7 Mai 2012 Paracha Behar -Une graine volee ne pousse pas-

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MP4 MP3 On peut se poser des questions fondamentales : quelle est la mission du peuple juif ? Pourquoi la Torah ? Et, dans la mesure où ce peuple et sa Torah n’ont de sens que par rapport à la terre d’Israël, pourquoi la promesse et l’entrée dans cette terre ?

La réponse est donnée dans les 1ers versets de notre paracha : « voici ce qu’Hachem a dit à Moshé sur le Mont Sinaï : parle aux enfants d’Israël et tu leur enseigneras : lorsque vous arriverez sur cette terre (promise) que je vais vous donner, alors la terre reviendra à Hachem. » (« reviendra » car « shavta », « shabbat », a pour racine « shouv » qui signifie revenir. Le shabbat, c’est revenir à Hachem ; l’homme s’est éloigné de sa source et y revient. Mais, ici, c’est la terre qui fait shabbat. En quoi la terre s’éloigne-t-elle et doit-elle revenir à Hachem ?)

Sur le Mont Sinaï, Moshé n’a pas enseigné que cette loi-là, car il a reçu toute la Torah, écrite et orale. Pourquoi ce verset parle-t-il seulement de la terre ? Les Maîtres disent que l’intention du verset est de résumer l’essence fondamentale de toute la Torah, l’accomplissement du véritable Projet pour lequel tout a été donné : que la Terre revienne à Hachem. Que signifie, donc, ramener la Terre au Maître du monde ?

Suivent d’autres sujets qui, apparemment, n’ont pas de rapport avec ce début, ni les uns avec les autres : d’abord, la loi de la shmita de la terre, tous les 7 ans ; puis, il est dit que, si un homme se trouve dans une situation difficile, on ne doit pas profiter de sa détresse : s’il est contraint à vendre un de ses biens, ou son champ, ou sa maison, puis qu’il veuille redonner l’argent, on doit lui restituer son bien ; et, s’il doit emprunter, on ne peut lui prendre d’intérêts. Pourquoi cette suite de catastrophes, et quel rapport avec le retour de la terre ?

Les Maîtres expliquent que la Torah veut nous faire comprendre comment fonctionne ce monde : au lieu de ramener la terre à Hachem, l’homme se dit : c’est mon bien, c’est mon champ, alors pourquoi le laisserais-je en friche pendant un an, la 7ème année ? Il rentre, alors, dans un processus où, par des difficultés de plus en plus grandes, Hachem essaie de lui faire prendre conscience de son erreur, et de le ramener à Lui. Toute personne qui veut s’approprier le monde, ou tout peuple qui veut tout dominer, déclenche lui-même le processus de sa propre faillite. Dans les prophètes (Jérémie, Esaïe….) c’est l’argument qui revient sans cesse : « vous serez en exil parce que nous n’avez pas respecté la shmita ».

Mais la Torah dit aussi : « Tu compteras 7 fois 7 ans et la 50ème année, tu cesseras tout travail de la terre » (en plus de la 49ème année). Et Dieu promet : J’ordonnerai ma bénédiction, au point que la 48ème année, la récolte sera celle de 4 ans de culture et vous permettra de manger durant 4 ans.

Pourtant, dans la vie pratique, on constate que c’est faux. Si le monde était tel qu’il doit être, on verrait que les mécanismes décrits par la Torah sont vrais, mais on ne peut encore les voir car on ne le mérite pas.

Les Maîtres disent : « quand un homme vole une graine et la plante, elle ne pousse pas. » En réalité, tout un processus se met en place et, par la sécheresse, des intempéries, un accident, une maladie, etc… Hachem donne des signes à cet homme pour le ramener à Lui.

Les mécanismes de fonctionnement selon la Torah existent, mais nous ne savons pas les lire, car nous nous sommes éloignés d’Hachem. Il faut ramener la réalité à Hachem signifie savoir lire les signes et voir que la vie du monde, qui semble contredire les mécanismes de la Torah, n’est qu’une illusion. Plus nous revenons à Dieu, et plus nous recevons de Lui des signes clairs, lorsque nous faisons fausse route. Tout devient alors transparent, et nous nous rendons compte que nous vivons dans un monde qui est régi par le Maître du monde.

C’est pourquoi il est dit : « voici ce que Dieu a ordonné à Moshé sur le Mont Sinaï », car c’est l’unique but de notre construction morale et spirituelle : devenir capables de voir que, dans ce monde qui semble fonctionner en dépit de la volonté d’Hachem, en réalité, rien ne peut aller contre cette volonté : « im lo bemoa’h az bekoa’h » : le Projet d’Hachem s’accomplira, mais le problème est comment je vais vivre à l’intérieur de ce Projet : soit j’y arriverai de moi-même, soit j’y arriverai par force.

La vraie réalité n’est pas ce que nous voyons, mais ce que Dieu a dit. Tous les signes qui semblent aller contre Sa volonté ne sont que des illusions, et nous devons seulement avoir confiance et marcher avec foi dans le Projet. L’étude de la Torah nous en donnera la force, car elle nous donne une clarté pour voir la vérité, derrière les apparences et les illusions.

Certes, aujourd’hui, nous ne voyons pas les bénédictions, car nos critères de la réussite sont empreints, non de la Torah, mais d’un monde qui n’est pas vrai. Par exemple, en vivant sur cette terre d’Israël, nous vivons une bénédiction, et nous sommes en présence du bonheur, mais nous ne savons pas le voir, car nous sommes empreints d’une définition du bonheur qui est fausse.

Il nous faut toujours remonter à la Source et lire les messages qu’Hachem nous adresse, au travers de notre réalité.


30 novembre -0001