La Réalité est Prisonnière de notre Cerveau – Paracha Matot – 20 Juillet 2011

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MP4 MP3 Ca y est, c’est la reprise après une courte pause et pour une reprise, c’est une reprise !
Le cours est si dense et si profond que le rav a décidé qu’il serait en 2 parties.
Comment expliquer une notion clef (et c’est un sujet de taille) dans un langage accessible et adapté à chacun, c’est une fois de plus, la dure et élevée mission qui est demandé au rav.
Nous vous assurons que quelque soit le niveau de connaissance et/ou de compréhension de chacun, tout celui qui investira un minimum d’efforts récoltera plus que des diamants ! Et en plus, les applications de ce cours sont si multiples que celui qui sera un tant soi peu attentif verra sa vie changer ou au moins l’approche qu’il a de celle-ci!
On y va !
La paracha parle de 3 sujets qui n’ont apparemment aucun lien.
Le premier est celui du Neder et de la Chvoua. Quand l’homme s’engage (d’après tous les détails techniques demandés par la Torah) à faire ou à ne pas faire, il se créé une interdiction ou une obligation au même titre que si c’était la Torah qui l’avait ordonné !
Le second est le sujet de la guerre contre Midiane (que nous avons vu la semaine dernière), l’armée juive va aller se battre contre Midiane avec à sa tête, Pinhas.
Le troisième parle des 2 tribus et demi qui demandent la permission à Moshé de ne pas s’installer de l’autre coté du Jourdain en voulant habiter la rive Est.
Le titre est l’identité même de la paracha. Or Matot veut dire les tribus, nous avons du mal à établir le lien avec la paracha d’autant que ce n’est pas le nom le plus usuel pour parler des tribus qui est plutôt Chévet. La question mérite d’être posée sachant que Matot fait aussi allusion au bâton de Moshé!
Rien qu’avec ces quelques éléments disposés habilement sur la table du cours, on peut déjà ressentir que ca va pétiller !
Au début de la paracha, Rachi met en évidence un enseignement fabuleux : il nous révèle à propos du verset : Moshé dit aux chefs des tribus ‘Zé Hadavar’… (Voici la chose) qui fait allusion à une vision claire et c’est d’autant plus surprenant que c’est la seule fois que Moshé édicte ainsi un enseignement !
Rachi nous explique que le niveau des prophètes est au niveau de Ko Amar et non au niveau du Zé ! Moshé a vu comme au travers d’une vitre claire et propre alors que les autres prophètes ont vu à travers une vitre déformée. Moshé a une perception claire du Divin (Zé, il saisit la chose vu coté D.) alors que les autres prophètes ont une perception flou du Divin (Ko, ils saisissent la chose coté homme).
Moshé n’a pas besoin de décoder alors que les prophètes oui !
Moshé a une compréhension claire de l’histoire et du projet du Divin, il comprend le pourquoi, le comment et le devenir !
Mais pourquoi la Torah nous révèle cela dans le 4ème livre ?
Celui qui fait un vœu en bonne et du forme, par exemple il s’interdit la viande,…alors pour lui, la viande devient totalement interdite et on l’amène au tribunal si Toutes les conditions de transgression de l’engagement sont alors réunis!
D’autre part, une personne qui a fait un vœu a la possibilité de l’annuler en allant chez un maitre qui utilise un ‘Pétah’, cherche une ouverture en lui faisant prendre conscience qu’il n’avait pas réalisé les conséquences de son engagement et ainsi, le libère ainsi de son vœu rétroactivement.
Nos maitres disent que si un homme a transgressé un vœu, si, alors que Toutes les conditions sont réunies, se trouvant devant le tribunal, il demande à voir un sage à qui il dit que s’il avait eu conscience de la gravité des choses, il n’aurait pas fait de vœu, le maitre peut lui annuler son vœu rétroactivement. En fait, au moment ou il faute, 2 témoins le préviennent, il maintient son refus et exprime la conscience de son acte, on l’amène au tribunal…il demande à voir un sage, lui exprime son regret (suivant les règles demandés par la Torah) et c’est comme s’il n’avait jamais fauté ! Incroyable !
Revenons à notre paracha : Si une femme mariée ou une fille qui vit chez son père s’interdisent quelque chose, le père et le mari ont la possibilité d’annuler le vœu au moment ou ils l’entendent (béyome Chom’o), ils peuvent l’annuler même sans le signifier à la femme ou à la fille. Ainsi, si elles transgressent leur engagement (sans même savoir que celui-ci ne tient plus), si elles transgressent par faiblesse, elles…ne sont pas coupables car le vœu a déjà été annulé. Et pourtant, elles l’ont fait pensant que c’était interdit pour elles !!!!!!!! C’est une application encore plus forte du premier principe !
