12 Mai 2013 – Don de la Torah- Tu decides mais je choisis !

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MP4 MP3 RESUME DU COURS : \ »Les enfants d´Israël ARRIVERENT devant le Mont Sinaï\ » et \ »IL CAMPA…\ » Pourquoi la Torah emploie-t-elle, dans le même verset, le pluriel puis le singulier ? Rashi explique que le but est d´attirer notre attention sur le fait qu´en ce temps précis, tout Israël est parvenu à s´unir comme un seul homme avec un seul cœur, ce qui ne s´est jamais produit, ni auparavant, ni ensuite. Les enfants d´Israël arrivèrent devant Har Sinai à Rosh ´Hodesh Sivan, et se préparèrent durant 6 jours, pour recevoir la Torah. Un midrash raconte que, \ »lorsqu´Hachem vit qu´Israël était capable de s´unir ainsi, Il dit : c´est le moment propice pour leur donner la Torah\ ». Israël a donc mérité ce don, grâce à l´unité qui régnait entre eux. Mais pourquoi l´unité est-elle le réceptacle pour mériter le don de la Torah ? Cela nous montre que la Torah est donnée, non à des individus, mais à un peuple, une nation. Son but est, non de perfectionner l´individu, pour qu´il devienne un être spirituel, mais que le peuple juif, en la recevant, puisse jouer son rôle et réaliser la mission pour laquelle il a été choisi. Dans notre vie personnelle, nous devons donc avoir comme souci : que dois-je faire, au quotidien, dans l´accomplissement des mitsvot et dans mon étude de la Torah, pour aider mon peuple à progresser ? En quoi ma vie s´inscrit-elle dans celle de tout un peuple, pour apporter ma contribution à sa construction ? Mais, pour inscrire mon quotidien dans la vie de mon peuple, et savoir ce qui est bon pour lui, je dois d´abord savoir quel est le projet de mon peuple ! Car il y a un projet spécifique pour le peuple juif, projet qui impliquait le don de la Torah. Quel est donc le projet d´Israël ?

Dire que nous avons mérité la Torah parce que nous étions unis signifie que, sinon, nous ne l´aurions pas reçue. Pourtant, cela contredit d´autres textes où il est dit qu´elle n´a pas été donnée en raison de notre niveau. Par exemple, Rashi explique que le récit de la création fait allusion à quelque chose qui sera donné un 6ème jour. Dès le 6ème jour de la création, Hachem avait prévu que la Torah serait donnée le 6 Sivan. Par ailleurs, nos Maîtres expliquent que, lorsqu´Avraham partit en guerre contre les 4 rois, il se battit jusqu´au milieu de la nuit (mot pour mot \ »il partagea la nuit\ »). C´était un 15 Nissan et D. dit : Je coupe la nuit afin que la 2nde partie soit utilisée pour libérer Mon peuple. Avraham avait compris le secret de cette nuit du 14 au 15 Nissan, et qu´elle contient toutes les forces libératrices pour l´humanité entière. C´est pourquoi il partit cette nuit-là, et non une autre, pour sauver Lot. En effet, il avait vu qu´en Lot était contenue la Délivrance de toute l´humanité, puisque de Lot est sortie Ruth, et donc le roi David et le Mashiah. Avraham préparait, ainsi, la force messianique pour la délivrance du monde. La 2nde partie de la nuit fut mise de côté pour le sauvetage d´Israël qui serait le porteur, dans l´histoire, de cette force messianique.

De la même façon qu´Hachem a inscrit dans Sa création les règles de la nature, il a mis dans Son monde des mécanismes spirituels, des forces et des énergies, en particulier celles qui permettent à Son monde d´avancer vers la Délivrance ; ces forces se révèlent le 15 du mois de Nissan. Mais, pour sortir d´Egypte, il fallait aussi des conditions tellement difficiles que les 4 cinquièmes du peuple ne sortirent pas. C´est la symbiose, dans le Judaïsme, entre la nature et la Torah, entre D. et Son monde, entre la matérialité et la spiritualité. Il y a 10 paroles (\ »amirot\ ») pour la création, qui deviennent 10 paroles (\ »dibrot\ ») de la Torah, lorsqu´il se lève un peuple qui entende, comprenne et reçoivent ces paroles. C´est la différence, en hébreu, entre les mots \ »amirot\ », où quelque chose est seulement dit, et \ »dibrot\ » où il est aussi reçu. Ainsi, les 10 commandements sont l´écoute et la réception des 10 paroles dites dès le départ, dans la création ! Israël a compris, et reçu, ce qui avait été dit depuis le début du monde : tous les principes moraux, le Projet d´Hachem, et les instruments pour sa réalisation, tout se trouvait déjà là, mais devait être reçu et dévoilé !

De la même façon, un midrash dit que le fœtus, dans le ventre de sa mère, apprend toute la Torah, puis l´enfant l´oublie quand il naît ; par la suite, il ne fait que la réapprendre. En réalité, la Torah est déjà en nous et, quand nous l´entendons, elle revient à notre mémoire. Chacun la comprend suivant la façon dont elle lui a été enseignée, quand il était encore fœtus. C´est pourquoi nous ne pouvons, ni penser que nous détenons la vérité, ni chercher à imposer notre compréhension aux autres, car chacun a été conditionné par ce qui lui a été enseigné, en tant que fœtus. Toute la structure de l´être se prépare, dans le ventre de sa mère : son corps, mais aussi sa dimension morale et spirituelle. La différence est que le corps lui est imposé, alors qu´il doit dévoiler sa dimension morale et spirituelle. Grâce à ses mérites, il parvient à en dévoiler une partie. Mais ce dévoilement est seulement potentiel, en nous.

La sortie d´Egypte et le don de la Torah étaient aussi potentiels. Ils ne pouvaient se produire, respectivement, qu´un 15 Nissan et un 6 Sivan, mais de quelle année, et dans quelle génération ? Cela dépendait des mérites du peuple.

On comprend ainsi que la Torah n´est pas une religion, mais c´est la lumière qui transforme les 10 paroles de la création en 10 commandements : quand je me rends compte que, dans ma vie, il n´y a qu´Hachem et que c´est Lui qui crée, qui me parle, et qui donne un sens à tout, c´est la vraie Torah. Quand je suis connecté à Lui et que je comprends ma vie, c´est la vraie récompense qui est donnée à l´homme de Torah. Mais, même quand je ne comprends pas, je dois savoir qu´une grande part de ma vie ne m´est pas révélée et m´échappe, et je l´accepte. C´est l´humilité de celui qui est connecté à D.


30 novembre -0001