Les saouls de D. -Pourim- 12 Mars 2014

Posté il y a 5 années by rav Haim Dynovisz
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MP4 MP3 RESUME DU COURS : Le calendrier toraique commence avec une fête, Pessah, et se termine avec une autre fête, Pourim. Selon le principe que tout se dévoile au moment de la fin, il y a forcément un lien entre Pessah et Pourim.

Le point commun est qu\’elles sont essentiellement le résultat de l\’action d\’un homme, Moshé pour l\’une et Mordechai pour l\’autre. Tous deux ont dû affronter un tyran et l\’ont fait sans la moindre peur ni hésitation. De plus, dans ces deux fêtes, on parle de délivrance, soit par la sortie d\’Egypte, soit par la délivrance du danger d\’extermination par Haman, et l\’autorisation de revenir à Jérusalem et d\’y reconstruire le Temple. Moshé et Mordechai étaient des hommes de Torah (qui, seule, peut donner à un homme cette force et ce courage) ; mais il s\’agit de LA TORAH AU SERVICE DE L\’ACTION, et non de celle qui fait fuir ce monde. Tel est le signe d\’un libérateur !

Notre délivrance dépend de notre capacité à engendrer des hommes de Torah qui n\’aient pas peur des tyrans, car la délivrance d\’Israël revient à réparer la faute de Adam et des générations. On voit ce lien entre la faute et la peur, lorsqu\’Adam dit à D : je me suis caché parce que j\’ai eu peur. Moshé et Mordechai n\’avaient peur, et c\’est la preuve qu\’ils avaient réparé la faute.

Il y a d\’autres points communs entre ces deux fêtes : d\’abord le repas, seder ou mishté, qui en est le point central ; de plus, le vin y est à l\’honneur, par les 4 coupes de Pessah et par le vin du mishté. Mais il y a aussi d\’énormes différences entre les deux : Pessah est un \ »yom tov\ », une fête avec des lois proches du Shabbat, alors que Pourim est un \ »yom \’hol\ », un jour profane ; de plus, Pessah est une véritable délivrance, tandis qu\’à Pourim, nous ne sommes pas vraiment sortis de l\’exil, mais nous sommes passés successivement d\’un joug à un autre, et nous sommes encore dans l\’exil d\’Edom ; enfin, à Pessah, les miracles sont visibles et le Nom de D se révèle pour la première fois dans l\’histoire, tandis qu\’à Pourim, tout est voilé au point que le Nom de D ne figure même pas dans la Méguila.

Pessah semble donc une fête plus haute. Pourtant, on remarquera que, paradoxalement, à Pourim, il y a des dévoilements beaucoup plus grands ; de plus, à Pessah, on ne boit que 4 coupes de vin, tandis qu\’à Pourim on boit sans limite, jusqu\’à ce qu\’on ne puisse plus faire la différence entre Mordechai et Haman : \ »Ad d\’Lo Yada\ », jusqu\’à arriver à un niveau de conscience tel qu\’on ne fait plus la différence entre le bien et le mal ; on remonte à la racine de tout, où tout est fondamentalement un et l\’on perçoit que, même le mal fait partie du Projet divin. Un jour viendra où l\’on se rendra compte que tout était lumière et, à Pourim, celui qui est méritant reçoit de voir déjà cette lumière s\’ouvrir à ses yeux et il arrive à ressentir que tout est pour le bien. La faute d\’Adam fut de manger de l\’arbre de la connaissance du bien et du mal, ce qui montre que, auparavant, il ne ressentait pas le bien et le mal comme des entités séparées et savait que tout est un. A Pourim, lorsque l\’on boit, cela crée un canal nous permettant de recevoir les énergies spirituelles venant du monde de \ »Lo Yada\ » qui est au-dessus du bien et du mal. On ne ressent plus ni mal ni tristesse, mais l\’unité.

Au contraire, à Pessa\’h, il y a le \ »seder\ » qui signifie que tout est ordonné et on ne fait pas ce que l\’on veut ; il y a aussi la différenciation et une distinction claire entre les \ »bons\ » qui sont sauvés par D et les \ »méchants\ » qui reçoivent les makot puis sont noyés dans la mer. C\’est un jour de dévoilement divin, mais notre perception est limitée, alors que Pourim est l\’obscurité divine totale, mais nous y avons une perception illimitée.

C\’est le paradoxe de l\’histoire juive : dans les moments d\’obscurité les plus profonds se révèlent les lumières les plus élevées alors que, dans les dévoilements les plus grands, ne se dévoilent pas forcément les lumières les plus hautes. C\’est dans les époques les plus sombres de notre histoire que notre peuple a produit les plus grandes lumières. Les obscurités par lesquelles nous avons dû passer ont été les matrices de nos plus grandes lumières. Pouvions-nous les atteindre autrement ? Oui, car Kippour a les mêmes lettres que \ »képourim\ », \ »comme Pourim\ ». Nos maîtres disent qu\’à Pourim on atteint, en mangeant et buvant, le même niveau, et même davantage, qu\’à Kippour en jeûnant et pleurant. Si nous avions fait le bon choix, nous aurions atteint un niveau encore plus haut, par la joie au lieu de la peur !

Toute la Torah s\’enracine dans la sortie d\’Egypte, dont le souvenir est éternel. Pourtant, il nous est dit que la fête de Pourim est la seule qui restera. Nos Maîtres disent que la Délivrance fera apparaître une nouvelle fête qui sera à la fois Pessah (dévoilement de D extraordinaire que même les nations peuvent voir) et Pourim (des sommets de dévoilement au niveau de la perception humaine, à l\’intérieur de notre peuple). On remarquera que Pourim à Jérusalem incarne la fête de la Délivrance, car il tombe le 15 du mois, comme Pessah (15 Nissan) et il s\’appelle \ »Shoushan Pourim\ », évocation de la \ »shoshana\ », la rose, symbole d\’Israël. Pourim fait allusion à la délivrance de la rose, selon les premiers mots du Zohar : \ »comme une rose au milieu des ronces…\ »

Certes, Pessah est plus céleste, c\’est la fête du dévoilement de D dans ce monde, mais l\’homme reste plus bas. Pourim est la fête du dévoilement de la grandeur spirituelle de l\’homme. Et la Délivrance dépend de l\’union des deux : un homme immense dans un monde où D. Se dévoile.


30 novembre -0001