par cette Terre. Elles correspondent à deux catégories : spirituelle et matérielle ; et il y a deux problèmes dans chacune.

Le titre choisi pour la paracha est toujours le cœur de la paracha. Son titre est Aharé mot, car elle explique : « Voici ce qui est arrivé aux 2 fils d’Aaron, quand ils ont apporté un feu étranger » (une offrande qu’ils n’auraient pas dû apporter)

Il s’agit ici de la relation entre l’homme et Dieu. Les fils d’Aaron apportaient la ktoret (l’encens) au Temple, mais ils ont fauté, car ce n’était pas leur rôle. Les bonnes intentions ne suffisent pas. Il y a une notion de LIMITES : ils sont cohanim mais c’est seulement le cohen gadol qui apporte l’encens. C’est pourquoi un feu les a brûlés.

L’homme ne peut décider par lui-même ce qu’il doit faire, même si c’est quelque chose de bien. Il y a une limitation, aussi, de lieu et de temps : ce n’est pas quand tu veux, ni où tu veux. Dans les 3 dimensions de l’existence : temps, espace et la personne, tu es limité. Cela, dans le domaine spirituel.

La paracha parle ensuite de la relation avec le monde : il est interdit de consommer le sang. Dieu nous a autorisés à manger la viande, mais non son nefesh, sa force, son énergie de vie. Or, l’endroit de la connexion entre le corps et l’énergie appelée nefesh, c’est le sang. Nous pouvons manger la chair, qui représente la dimension matérielle de l’animal, mais non le nefesh, la dimension spirituelle, qui est dans le sang.

De même pour la récolte, tu ne peux manger tant que tu n’as pas donné la trouma au cohen. C’est une énergie non consommable, pour toi, car cela te détruirait : seul le cohen peut manger ce « blé spirituel » et, lui, cela va le construire.

La fin de la paracha parle de toutes les unions interdites. L’homme et la femme sont faits pour s’unir, mais il y a des relations qui sont interdites. Elles sont vouées à l’échec. Hachem connaît le secret des connections, qui n’ont rien à voir avec la morale, ni le visible. La Torah vient nous montrer quels sont les bons choix pour nous.

La religion ment en nous disant que ces interdits sont un problème moral. Ensuite, lorsque l’homme constate que cela n’a pas de rapport avec la morale, il permet tout, et il vit n’importe comment. Mais la raison de l’interdit n’a rien à voir avec la morale. C’est une question de destinée du monde, de Projet qui se transmet de génération en génération, et de devoir de l’homme dans ce Projet.

Cela nous apprend le sens fondamental de l’un des Noms divins, Shaddaï, que connaissaient les pères d’Israël, et sous lequel Dieu a créé le monde. Il a dit au monde « daï, cela suffit », car Il ne pouvait laisser le monde s’étendre à l’infini ; Il devait le contenir à l’intérieur de limites.

Dans ce Nom Shaddaï, les 2 lettres dalet et youd font allusion aux 2 dimensions de la création : matérielle (représentée par le dalet, de valeur numérique 4 car tout, dans ce monde, a 4 éléments, ou 4 étapes….) et la dimension spirituelle (représentée par le youd, 1ère lettre du Nom divin, ainsi que la plus haute des lettres ; elle a pour valeur numérique 10 : 10 commandements, 10 makot, 10 du minyan… Yehoudi, Juif, dont la racine est youd, signifie que je porte en moi l’image du divin)

Dieu a dit « daï » aux 2 dimensions, spirituelle et matérielle, âme et corps, car elles sont, dans leur essence, infinies et remplies de forces infinies, afin de réaliser le Projet divin. C’est ce que l’on voit dans notre histoire : à peine sortis de la Shoah, nous recevons notre nouvel Etat et devons déjà le défendre, le défricher et le mettre en valeur. Ce pays qui, il y a 64 ans était un désert, avec ses marais et la malaria, est devenu aujourd’hui numéro 1 de l’agriculture mondiale, avec un essor économique extraordinaire ! Car cette Terre est vivante et dotée de forces infinies.

Il en est de même, dans le domaine spirituel. L’âme juive a cette force d’y croire encore, après tous les massacres de l’histoire et la Shoah, parce qu’elle est connectée à l’infini, et dotée de forces infinies. Notre Torah aussi a des forces infinies. Nous devons toujours savoir que rien n’est impossible, car nous devons assurer le Projet d’Hachem pour Son monde. C’est pourquoi nos forces doivent toujours être connectées à la Source.

Toute l’histoire du peuple juif tourne autour de la lettre hé. Avraham et Sarah ont vu leur nom changé. Nos Maîtres disent que le monde a été créé avec la lettre hé, symbole de la création du monde. Le hé est formé du dalet et du youd ; il est la réunion entre le corps et l’âme, l’union des contraires. Mais, pour réaliser cette union, il faut savoir nous limiter, et accepter l’autre qui est différent ; nous réunir pour construire le monde. C’est ainsi que le daï se transforme en hé.

C’est le sens de Yom Haatsmaout. Le peuple juif a une vocation, qui est la lettre hé, la réunion du corps et de l’âme. Le début de la paracha représente le Juif d’exil, l’exagération où tout n’est que spirituel. Et les deux derniers points représentent le Juif matérialiste qui a une nation, mais qui a oublié la dimension spirituelle. Dieu dit « Je veux un peuple qui réunisse les deux ». Dieu ne veut ni le dalet sans le youd, ni le youd sans le dalet, mais une réunion parfaite entre les 2. C’est cela, la Délivrance ! Le shin de Shaddaï (représentant Hachem), avec le dalet (matérialité d’Israël) et le youd (spiritualité d’Israël) forment ensemble le Nom divin. Et c’est le sé, l’agneau, apporté, pour sortir d’Egypte. Il s’écrit shin hé, et représente le Juif parfait qui mérite la Délivrance. C’est ce que nous voyons aujourd’hui : les extrêmes, finalement, se rejoignent, et l’on voit apparaître sur cette Terre le Juif complet, qui tend vers l’identité véritable d’Israël, qui cesse d’être un daï pour être un hé

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