27 Aout 2012 -Talmud Kidouchim- Le faux bien debouche sur le vrai mal

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MP4 MP3 Si un homme regrette, à un moment donné, le bien qu´il a fait, cette pensée de regret a la force d´annuler, dit Rashbi, toute sa vie de bien.

Mais cela semble contredire un autre principe du Talmud selon lequel : \ »si un homme se dirige vers la faute et est empêché de la commettre, cela n’est pas comptabilisé contre lui\ ». Car \ »Hachem ne permet pas à une pensée mauvaise d’être considérée comme une action.\ » Comment une mauvaise pensée peut-elle donc annuler les bonnes actions faites, dont l´effet continue d´ailleurs à exister même après qu’il ait regretté ?

Parmi toutes les explications possibles, il y a cette affirmation de Rashbi, selon laquelle le bien est nitsri, il est éternel ; il est impossible de le regretter, sauf si dès le départ ce n’était pas un véritable bien. Par exemple, dans le cas de Rabbi Elisha Ben Abouya, devenu A’her parce qu´il s’est battu contre Am Israël et contre l’étude de la Torah, nos Maîtres ont recherché, dans son passé, pourquoi il en est arrivé à faire le mal et ont trouvé 2 explications. Dès le départ, son bien n´était pas sincère, mais intéressé ; le but véritable n´était pas les autres, mais lui-même : il voulait servir la Torah afin de recevoir les honneurs. Son changement vers le mal a seulement mis en évidence que, dès le départ, ses motivations n´étaient pas bonnes.

Nos Maîtres en déduisent que, si un homme fait un bien intéressé, mais ne le remet pas en cause, ce bien sera quand même comptabilisé pour lui. C´est seulement s´il veut détruire son bien qu´il pourra être détruit, puisque ce n´était pas un bien véritable.

Mais peut-on concevoir qu´un homme véritablement bon, qui fait du bien, puisse devenir méchant ? Il y a 2 avis différents : le 1er affirme que non, car le bien qu’il fait le protègera toujours de toute mauvaise influence, comme une muraille autour de lui ; pour cette opinion, ne peut devenir méchant que celui qui était faussé dès le départ.

Dans le 2nd avis, l´homme bon peut devenir méchant mais, si le bien qu’il a fait était un vrai bien, il ne le regrettera pas. Pour cette 2nde opinion, il y a donc 3 cas : celui qui fait le bien et ne deviendra jamais méchant ; celui qui ne faisait dès le départ qu’un bien artificiel, et regrettera ses bonnes actions ; et celui qui a fait un vrai bien, qui peut ensuite devenir un homme méchant, mais ne regrettera jamais son bien.

Mais le Talmud ne tranche pas cette question de savoir si l´homme qui a fait le bien peut ensuite devenir méchant.

L´une des explications intéressantes, données sur ce point, est qu´il y a 2 types de bien que l’homme puisse faire, en raison de sa motivation : il peut vouloir apaiser la détresse et la misère dans le monde ; mais il y a aussi un bien beaucoup plus haut, lorsque l´on cherche l’honneur du Créateur car, si le monde reste cet état, c’est un déshonneur pour le Roi. Celui qui agit ainsi, en se souciant de l’homme et aussi d’Hachem, son bien le protègera de la chute, et il est impossible qu´il dévie.

Il y a donc 3 catégories de bien : celui que l’homme fait dès le départ par intérêt, qui ne le protègera pas, et s´il tombe il finira même par le regretter ; le bien que l’on fait pour les créatures, mais non pour le Créateur, bien qui ne protègera pas, mais on ne le regrettera jamais ; et le bien parfait, que l´on fait à la fois pour les créatures et pour le Créateur, et celui-là protègera : on ne deviendra jamais méchant, et on ne regrettera jamais le bien que l´on aura fait.


30 novembre -0001