Pourquoi les nations deviennent Bne Adam- Premier cours- Apres midi du 9 Av 5773

Posté il y a 6 années by rav Haim Dynovisz
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MP4 MP3 RESUME : C’est après une longue préparation que j’ai lancé ce sujet des \ »Bne Adam\ », où j’explique qu’une nouvelle conception doit maintenant être dévoilée, se construire et se renforcer, entre Israël et les nations ; conception qui ne sera plus gérée par l’appellation des \ »enfants de Noa\’h\ » car la relation est désormais hissée, élevée au niveau de \ »Bne Adam\ » : les non-Juifs deviennent, non plus seulement \ »Bne Noa\’h\ », enfants de Noa\’h, mais \ »Bne Adam\ », enfants de Adam.

J’ai planté une graine. Après un temps d’attente, je vois que la terre l’a acceptée et la graine a pris. Nous pouvons maintenant aller plus loin.

Dans les contacts et rencontres avec de plus en plus de non-Juifs, au début, nous avons travaillé à l’intérieur des seuls outils mis à notre disposition et, en particulier, du concept de Bne Noa\’h. Mais je sentais depuis longtemps que ce concept n’était plus suffisant.

Car il faut tenir compte des changements survenus dans l\’histoire juive, par le retour d’Israël sur sa terre, changements liés à la Délivrance d’Israël. Ils impliquent une transformation des relations entre Israël et les nations. Quelque chose de nouveau doit naître, et va naître ; une nouvelle approche qui n’a plus rien à voir avec l’ancienne !

Tant que nous étions en exil, notre relation avec les nations était, elle aussi, en exil. On lui avait donné le nom de \ »Bne Noa\’h\ ». Mais, à mesure que nous nous approchons de la Délivrance, Israël commence à se connecter aux principes fondamentaux de sa Délivrance finale. Nous passons à une nouvelle dimension, à l\’intérieur de laquelle les enfants des nations ne sont plus Bne Noa\’h, mais Bne Adam.

Ce concept est infiniment profond. Il naîtra véritablement au moment de la Délivrance ; ensuite, il y aura toutes les étapes de son développement qui sera infini. Car la relation retrouvée, reconstruite et saine, entre Israël et les nations, commencera seulement à la Délivrance. Pour l\’instant, nous sommes dans la phase de gestation ; l’histoire de l’humanité est enceinte de ce concept.

Nous évoquerons ici, tout d\’abord, la différence entre Adam et Bne Adam. Rasbi, le Maître du Zohar et de tous les secrets, nous révèle que \ »atem krouim Adam vé ein oumot haolam krouim Adam\ », \ »vous (Israël) êtes appelés Adam, mais les nations ne sont pas appelées Adam\ ». Israël est appelé Adam, et les nations qui reconnaissent sa place sont Bne Adam. J\’en veux pour preuve la Torah elle-même où, dans de très nombreux versets du Cantique des cantiques, le roi Salomon s\’adresse aux \ »Bnot Yerusalaim, les filles de Jérusalem\ ». On pourrait penser qu\’il s\’agit des habitantes de Jérusalem. Or, tous nos commentaires, sans exception, disent que Salomon parle des non-Juifs : viendra un temps où toutes les nations reconnaîtront Jérusalem comme la capitale de D., confiée au peuple juif. Lorsqu\’elles reconnaissent la place de Jérusalem, elles sont appelées par la Torah \ »Bnot Yerushalaim\ ». Quand elles reconnaissent une notion juive fondamentale, elles portent le nom de \ »fils\ » et \ »filles de\ ».

Or, Israël est appelé Adam, ce qui signifie que le modèle humain fondamental a été confié à Israël. Nous sommes les seuls à avoir accepté la Torah, seul endroit où soit expliquée l’identité de l\’homme véritable. Nous sommes donc les porteurs de l’identité humaine authentique, celle de l\’homme dont il est dit qu’il est à l’image du Créateur, \ »tselem Elokim\ ». Quand les nations reconnaissent que l\’identité adamique véritable se trouve dans la Torah d\’Israël, et qu’elles demandent à être enseignées pour faire partie, elles aussi, de cette identité universelle, à l’intérieur de laquelle elles ont aussi une place, alors elles s’appellent Bne Adam.