Dans le premier cas, la Torah nous explique qu’il existe une réalité qui n’est réel que par rapport à moi. Rachbi explique que la réalité est prisonnière de notre cerveau. Aucun homme sur terre n’est certain que la réalité est comme il la voit. Peut être que le message envoyé au cerveau n’est pas le bon !!!!! Le Zohar nous révèle que le cerveau ne dit pas obligatoirement la réalité…il y a surement un déphasage énorme entre la réalité perçue et la réalité vraie ! Les couleurs n’existent pas et ne sont qu’un effet d’optique, c’est juste un problème de variation d’onde !
Comment la Torah peut elle nous interdire des choses permises aux autres ? Pourquoi au sein même de notre peuple, certains ont des interdictions comme les Cohanim alors qu’elles sont permises pour nous? Pourquoi le Cohen peut manger un certain type de nourriture complètement interdit pour un Israël ? Comme un homme peut-il s’interdire une chose qui est permise à d’autres ? Pourquoi D. qui a créé le porc et le mouton interdit le premier et autorise voire valorise le second ? Il y a une réalité qui est absolument vraie même pour Israël !
Si une personne mange du porc de manière permise pour des raisons médicales par exemple, selon certains maitres, ce porc est permis alors qu’il est interdit à tout Israël car la réalité n’existe qu’en fonction du réceptacle !
La Torah met en évidence qu’il y a une réalité qui est absolue mais dans le cadre de mon relatif !
Tout dépend de l’état de conscience. Si un homme n’avait pas conscience de la gravité d’un acte, s’il réalise ensuite à quel point son acte était grave, celui-ci est annulé, plus encore, c’est comme s’il n’avait…jamais existé !!!!!!!!!
La réalité n’existe qu’à l’intérieur de la conscience de l’homme !
La conscience est au dessus du temps qui d’ailleurs n’existe pas vraiment !
Le passé, présent, futur dépend aussi de la conscience que j’ai du temps.
Tout n’existe qu’au moment précis ou je pense !
Je ne suis qu’au moment précis ou j’existe et la création est une série de présent !
Les vœux sont révélateurs de toute la réalité.
La lettre du texte n’est qu’un habit qui cache l’esprit du texte !
Dans le premier instant de la création, le Ari Hakadoch nous révèle qu’avant le fameux Béréchit, la lumière de D. remplissait tout l’endroit qui serait un jour l’endroit ou les mondes seraient créés !
D. a opéré un Tsimtsoum en voilant cette présence laissant un trou vide, ‘Hallal Hapanouyie’ et c’est à partir de cette espace que D. a créé les mondes.
En passant des milliards d’étapes, nous disons que les maitres expliquent qu’avant la création, il y avait le ‘Ohr Aganouz’ qui permettait de voir, de comprendre d’un bout à l’autre de la Création. Cette lumière est la capacité de voir la réalité coté D. ! D. voulait une histoire ou l’homme serait libre de pouvoir choisir, D. voulait créer une liberté qui retrouve la lumière !
En fait, D. veut une vérité digne et c’est le pari de la vérité !
D. voile cette lumière, il empêche la création de connaître la réalité vraie !
A sa racine, la féminité est liée à cette notion d’oubli, ‘nékéva’, ce rond vide !
Nach(de Nachim), femme signifie aussi l’oubli !
Toute la création est féminine, elle est un trou vide, elle fait allusion à la réalité subjective mais non objective (réalité vraie coté homme), C’est vrai mais selon l’état de conscience !
D. a fait rentrer dans ce trou noir un Kav, une ligne, un rayonnement (forme masculine qui rentre dans le trou, Zé, le doigt qui montre).
Le masculin fait allusion à la réalité vraie et le féminin fait allusion à l’apparition de cette réalité subjective, à l’impossibilité de voir la réalité vraie !
Au niveau de la lettre, la dimension féminine, quand elle fait un vœu, peut être annulé par le père ou le mari (dimension masculine).
Le Kav s’impose au trou, le masculin rétablit la réalité vraie.
L’homme s’impose un rythme de fou par exemple car son fantasme lui a créé des valeurs à atteindre ou à maintenir! La vie de chaque individu est l’expression d’une norme qu’il s’est fixé et toutes les relations entre les hommes sont subjectives. Qui a vérifié que les valeurs pour lequel on se bat sont les bonnes ? D. fait rentrer la dimension masculine car celui qui veut trouver la réalité vraie peut la trouver à travers Moshé…Zé. Il est remonté au niveau de perception d’avant la contraction mais au niveau du rayonnement. Et le Machiah ira même jusqu´à l’Essence. Moshé est remonté jusqu’au Kav et la Torah de Moshé a pour mesure comme par hasard….6 sur 6, Vav, 6 forme du Kav (tout se retrouve forcément puisque c’est Divin)! Moshé avait constamment un bâton, signe du Vav, il est venu révéler au monde la ligne qui rentre dans le trou ! Les maitres d’Israël qui sont le rayonnement de Moshé durant l’histoire…ont la possibilité d’annuler les vœux !
Merveilleux ! Sublime cours ! Vivement demain !


10 juillet 2018