3 Mai 2012 Paracha Emor – Est on juif par la mere ou par le pere?-

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MP4 MP3 La fin de la paracha raconte qu’un homme, de père égyptien et de mère juive, surgit du milieu du camp d’Israël et maudit (« troua ») le Nom d’Hachem. Sa mère s’appelait Shlomit bat Divri.

Ce genre de textes prouve que fut donnée à Moshé, avec la Torah écrite, une explication orale, qui se transmit ensuite de génération en génération. Car, sinon il serait impossible d’en comprendre le sens, et pourquoi les rapporter.

Rachi explique qu’il y eut 2 problèmes qui ont fait exploser cet homme de colère. Le 1er est lié au passage précédent qui concerne les 12 pains déposés sur la table, dans le Tabernacle. On les changeait le shabbat. Cet homme dit que ce n’est pas ainsi que l’on doit servir le Roi. Quand on lui répondit que, par un miracle permanent, ces pains restaient chauds et ne séchaient pas, il se révolta et maudit le Nom d’Hachem.

Selon la 2ème explication de Rachi, il était de la tribu de Dan par sa mère. Or, selon la loi, le partage de la terre entre les tribus se faisait en fonction du père. Il s’installa dans le camp de Dan, mais en fut chassé. Le tribunal déclara qu’il ne peut venir au nom du droit, d’un dû, mais seulement du Hessed. Et il maudit le Nom d’Hachem.

Quel lien y a-t-il entre ces 2 explications ? Et pourquoi ne peut-il revendiquer une place dans le territoire de Dan, par sa mère ?

Au tout début de la Torah, il est dit « Il les créa mâle et femelle ». Puis, dans un autre verset : « mâle et femelle, Il le créa », au singulier cette fois-ci. En effet, la Torah ne fait pas allusion à la création physique de l’homme, mais au caractère de l’être humain : chacun a été créé avec une force masculine et une force féminine. La nature profonde d’un individu comporte ces deux forces.

Les Maîtres disent que ces 2 dimensions permettent à l’homme de déployer des forces pour se connecter au céleste, au-dessus de ce monde (c’est le masculin, za’har), et aussi des forces appropriées à ce monde (le féminin, nekeva) : l’homme apporte la potentialité et la femme, qui est plus concrète, apporte la réalisation, la matérialité.

L’humain est appelé za’har et nekeva, car il doit être doté de ces deux forces qui lui permettront d’agir dans les deux mondes, spirituel et matériel.

Du père, l’enfant reçoit la dimension spirituelle, et de la mère, il reçoit la dimension matérielle, et cela d’une façon équilibrée. Mais un déséquilibre peut survenir : par exemple, si les lois de pureté familiale ne sont pas respectées, cela entraînera une déconnexion et il manquera la dimension féminine. L’enfant qui naîtra portera en lui un déséquilibre par rapport au monde matériel. Il peut y avoir, aussi, déconnexion et manque de la dimension paternelle, dans le cas où l’adhésion sentimentale ne serait pas totale, entre l’homme et la femme. Lorsque le père n’est pas Juif, la dimension du père n’est pas connectable avec Israël. L’enfant est donc conçu sans la dimension spirituelle juive.

Les 2 révoltes de cet homme ont la même signification. Pourquoi le miracle des pains qui restent chauds le dérange-t-il ? Certes, il acceptait un miracle quand il était question de vie et de mort (par exemple l’ouverture de la mer, la manne du ciel, l’eau du rocher….) Au contraire, ici, il est possible de respecter les lois de la nature et d’apporter le pain chaque jour dans le Temple. Pourquoi, donc, provoquer un miracle ? Car « On n’a pas le droit d’aller au-devant du miracle quand ce n’est pas nécessaire ».

Dans la dimension matérielle, féminine, on ne peut demander un miracle, quand on peut l’éviter. Certes, on a besoin de la dimension féminine pour se connecter avec Dieu (le Temple est féminin, « la maison, c’est l’épouse ») Mais on lui répondit que le féminin n’est que le réceptacle, le moyen d’arriver au masculin et de dévoiler la dimension surnaturelle, masculine.

Pourquoi a-t-il été jusqu’à maudire Hachem ? C’est parce qu’il n’a en lui que la dimension féminine. Il n’est pas connecté au monde surnaturel du miracle. Et il s’est révolté et a « troué » le Nom de Dieu (nokvo qui a la même racine que nekeva).

La raison est la même pour le partage de la terre : la terre, la nation, sont féminines ; pour avoir une part de la terre, il suffit d’avoir une mère juive. Mais le partage se fait selon le père, car la dimension féminine n’est que le moyen de dévoiler la dimension masculine. Il a refusé et s’est révolté, car il a seulement la dimension féminine.

On remarquera qu’il est parlé, en hébreu comme en français, de la « mère patrie », ce qui exprime que la terre est maternelle ; mais « patrie » vient du mot « pater », « père », ce qui montre bien la difficulté de l’homme à se situer par rapport à cette réalité complexe.

C’est, d’ailleurs, toute la discussion entre ceux qui prennent le moyen comme le but, et inversement. Par exemple, il y a dans la Torah le devoir absolu de vivre en erets Israël. Mais, en même temps, être en Israël n’est que le moyen (incontournable) pour arriver à l’essentiel qui est la connexion avec Hachem. La personne qui vient ici sans se connecter avec Hachem a pris seulement le moyen, mais sans arriver au but, et cela ne lui donne pas la vie.

Si tu es Juif, mais que tu n’as pas la terre, c’est comme avoir le robinet de l’eau de la Torah, mais tu n’as pas de réceptacle pour la recueillir. Le but est d’étudier la Torah, mais le moyen incontournable est d’être ici, en Israël. De même, avoir le moyen (être en Israël), sans étudier la Torah, est stérile. Les 2 sont une erreur. Il faut le juste milieu. Mais le monde ne veut pas le chemin du juste milieu.

Nous avons parlé de la conception des enfants, et d’une dimension qui peut manquer, dans l’identité de la personne. Mais la téshouva a la force de tout réparer, en elle. Par ailleurs, pour ce qui concerne un converti, la Torah nous dit qu’il naît au moment de la conversion, et il reçoit une âme qui vient directement d’Avraham et Sarah. Le monde a été créé sur le principe de la réparation : il y a des problèmes, mais il y a aussi la réparation.


30 novembre -0001