30 Avril 2012 Talmud Kidouchim sixieme cours – Y a t´il une recompense dans ce monde?

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MP4 MP3 La Torah promet explicitement une longue vie et le bonheur pour l’accomplissement de 2 mitsvot : le respect des parents, et la mitsva de chasser la mère avant de prendre les oisillons.

Rabbi Yaakov explique que ces promesses de la Torah concernent la vie dans ce monde, mais seulement après la Délivrance finale (le Olam Haba), et non dans ce monde tel qu’il est actuellement.

Il prend l’exemple d’un père qui demande à son fils de monter sur une construction afin de lui rapporter des oisillons. Le fils accomplit cette mitsva difficile et dangereuse, comme le lui avait demandé son père ; de plus, il chassa la mère avant de prendre les oisillons mais, en redescendant, il tomba et mourut.

Cela soulève une question fondamentale : même si rabbi Yaakov a vu un tel exemple, de quel droit peut-il en tirer une interprétation de la Torah du Maître du monde ? En effet, rabbi Yaakov n’exprime pas seulement un avis personnel, mais il explique la Torah elle-même !

C’est le texte par excellence qui nous permet de comprendre ce qu’est la Torah she be’alpe. Les Maîtres de la Torah avaient un tel niveau de connexion avec Hachem et une telle fusion avec la Torah, quelles que soient les situations, qu’ils savaient qu’à travers leur propre existence passaient des messages pour le monde, afin de comprendre la Torah. D’ailleurs, la Torah écrite elle-même est composée d’histoires d’hommes et de femmes qui sont devenus des modèles et un enseignement pour toutes les générations.

On comprend ainsi que la Torah she be’alpe est au même niveau que la Torah écrite et qu’elle nous sert de modèle de la même façon. Les Maîtres du Talmud (c’est-à-dire une centaine de Maîtres, Tanaïm et Amoraïm, sur une période d’environ 500 ans) étaient de tels géants de la Torah, qu’ils servent pour nous de canaux : leur vécu personnel devient la signification même de la Torah.

Les Maîtres qui sont venus ensuite, bien que très grands, ont seulement expliqué ce qui avait été écrit avant eux, mais n’ont pas interprété la Torah elle-même à partir de leur propre vécu.

La Guemara suggère que ce fils dont parle Rabbi Yaakov était peut-être « quelqu’un dont les pensées étaient collées à la faute » ? Rabbi Yaakov ne pouvait savoir ce qu’il avait dans la tête ! Mais ils répondent que, même si sa pensée était une pensée de faute, il y a un principe fondamental : les mauvaises pensées ne sont pas assez fortes pour amener dans ce monde une punition d’Hachem (car tous les hommes ont de mauvaises pensées, et personne ne subsisterait !).

Par ailleurs, même si ce fils avait commis auparavant des fautes qui lui avaient mérité cette punition, il est un principe que, au moment où il fait une mitsva, s’il la fait bien, le décret qui pèse sur lui ne peut s’accomplir. Il peut y avoir punition seulement pour quelque chose qui se passe en lui au moment même de la mitsva.


30 novembre -0001