Israël est Adam, tout simplement parce qu\’il est porteur de la Torah. La Torah dit d\’elle-même \ »Zé sefer toldot haAdam\ » : elle se nomme elle-même \ »le livre de l’histoire de l’homme Adam\ ». Et ceux qui veulent un lien avec cette véritable identité humaine, soit s’appellent Adam, s\’ils sont Juifs, soit Bne Adam, s\’ils sont des nations.

Il y a une différence essentielle avec le concept de Bne Noa\’h. Car Noa\’h ne représente pas le non-Juif parfait dans sa valeur absolue. Il représente, au contraire, le non-Juif dans sa perfection provisoire, c’est-à-dire à l’intérieur d’un monde en train de chuter, de se corrompre et de disparaître. Il nous est montré ce que doit être un non-Juif, quand il vit dans des générations qui sombrent et vont disparaître. Le modèle noa\’hique, qui était celui de ce contexte-là, ne peut donc être le modèle final. Il est un CONCEPT DE SAUVETAGE, QUAND TOUT SOMBRE ; il représente l\’espoir que tout n\’est pas perdu. Il n\’est pas un concept d’aboutissement !

Par ailleurs, la Torah emploie l’expression \ »matsa ‘hen be einei Hachem, il a trouvé grâce aux yeux d\’Hachem\ ». Ce qui signifie que ses propres mérites n\’étaient pas suffisants. Selon la loi stricte, celui qui est grâcié aurait dû disparaître mais, comme il avait beaucoup plus de mérites que sa génération, il bénéficia de la grâce d\’Hachem qui lui permit dêtre sauvé et de continuer. Le modèle noa\’hique est donc seulement UNE PRISE EN CHARGE AU NOM DE LA GRACE. Il ne peut donc servir de modèle final à cette humanité qui saura se hisser à un niveau où elle pourra se tenir Face à face avec le Maître du monde, et non avec un sentiment de honte parce qu’elle aurait été grâciée.

De plus, un midrash nous donne un enseignement très dur concernant Noa\’h : il nous est raconté que, lorsqu\’il ouvrit l\’arche et vit tout détruit, Noa\’h se lamenta et D. lui dit : \ »IMBECILE, FILS D\’IMBECILE ! C\’est maintenant que tu ouvres la bouche ! C\’EST AVANT QUE TU AURAIS DÛ TE SOUCIER DE L\’HUMANITE, ET ME SUPPLIER de ne pas détruire le monde\ », comme Avraham le fera plus tard pour Sodome, puis Moshé pour Israël. La morale noa\’hique est une morale personnelle, où l\’on cherche à se sauver soi-même. C’est une spiritualité galoutique, d’exilés, où l’on n’a pas le temps de s’occuper des autres. On ne peut donc présenter aux nations le modèle noa\’hique comme étant l’aboutissement de leur évolution, de leur ascension morale et spirituelle !

Enfin, il faut remarquer que C\’EST DANS LA PARACHA DE NOA\’H QUE L\’ON VOIT L\’HUMANITE SE DIVISER ET ETRE DISPERSEE. Certes, la tour de Bavel n’est pas directement liée à Noa\’h, mais il est un principe enseigné par nos Maîtres, selon lequel tous les sujets de la paracha sont liés à son titre. Il y a donc forcément un lien, au moins moral et spirituel, sinon historique et concret, entre Noa\’h et la tour de Bavel. En effet, lorsque l\’on a une spiritualité \ »sauve-qui-peut\ », personne n\’est là pour protéger l\’humanité de la division et de la dispersion. Or, le Projet divin est tout le contraire, il est l\’unité : \ »en ce jour, D. sera un et Son nom sera un.\ »

Il faut donc maintenant que les non-Juifs enlèvent les habits de l’exil, que sont les habits noa\’hiques, pour commencer à porter les habits de la Délivrance, qui sont ceux des Bne Adam ! Ce projet est capital pour l\’avenir de l\’humanité tout entière. Tout est encore devant nous.


30 novembre -0001