28 Mai 2013 -Talmud- Fidelite, adultere, pourquoi?

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MP4 MP3 RESUME DU COURS : Il est une loi dans la Torah selon laquelle, si une femme mariée trompe son mari, elle lui devient interdite pour l´éternité. Même si le mari lui donne un guet (acte de divorce), elle ne pourra pas non plus se marier avec son amant, car c´est à cause de cet homme que la femme est devenue interdite à son mari ; il ne pourra donc pas la prendre pour lui. On remarquera que, si une femme trompe son mari, cela prouve qu´elle n´était pas son vrai zivoug, c´est pourquoi on la lui interdit pour l´éternité, car le zivoug est le lien d´âme éternel.

Nous avions vu que, selon Rabbenou Tam, la faute la plus grave, pour une Juive, est de tromper son mari avec un Juif. Il fait la distinction entre la faute elle-même et ses conséquences. Par exemple, l´abomination sexuelle la plus grave est d´aller avec un animal, mais les conséquences sont moins graves qu´avec un humain car, avec un animal, on sait qu´on ne construit rien.

Se présenta à Rabbenou Tam le cas d´une femme mariée avec un Juif ; elle vécut avec un non-Juif, se convertit au christianisme et se maria avec ce non-Juif ; entretemps, elle reçut le guet de son mari. Par la suite, elle fit téshuva et son nouveau mari décida de se convertir au Judaïsme. Rabbenou Tam, voyant sa sincérité, le convertit et les maria. Pourtant, elle était allée avec lui avant de recevoir le guet. Mais, dit Rabbenou Tam, à ce moment-là, il n´était pas Juif et, même si c´est une grave faute, les conséquences ne sont pas aussi graves qu´avec un Juif (dans ce cas, il aurait été impossible de les marier)

Rabbenou Itz´hak, au contraire, dit qu´elle est interdite à son mari, même si elle a eu une relation avec un non-Juif car, par rapport à son mari, il n´y a pas de différence. Il s´appuie sur différents exemples, notamment celui d´Esther. Mordechai lui dit d´aller vers A´hashverosh, pour intercéder en faveur du peuple juif. Mais, dans ce cas, on ne pouvait plus dire qu´elle était violée, puisqu´elle y allait volontairement. Esther répondit à Mordechai \ »je te serai interdite pour toujours\ ». Cela prouve bien, dit Rabbenou Itz´hak, qu´une relation avec un non-Juif a les mêmes conséquences qu´avec un Juif.

La distinction entre la faute et ses conséquences est extrêmement importante. En effet, il se peut que l´on fasse teshuva, mais que les conséquences de notre faute restent ; le tikoun, la réparation, n´est pas toujours possible (par exemple, si l´on a blessé quelqu´un et qu´il est devenu infirme ; ou si une femme a une relation adultère d´où naîtra un enfant, qui lui-même en aura d´autres…) Les conséquences nous dépassent parfois complètement et il faut quelquefois beaucoup de temps pour réparer une faute dont on s´est repenti en un instant.

Quand une femme mariée va avec un autre homme, en général, elle cherche à combler un manque ; elle croit à la relation avec un autre homme, et c´est pourquoi elle ne peut revenir avec son mari. L´atome familial est la base de notre peuple et, dans ce cas, il a été rompu. Par contre, Rabbenou Tam dit que, pour ce qui est de l´amant, les conséquences sont différentes s´il est non-Juif, car la femme sait qu´elle ne peut rien construire avec lui ; et le non-Juif sait qu´il n´a pas d´avenir avec elle. Au contraire, un Juif pourrait vouloir une relation avec elle, en vue de la prendre pour lui, et c´est pourquoi la Torah la lui interdit. Ce que la Torah interdit, c´est l´idée d´une construction avec un autre que le mari.

La Torah dit qu´une Juive ne peut se marier avec un non-Juif : au regard du Judaïsme, ils ne sont pas mariés. D´ailleurs, au plus profond, ce couple saura qu´il n´est pas vraiment marié. C´est pourquoi 80 pour cent des mariages mixtes se terminent, soit par une séparation, soit par une conversion, car ce sont deux êtres fondamentalement différents. Au fond d´eux, ils n´auront jamais les sensations qu´ils auraient pu avoir, elle avec un Juif, et lui avec une non-Juive. Il ne peut y avoir de fusion entre eux. C´est pourquoi le couple dont nous parlions s´est adressé à Rabbenou Tam pour la conversion du non-Juif, car ils sentaient bien, en eux, qu´il y avait un problème. Cet homme a su qu´il devait entrer dans une autre dimension, pour être vraiment avec elle.

On se rend compte que nos Maîtres considèrent l´adultère, non pas sur le plan de la débauche, mais au niveau des pensées, du fantasme. Si l´on est heureux dans son couple, on ne va pas chercher ailleurs. On est seulement en recherche de ce qui nous manque à la maison. C´est pourquoi les lois sur l´adultère sont fondées sur ce qui se passe dans la pensée.


30 novembre -0001